Après plusieurs jours de mobilisation dans les lycées de Côte-d’Or, la CGT Éduc’action Côte-d’Or, la FNEC FP-FO, SUD Éducation 21-71, le SNES-FSU, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bourgogne et l’UNSA Éducation Côte-d’Or apportent leur soutien aux élèves mobilisés. Réunies en intersyndicale, les six organisations appellent à la grève mardi 6 octobre et dénoncent à la fois la dégradation des conditions d’apprentissage et une réponse policière qu’elles jugent « démesurée et disproportionnée ». Un rassemblement est annoncé à 14 heures devant le rectorat de Dijon.
La mobilisation lycéenne entamée mardi 29 septembre en Côte-d’Or reçoit le soutien de plusieurs organisations syndicales de l’Éducation nationale. CGT Éduc’action Côte-d’Or, FNEC FP-FO, SUD Éducation 21-71, SNES-FSU, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bourgogne et UNSA Éducation Côte-d’Or ont publié un communiqué commun sous le mot d’ordre : « Face à la colère de la jeunesse : des moyens, pas la répression ! ». L’intersyndicale appelle à entendre les revendications exprimées par les élèves et annonce une journée de grève pour le mardi 6 octobre.
Au cœur de cette prise de position figurent d’abord les conditions d’études. Les organisations syndicales évoquent une dégradation des conditions d’apprentissage, des bâtiments scolaires parfois « inadaptés ou délabrés » ainsi qu’un manque de moyens humains dans les domaines éducatif, social et médical. Elles mettent également en cause les conditions d’accès à l’enseignement supérieur et dénoncent Parcoursup, présenté dans le communiqué comme un « système de tri social ».
Pour l’intersyndicale, les préoccupations exprimées depuis plusieurs jours par les lycéens ne doivent pas être reléguées au second plan. « Leurs voix et leurs revendications doivent être entendues », affirment les syndicats.
Une réponse policière jugée « démesurée et disproportionnée »
L’intersyndicale se montre particulièrement critique à l’égard du dispositif de maintien de l’ordre déployé autour de certaines mobilisations.
Dans son communiqué, elle évoque une réponse policière « démesurée et disproportionnée » et cite notamment l’utilisation de gaz lacrymogènes, des charges policières et des interpellations qu’elle qualifie de violentes. Les syndicats estiment également que l’âge des participants, dont une grande partie sont mineurs, doit être davantage pris en compte lors des interventions.
Les organisations syndicales souhaitent en revanche que les initiatives permettant aux lycéens de faire entendre leurs revendications dans un cadre apaisé soient développées. Elles indiquent que des tentatives ont déjà eu lieu dans certains établissements et appellent à leur généralisation.
Pour la CGT Éduc’action, la FNEC FP-FO, SUD Éducation, le SNES-FSU, la CFDT et l’UNSA Éducation, les établissements scolaires ne doivent pas devenir des lieux « où l’on intimide, sanctionne ou réprime celles et ceux qui contestent et proposent ».
L’intersyndicale condamne « toutes les violences »
Tout en mettant en cause les conditions de certaines interventions policières, l’intersyndicale affirme condamner « sans réserve toutes les violences et mises en danger des personnels et des élèves ».
Les syndicats apportent également leur soutien aux élèves blessés lors des mobilisations qui se sont déroulées ces derniers jours à Dijon et Montbard.
Ils réclament notamment l’arrêt de ce qu’ils qualifient de « répression et de violences policières » contre le mouvement lycéen. L’intersyndicale demande également la libération des élèves placés en garde à vue ainsi que l’abandon des poursuites visant les lycéens interpellés aux abords de leurs établissements.
Des revendications sur les moyens de l’Éducation nationale
Les organisations syndicales mettent également en avant plusieurs revendications directement liées à la politique éducative.
Elles demandent l’arrêt des suppressions de postes et des coupes budgétaires, mais aussi l’abrogation de Parcoursup. Elles s’opposent par ailleurs à la mise en place de cours à distance lorsque les établissements sont fermés.
Ces demandes s’inscrivent, selon l’intersyndicale, dans le prolongement des revendications exprimées par les lycéens depuis le début de leur mobilisation concernant leurs conditions d’apprentissage, l’état des établissements et les moyens humains disponibles.
Une journée de grève et un rassemblement devant le rectorat
La mobilisation doit désormais se poursuivre mardi 6 octobre, journée pour laquelle l’intersyndicale appelle les personnels à la grève, parallèlement à l’appel lycéen et étudiant.
Une assemblée générale est prévue à 9 heures à la Bourse du Travail, avec la participation de lycéens. Un rassemblement devant le rectorat de Dijon est ensuite annoncé à 14 heures.
Les organisations syndicales comptent également demander une audience au rectorat. Elles souhaitent que des porte-parole des lycéens puissent être reçus avec les représentants syndicaux afin d’exposer directement leurs revendications et les difficultés rencontrées dans les établissements.