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Après deux jours de violences, la préfecture interdit les rassemblements autour de deux lycées dijonnais

Par Fabien Bauduin 2 octobre 2026

Après plusieurs incidents violents survenus aux abords des lycées Le Castel et Hippolyte Fontaine, la préfecture de la Côte-d’Or a pris, mercredi 1er octobre 2026, un arrêté interdisant tout rassemblement, manifestation ou cortège autour des deux établissements. La mesure restera en vigueur jusqu’à la reprise des cours en présentiel.

La tension est montée d’un cran autour de plusieurs établissements scolaires dijonnais. Face aux violences rapportées ces deux derniers jours devant les lycées Le Castel et Hippolyte Fontaine, la préfète de la Côte-d’Or, Violaine Démaret, a décidé d’interdire les rassemblements aux abords des deux établissements. L’arrêté préfectoral n°1593, signé le 1er octobre, concerne les manifestations, cortèges et plus largement tout regroupement de personnes dans un périmètre défini autour des deux lycées.

Cette décision intervient dans un contexte de mobilisation nationale touchant les établissements scolaires. Dans son arrêté, la préfecture fait état de nombreux blocages de lycées observés à travers la France, certains ayant, selon elle, donné lieu à des rassemblements non déclarés, des dégradations ou encore des affrontements avec les forces de l’ordre.

Environ 200 personnes rassemblées devant Le Castel

À Dijon, les premiers incidents mentionnés dans le document remontent au 30 septembre. Dès 8 heures, environ 200 personnes se seraient regroupées devant le lycée Le Castel. La préfecture précise que nombre d’entre elles étaient cagoulées et que plusieurs tirs de mortiers auraient été dirigés vers les forces de sécurité.

Les policiers déployés sur place auraient alors utilisé à plusieurs reprises des grenades lacrymogènes afin de disperser les groupes présents. Des poubelles auraient également été placées en travers de la chaussée, perturbant la circulation à proximité de l’établissement.

Les tensions ne se sont pas arrêtées là. Selon l’arrêté préfectoral, de nouveaux faits ont été constatés dès le lendemain, mercredi 1er octobre, cette fois autour des lycées Hippolyte Fontaine et Le Castel.

Mortiers, projectiles et cocktail Molotov

Le document dresse une liste particulièrement lourde des incidents attribués aux participants aux rassemblements : tentative de destruction du portail d’entrée d’un lycée, jets de pétards en direction de membres du personnel présents à l’intérieur d’un établissement, tirs de mortiers vers les forces de l’ordre et jets de différents projectiles.

La préfecture mentionne également le jet d’un cocktail Molotov sur la voie publique, ainsi que l’incendie de plusieurs poubelles et de la boîte aux lettres d’un établissement scolaire.

Un lycéen aurait par ailleurs été blessé par un tir de mortier et aurait dû recevoir une prise en charge médicale, selon le même arrêté.

À ce stade, le document préfectoral ne précise ni la gravité de ses blessures, ni les circonstances exactes dans lesquelles le projectile a été tiré. Il ne donne pas non plus d’indication sur d’éventuelles interpellations ou poursuites judiciaires liées à ces différents incidents.

Les deux lycées fermés, les cours passent à distance

Conséquence directe de cette situation : les deux établissements concernés ont fermé leurs portes. Les enseignements en présentiel y sont suspendus et la continuité pédagogique doit être assurée à distance.

Cette fermeture constitue également la référence retenue par la préfecture pour fixer la durée de l’interdiction. Celle-ci ne prend pas fin à une date déterminée : elle doit rester applicable jusqu’au retour des élèves et des enseignants dans les établissements.

Autrement dit, tant que les cours n’auront pas repris normalement au lycée Hippolyte Fontaine et au lycée Le Castel, les rassemblements resteront interdits dans les rues entourant les deux établissements.

Un large périmètre concerné

Autour du lycée Hippolyte Fontaine, l’interdiction concerne notamment le boulevard Voltaire, la rue de Mirande, la rue André-Colomban et la rue Jean-Baptiste-Baudin.

Pour le lycée Le Castel, elle s’applique notamment rue Daubenton, rue Charles-Dumont, boulevard du Castel, rue des Normaliens-Fusillés-et-Camarades et rue Mozart.

La mesure est entrée en vigueur dès la publication de l’arrêté au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le texte a également été transmis à la Ville de Dijon.

La préfecture invoque un « risque avéré » pour l’ordre public

Pour justifier cette interdiction, les services de l’État mettent en avant à la fois la nature des incidents déjà constatés et la forte mobilisation des forces de sécurité.

La préfecture souligne en effet que les policiers sont sollicités sur plusieurs établissements scolaires du département, tout en devant assurer d’autres missions : sécurisation de manifestations, prévention de la menace terroriste, sécurité de la population ou encore lutte contre la délinquance du quotidien.

Dans son arrêté, l’autorité préfectorale estime ainsi qu’il existe « un risque avéré de graves troubles à l’ordre public » et considère l’interdiction des rassemblements comme la seule mesure susceptible de prévenir efficacement de nouveaux incidents autour des deux lycées.

La préfecture s’appuie notamment sur le Code de la sécurité intérieure, qui permet à l’autorité administrative d’interdire une manifestation lorsqu’elle estime que celle-ci est susceptible de troubler l’ordre public. Elle rappelle également que les cortèges, défilés et rassemblements sur la voie publique sont soumis à une déclaration préalable.

Jusqu’à six mois de prison pour les organisateurs

L’arrêté prévoit également des sanctions en cas de non-respect de l’interdiction.

Pour les organisateurs d’un rassemblement contrevenant à la mesure préfectorale, le texte rappelle une peine pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, sur le fondement de l’article 431-9 du Code pénal.

Pour les participants, l’infraction peut être sanctionnée par une contravention de quatrième classe.

Une situation qui reste sous surveillance

Avec cet arrêté, la préfecture entend empêcher la reconstitution de groupes devant les établissements et éviter une nouvelle escalade après deux journées marquées, selon les autorités, par des tirs de mortiers, des incendies et des affrontements.

La durée indéterminée de l’interdiction montre cependant que le retour à une situation normale dépendra directement des conditions de sécurité permettant la réouverture des deux lycées.

Signé à Dijon le 1er octobre 2026 par la préfète Violaine Démaret, le texte confie son exécution notamment à la direction de cabinet de la préfecture, au secrétaire général de la préfecture et au directeur interdépartemental de la police nationale de la Côte-d’Or. Une copie doit également être adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.

20261001_ap_interdiction_manifestations_lycees_fontaine_et_castel.pdfDocument PDFOuvrir le PDFTélécharger