La sécheresse continue de s’aggraver en Côte-d’Or malgré l’arrivée de l’automne. Dans un communiqué publié mardi 29 septembre, la préfecture annonce le passage de deux nouveaux secteurs au niveau de crise. Treize des quatorze zones suivies dans le département sont désormais concernées par le niveau le plus élevé, tandis que 54 unités de distribution d’eau potable connaissent des tensions. De nouvelles restrictions entrent en vigueur ce mercredi 30 septembre.
La fin de l’été n’aura pas marqué la fin de la sécheresse en Côte-d’Or. Après plusieurs mois de fortes chaleurs et de faibles précipitations, la situation hydrologique continue au contraire de se détériorer. Dans un communiqué diffusé mardi 29 septembre, la préfète de la Côte-d’Or fait état d’une nouvelle aggravation, avec deux secteurs supplémentaires qui franchissent désormais le seuil de crise.
Au total, treize zones sont placées en crise : Saône moyenne, Tille amont, Vingeanne, Tille aval, Vouge-Biètre-Cents-Fonts, Bouzaise, Dheune, Ouche amont, Ouche aval, Serein, Armançon, Châtillonnais et Arroux-Lacanche. Seul le secteur de Bèze demeure au niveau d’alerte renforcée.
Un nouvel arrêté préfectoral constatant le franchissement de ces seuils entre en application à compter de ce mercredi 30 septembre.
Cette nouvelle dégradation s’inscrit dans une crise qui dure depuis plusieurs mois. Début août, onze secteurs du département étaient déjà placés en crise et trois en alerte renforcée. La préfecture avait alors constaté une forte diminution des débits des cours d’eau et de nombreux assecs. Quelques semaines plus tard, le 8 septembre, les services de l’État faisaient toujours état de onze secteurs en crise.
Des cours d’eau toujours plus souvent à sec
Selon la préfecture, le mois de septembre a une nouvelle fois été marqué par des températures supérieures aux normales saisonnières et par un déficit de pluie particulièrement important. La baisse progressive de l’ensoleillement a certes permis de réduire légèrement l’évapotranspiration, mais pas suffisamment pour permettre aux sols de retrouver un niveau d’humidité normal.
Les sols restent ainsi très secs et les portions de cours d’eau totalement asséchées continuent de s’étendre.
Les prévisions météorologiques pour le début du mois d’octobre ne permettent pas, à ce stade, d’espérer une amélioration durable de la situation. Une problématique qui dure désormais depuis le printemps. Fin juin, huit secteurs étaient seulement placés en alerte. Début juillet, trois avaient déjà franchi le seuil de crise. Le nombre de zones concernées n’a ensuite cessé d’augmenter au fil de l’été.
54 réseaux d’eau potable sous tension
Au-delà des milieux naturels, la sécheresse commence désormais à avoir des conséquences plus importantes sur l’alimentation en eau potable.
D’après les chiffres communiqués par la préfecture, 54 unités de distribution présentent aujourd’hui des tensions, sur les 344 que compte le département. Parmi elles, quatre connaissent déjà un impact concret, avec la mise en place de citernage ou des coupures d’eau.
Cette évolution témoigne d’une dégradation particulièrement nette. Début juillet, les services de l’État faisaient état de 26 réseaux présentant des fragilités d’approvisionnement sur 344 unités de distribution.
Face à cette situation, la préfecture appelle une nouvelle fois habitants, collectivités et gestionnaires à limiter leur consommation. L’eau potable doit, insiste l’État, être réservée en priorité à l’alimentation et à l’hygiène.
L’enjeu est désormais de préserver suffisamment de ressources pour éviter de nouvelles difficultés d’approvisionnement dans les semaines à venir.
Des restrictions particulièrement fortes dans les zones en crise
Dans les treize secteurs désormais classés en crise, le niveau maximal du dispositif sécheresse entraîne une série d’interdictions destinées à préserver les usages considérés comme prioritaires.
L’arrosage des pelouses, massifs fleuris, plantes en pot et espaces verts est notamment interdit. Les prélèvements d’eau destinés à l’irrigation agricole sont également prohibés.
