Face à la multiplication et à l’intensification des risques climatiques, le président de Départements de France, François Sauvadet, appelle à revoir en profondeur la politique nationale de sécurité civile. À l’occasion du premier Mondial Secours et Protection, organisé à La Roche-sur-Foron, il a notamment plaidé pour un financement renforcé et pérenne des services départementaux d’incendie et de secours.
Après un été 2026 marqué par des incendies d’une ampleur et d’une durée exceptionnelles, François Sauvadet estime qu’il n’est plus possible de se contenter de dresser le constat de l’évolution des risques. Le président de Départements de France a profité du premier Mondial Secours et Protection, porté par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France à La Roche-sur-Foron, pour appeler à un changement d’échelle de la politique nationale de sécurité civile.
Saluant l’engagement des sapeurs-pompiers ainsi que la solidarité déployée entre les territoires au cours de l’été, l’ancien ministre considère que les épisodes récents ne peuvent plus être regardés comme des événements exceptionnels. Ils illustrent, selon lui, une évolution désormais structurelle des risques liés au changement climatique, avec des conséquences directes sur l’organisation et les moyens des services de secours.
Un financement des SDIS jugé insuffisant face aux nouveaux risques
Au cœur des préoccupations figure notamment le financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Les Départements assurent aujourd’hui environ 60 % de leur financement, soit quelque 3,3 milliards d’euros. Une contribution importante alors que, dans le même temps, les besoins d’investissement augmentent pour renouveler les équipements, renforcer les capacités opérationnelles et adapter les moyens aux conséquences du changement climatique.
François Sauvadet demande donc une nouvelle réflexion sur le modèle de financement de la sécurité civile. Il plaide pour la mise en place d’une programmation pluriannuelle et territorialisée permettant d’anticiper les besoins, mais également pour un engagement plus important de la solidarité nationale.
Pour Départements de France, la question ne se limite pas au seul niveau des dépenses. L’association souhaite également poursuivre ses propositions sur la contribution des assureurs au financement de la sécurité civile, notamment à travers la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA), en défendant le principe de la « valeur du sauvé ». L’objectif affiché est de faire contribuer davantage les acteurs bénéficiant directement de l’action des secours sans reporter l’effort financier sur les Français.
Défendre le modèle départemental de sécurité civile
Malgré cet appel à une réforme du financement, François Sauvadet réaffirme son attachement au modèle départemental de sécurité civile. Celui-ci repose à la fois sur les sapeurs-pompiers professionnels et sur les volontaires, ainsi que sur une coopération entre l’État, les Départements et les SDIS.
Le président de Départements de France souhaite également tirer les enseignements des incendies de l’été 2026 en améliorant l’organisation de la mobilisation des agriculteurs aux côtés des sapeurs-pompiers. Leur intervention sur le terrain, notamment grâce à leur connaissance des territoires et à la disponibilité de certains matériels, a démontré son efficacité lors des derniers feux.
La reconnaissance de l’engagement des sapeurs-pompiers, l’adaptation des équipements aux réalités opérationnelles et la pérennisation du volontariat figurent également parmi les sujets que Départements de France entend continuer à porter auprès de l’État.
« Le temps des constats est révolu »
Pour François Sauvadet, la sécurité civile doit désormais être considérée comme une priorité nationale à part entière. « Le temps des constats est révolu », a-t-il lancé, appelant le Gouvernement à prendre en compte les besoins des territoires dans les prochains arbitrages budgétaires.
Le président de Départements de France met notamment en garde contre le maintien de mesures financières qui fragiliseraient encore davantage les collectivités. « Garder la copie initiale du budget avec les ponctions faites aux Départements, sans prendre en compte les enjeux de sécurité civile, c’est faire courir un risque à la France », prévient-il.
Au-delà du débat budgétaire, François Sauvadet estime que la capacité des pouvoirs publics à protéger et accompagner la population est directement en jeu. « Ce n’est pas simplement un risque pour les présidentielles, mais un risque durable pour la France, parce que les Français ne nous pardonneront pas que l’on leur réponde que nous n’avons pas les moyens de les accompagner au quotidien », alerte-t-il.
À travers cette prise de position, Départements de France entend ainsi replacer la question des moyens de la sécurité civile au centre du débat national. Face à des risques climatiques appelés à devenir plus fréquents et plus intenses, les Départements demandent désormais à l’État de passer d’une logique de réaction à une véritable politique d’anticipation.