À la suite de sa rencontre avec des lycéennes et lycéens mobilisés à Dijon, Pierre Pribetich alerte sur la dégradation des conditions d’enseignement, le manque de moyens dans l’Éducation nationale et la souffrance exprimée par une partie de la jeunesse. À l’approche de l’examen des textes budgétaires, il appelle le Gouvernement à apporter des réponses concrètes et à garantir à l’École de la République les moyens nécessaires à ses missions.
Communiqué de presse de Pierre Pribetich du 2 octobre 2026 :
Unie pour défendre ses droits, la jeunesse crie sa colère face au saccage de l’École de la République, le Gouvernement doit enfin l’entendre.
J’ai rencontré cet après-midi les lycéennes et lycéens, porte-parole du mouvement à Dijon, pour écouter et porter leurs revendications légitimes, pour recueillir le témoignage direct d’une jeunesse qui subit de l’intérieur ce que nous dénonçons sans relâche : la désertion des moyens, l’abandon de l’école de la République et ses conséquences dramatiques vécues au quotidien.
Sur le terrain, je vois chaque jour ces sacrifices par la fermeture de classes totalement injuste et injustifiable sur ma circonscription. Des classes pour certaines sauvées à force d’obstination mais d’autres écoles n’ont pas été épargnées, à l’image de Sennecey-lès-Dijon ou de Genlis dont les écoles n’ont plus de poste de psychologue scolaire, alors que ce dernier traitait jusqu’à 190 dossiers par an. C’est aussi des postes de CPE supprimés dans des établissements sensibles, des dotations horaires qui baissent dans les collèges et les lycées.
Face au mépris persistant d’un Gouvernement qui refuse obstinément de prendre en compte ces situations, après l’indignation, il faut agir.
Épuisés d’être infantilisés et muselés malgré un sentiment de mal-être profond lié au climat anxiogène (dérèglement climatique, géopolitique), ces jeunes refusent d’être instrumentalisés. Après avoir obtenu des temps de dialogue avec leur administration, ils témoignent d’une escalade inacceptable de la violence face à leur mobilisation pacifique.
Je condamne évidemment sans réserve les violences commises contre les personnes, les biens et les dégradations inacceptables commises par des individus masqués, souvent extérieurs au mouvement et dont la présence nuit à la mobilisation pacifique des élèves.
L’ordre républicain doit être maintenu et respecté. J’apporte mon soutien aux services de secours et de sécurité, mais l’usage de certaines méthodes comme les tirs de gaz lacrymogènes indiscriminés ou les nasses terrifiantes infligées à des mineurs peuvent apparaître disproportionnées sans explication.
La gronde historique qui secoue actuellement nos lycées n’est pas le fruit d’une manipulation politique extérieure, coordonnée par des organisations politiques, elle est la transformation légitime d’une colère face au mépris gouvernemental. La gauche se tient simplement aux côtés de ces jeunes dont nous partageons les constats et les combats.
Le constat sur le terrain fait par ces lycéennes et lycéens, mais aussi par les syndicats de l’Éducation nationale et les fédérations de parents d’élèves, est sans appel :
– Un manque criant de moyens : classes surchargées (jusqu’à 36 élèves par classe, 3 par paillasse en sciences), manque de matériel et heures de remplacement non assurées jusqu’au bac ;
– Des conditions d’apprentissage indignes et obsolètes : salles mal adaptées au réchauffement climatique, rythme scolaire intenable et qui ne correspond plus aux aspirations des jeunes ;
– Une souffrance psychologique et une pression anxiogène : autour de l’orientation notamment avec Parcoursup, couplée à un sentiment d’asphyxie face aux crises, qui contraste violemment avec le peu de considération accordée à leur parole.
Comme le dénoncent avec force les lycéens mobilisés, la coupe est pleine alors même que le Gouvernement cherchait encore hier à imposer des frais d’inscription supplémentaire en BTS. Grâce à la mobilisation, le Ministre de l’Éducation nationale a renoncé hier à cette mesure injuste.
Aux côtés de cette jeunesse debout qui revendique des conditions dignes et un avenir pour l’Éducation nationale, nous exigeons des actes immédiats et des moyens à la hauteur pour sauver notre service public d’éducation.
Alors que s’ouvre l’examen des textes budgétaires, saisissons-nous de l’occasion pour répondre positivement à cette colère, démontrons que la classe politique est à l’écoute de cette jeunesse en souffrance en donnant un budget à la hauteur de l’ambition de l’École de la République : garantir à tous les élèves l’émancipation par l’apprentissage tout en luttant contre les inégalités sociales et territoriales.
Un budget qui ne répondrait pas à cette exigence ne peut être que censuré.
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