Dans un communiqué consacré aux mobilisations lycéennes en cours à Dijon, la députée Catherine Hervieu apporte son soutien aux revendications portant sur les conditions d’apprentissage et les moyens accordés à l’éducation. Elle condamne parallèlement les violences et dégradations survenues en marge des rassemblements et appelle à un usage « mesuré et proportionné » de la force face à des manifestants souvent mineurs.
« Notre jeunesse a des choses à nous dire : écoutons-la. » C’est par cette formule que Catherine Hervieu résume la position qu’elle défend face aux mobilisations lycéennes engagées depuis le début de la semaine. La députée estime que les revendications exprimées par les élèves concernant leurs conditions d’études doivent être entendues.
Dans son communiqué, elle évoque notamment les professeurs absents non remplacés, les classes surchargées, l’état de certains bâtiments scolaires ou encore les températures jugées difficiles dans les salles de classe. Elle relaie également les inquiétudes liées à l’accès à l’enseignement supérieur, citant notamment Parcoursup, Mon Master et la hausse des frais d’inscription dans les universités.
Pour Catherine Hervieu, ces différents sujets constituent des revendications « légitimes ». La députée affirme que chaque jeune doit pouvoir « étudier dans des conditions dignes et envisager son avenir avec confiance » et apporte son soutien aux demandes formulées en faveur du service public de l’éducation.
La situation du lycée Le Castel mise en avant
La députée prend notamment l’exemple du lycée Le Castel, à Dijon. Selon les enseignants de l’établissement cités dans son communiqué, le rectorat aurait retiré une centaine d’heures de cours par semaine à la rentrée. Des dédoublements de classes auraient également été supprimés et certains effectifs de terminale dépasseraient désormais 35 élèves.
« Certains élèves se retrouvent debout en cours de physique-chimie », rapporte Catherine Hervieu, reprenant le témoignage d’un lycéen de l’établissement.
Selon elle, de tels effectifs peuvent dégrader les conditions d’enseignement, réduire les possibilités de suivi individualisé et compliquer la prise en compte des besoins pédagogiques des élèves.
La députée relaie également les inquiétudes exprimées concernant des situations de harcèlement scolaire. Elle affirme que plusieurs faits, notamment à caractère anti-LGBTQIA+, raciste ou sexiste, auraient été signalés sans qu’une réponse ou une mesure de protection jugée adaptée ne soit apportée aux élèves concernés.
Une condamnation des violences et des dégradations
Catherine Hervieu revient également sur les incidents survenus en marge des mobilisations à Dijon. Elle évoque notamment un lycéen blessé par un tir de mortier devant le lycée Hippolyte-Fontaine ainsi qu’une tentative d’incendie visant le portail du lycée Le Castel.
La députée condamne « avec la plus grande fermeté » ces actes de violence et de dégradation. Elle estime qu’ils mettent en danger les élèves, les enseignants, les personnels de direction et plus largement l’ensemble de la communauté éducative.
Dans le même temps, elle appelle les forces de l’ordre à tenir compte de l’âge des participants aux mobilisations. « Face à des manifestantes et manifestants souvent mineurs, l’usage de la force doit lui aussi rester mesuré et proportionné », écrit-elle.
Catherine Hervieu réclame davantage de moyens
Alors que le Gouvernement a annoncé une consultation des lycéens, Catherine Hervieu estime que celle-ci ne pourra être utile que si elle débouche sur une « véritable écoute des revendications » et sur une augmentation des moyens consacrés à l’éducation.
La députée cite notamment le chiffre de 7 % des heures de cours qui ne seraient pas assurées et demande que le budget 2027 prévoie les moyens nécessaires pour remplacer les enseignants absents et réduire les effectifs dans les classes.
Elle souhaite également que le dialogue se poursuive au niveau local. Catherine Hervieu se dit ainsi disponible pour rencontrer les organisations lycéennes et étudiantes afin d’échanger sur leurs revendications et les difficultés rencontrées dans leurs établissements.
Pour la députée, l’enjeu dépasse les seules mobilisations actuelles. Elle appelle à permettre à l’École de « tenir sa promesse républicaine » en donnant à chaque jeune les moyens « d’apprendre, de s’émanciper et de construire son avenir dans des conditions dignes ».
Communiqué de presse du 2 octobre 2026 :
Notre jeunesse a des choses à nous dire : écoutons-la
Depuis lundi, les lycéennes et lycéens se mobilisent devant leurs établissements pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’apprentissage et réclamer davantage de moyens pour l’éducation. Professeurs absents non remplacés, classes surchargées, bâtiments en mauvais état, températures extrêmes dans les salles de classe, mais aussi inquiétudes face à la sélection sociale dans l’accès à l’enseignement supérieur, notamment à travers Parcoursup, Mon Master et la hausse des frais d’inscription dans les universités : leurs revendications sont légitimes et doivent être entendues.
Au lycée Le Castel à Dijon, le rectorat a retiré cent heures de cours par semaine à la rentrée, selon les enseignants de l’établissement. Des dédoublements de classe ont été supprimés et des classes de terminale dépassent désormais 35 élèves. « Certains élèves se retrouvent debout en cours de physique-chimie », m’alertait un élève de ce lycée.
De tels effectifs en classe fragilisent les conditions d’enseignement, limitent le suivi individualisé et rendent plus difficile la prise en compte des besoins pédagogiques de chacune et chacun. Les élèves dénoncent également le manque de réaction du rectorat face aux situations de souffrance qu’elles et ils rencontrent. Malgré plusieurs signalements de faits de harcèlement scolaire, notamment à caractère anti-LGBTQIA+, raciste ou sexiste, aucune réponse ni mesure de protection adaptée n’aurait été apportée aux élèves concernés.
Chaque jeune doit pouvoir étudier dans des conditions dignes et envisager son avenir avec confiance. J’apporte mon soutien aux revendications exprimées pour la défense de notre service public d’éducation.
En marge de ces mobilisations, d’importantes dégradations et des affrontements avec les forces de l’ordre sont à déplorer. À Dijon, un lycéen a été blessé par un tir de mortier devant le lycée Hippolyte-Fontaine et le portail du lycée Le Castel a été visé par une tentative d’incendie. Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes de violence et de dégradation, qui mettent en danger l’intégrité physique des élèves, des enseignantes et enseignants, des personnels de direction et de l’ensemble de la communauté éducative. Face à des manifestantes et manifestants souvent mineurs, l’usage de la force doit lui aussi rester mesuré et proportionné.
Le Gouvernement a annoncé une consultation des lycéens à partir de lundi : elle n’aura de sens que si elle implique une véritable écoute des revendications et qu’elle se traduit par une augmentation des moyens. Alors que 7 % des heures de cours ne sont pas assurées, je demande notamment que le budget 2027 garantisse les moyens nécessaires pour remplacer les enseignantes et enseignants absents et alléger les effectifs des classes.
Ce dialogue doit aussi s’engager à l’échelle locale. À ce titre, je me tiens à la disposition des organisations lycéennes et étudiantes pour échanger sur leurs revendications et les difficultés rencontrées dans leurs établissements.
L’École doit pouvoir tenir sa promesse républicaine : permettre à chaque jeune d’apprendre, de s’émanciper et de construire son avenir dans des conditions dignes.