Des exceptions demeurent lorsque l’eau utilisée provient de réserves d’eau de pluie récupérée sur les toitures ou les surfaces imperméables. Cette eau peut continuer à être utilisée pour l’arrosage et l’irrigation.
Les restrictions doivent permettre de conserver en priorité les ressources nécessaires à l’alimentation en eau potable, à la santé, à la salubrité publique, à la sécurité civile, à certaines installations industrielles, mais aussi à l’abreuvement des animaux et au maintien des fonctions biologiques des cours d’eau.
Les potagers pourront être arrosés avant 9 heures et après 18 heures
La préfecture apporte également une modification concernant l’arrosage des potagers. Jusqu’à présent, celui-ci était interdit pendant une large partie de la journée. Avec la diminution progressive de la durée d’ensoleillement à l’approche de l’automne, la plage horaire évolue : dans les zones en crise comme dans le secteur placé en alerte renforcée, l’arrosage des potagers est désormais interdit de 9 heures à 18 heures, contre une interdiction qui courait auparavant jusqu’à 20 heures.
Il reste donc possible d’arroser tôt le matin ou en soirée, dans le respect des autres restrictions en vigueur.
L’abreuvement des animaux reste prioritaire
La préfecture insiste également sur un point : les mesures de restriction ne doivent pas empêcher l’abreuvement des animaux domestiques ou d’élevage.
Particuliers comme exploitants agricoles peuvent continuer à prélever de l’eau pour les animaux, quel que soit le niveau de sécheresse atteint, à condition que ces prélèvements ne provoquent pas l’assèchement d’un cours d’eau.
La préfète appelle ainsi à la solidarité et au civisme afin que cet usage prioritaire puisse être maintenu dans les territoires les plus touchés.
Les propriétaires de moulins et de plans d’eau également concernés
Autre sujet de vigilance : le maintien d’un débit minimum dans les cours d’eau. La préfecture rappelle aux propriétaires de seuils, moulins, biefs ou plans d’eau disposant d’ouvrages de prélèvement qu’ils doivent impérativement respecter le débit minimum biologique. Celui-ci correspond à la quantité d’eau qui doit continuer à circuler en aval d’un ouvrage afin de permettre le maintien de la faune et de la flore aquatiques ainsi que des zones humides qui dépendent du cours d’eau.
Cette obligation prend une importance particulière lorsque les débits deviennent très faibles, comme c’est actuellement le cas dans de nombreux secteurs du département.
Des contrôles et des sanctions
Les restrictions ne reposent pas uniquement sur le civisme des usagers. Des contrôles sont régulièrement menés sur le terrain pour vérifier leur respect.
Ils peuvent concerner les particuliers, mais également les collectivités, les exploitations agricoles ou encore les activités industrielles et commerciales.
Tout manquement constaté aux restrictions en vigueur peut donner lieu à une verbalisation et à des poursuites prévues par la réglementation.
La préfecture justifie ces contrôles par la nécessité de garantir une égalité de traitement entre l’ensemble des consommateurs d’eau, alors que la ressource devient de plus en plus limitée.
Une sécheresse désormais installée dans la durée
La situation actuelle marque un nouveau cap dans une année 2026 particulièrement difficile sur le front de la ressource en eau. Le département avait été placé en vigilance sécheresse dès la fin du mois de mai. Les restrictions s’étaient ensuite progressivement renforcées au rythme des épisodes caniculaires et de la baisse des débits.
Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il se poursuit désormais à l’entrée du mois d’octobre, période où la pression liée aux fortes températures diminue habituellement.
La préfecture appelle donc l’ensemble des usagers à maintenir leurs efforts de sobriété, même avec l’arrivée de températures plus fraîches.
Les restrictions applicables commune par commune peuvent être consultées sur le site des services de l’État en Côte-d’Or et sur VigiEau, le portail national qui permet de connaître les mesures en vigueur à partir de son adresse. Consulter les restrictions sur VigiEau
Le défi est désormais clair : traverser les prochaines semaines sans nouvelles ruptures d’alimentation en eau potable, tout en préservant autant que possible des cours d’eau déjà fortement fragilisés.