La mobilisation lycéenne a de nouveau fortement perturbé Dijon ce lundi 5 octobre. Après un début de matinée relativement calme, la situation s’est rapidement tendue autour de plusieurs établissements. Jets de pierres, tirs de mortier d’artifice, feux de poubelles, interventions des forces de l’ordre et usage de gaz lacrymogène ont rythmé plusieurs heures de mobilisation. Au lycée Le Castel, une série de départs de feu a entraîné l’évacuation de l’établissement et la suspension des cours.
Dijon, lundi 5 octobre 2026. La matinée avait commencé sous haute surveillance. Après plusieurs journées marquées par des blocages et des incidents devant les établissements dijonnais, autorités et personnels de l’Éducation nationale redoutaient de nouvelles perturbations. Aucun lycée de l’académie de Dijon n’avait pourtant été annoncé fermé préventivement pour ce lundi.
Dès 7 h 30, le lycée Hippolyte-Fontaine apparaissait comme l’un des principaux points de rendez-vous de la mobilisation. Des personnels et des représentants de l’académie étaient présents devant l’établissement tandis que les élèves arrivant sur place étaient invités à entrer rapidement dans l’enceinte du lycée. Vers 8 heures, une centaine de jeunes se trouvaient encore à proximité.
Une dizaine de représentants de la CGT Côte-d’Or avaient également rejoint les abords de l’établissement afin de distribuer des tracts appelant notamment à participer à la mobilisation prévue le lendemain devant le rectorat.
La situation dégénère devant Hippolyte-Fontaine
Peu après 8 heures, l’ambiance change brutalement. Des poubelles sont disposées devant l’entrée du lycée dans une tentative de blocage. Des pierres sont également lancées en direction de l’établissement et du personnel présent devant les grilles.
Quelques minutes plus tard, des tirs de mortier d’artifice sont effectués en direction du lycée et une poubelle est incendiée devant l’entrée. Plusieurs jeunes tentent également de faire tomber la grille de l’établissement. Face à la dégradation de la situation, les forces de l’ordre et la gendarmerie arrivent sur place peu après 8 h 20. Des membres du personnel procèdent dans le même temps à l’extinction de la poubelle en feu. Le boulevard Voltaire est alors coupé à la circulation.
La tension gagne ensuite le centre-ville. Vers 8 h 40, un véhicule est incendié rue du Vieux-Collège. Selon les services de police présents sur place et cités par Dijon Actualités, cet incident intervient dans le contexte du mouvement lycéen en cours. Les éléments disponibles ne permettent toutefois pas d’attribuer directement cet incendie à une personne ou à un groupe précis. La circulation devient particulièrement compliquée dans le secteur de la place Saint-Michel.
Le cortège se dirige vers Le Castel
Après les premiers incidents, plusieurs dizaines de manifestants gagnent la place Wilson avant de prendre la direction du lycée Le Castel. Peu après 9 heures, le rassemblement arrive devant l’établissement.
Dans le même temps, des tensions sont signalées du côté du lycée Carnot. Vers 9 h 30, plusieurs tirs de mortier d’artifice sont effectués en direction des forces de l’ordre présentes devant l’établissement, boulevard Thiers. Les policiers font alors usage de gaz lacrymogène pour disperser le rassemblement.
Mais c’est au lycée Le Castel qu’un autre événement particulièrement préoccupant se déroule. À 9 h 45, le bâtiment principal est évacué après le signalement de plusieurs départs de feu à l’intérieur de l’établissement. Ce qui apparaissait alors comme plusieurs incidents isolés va finalement prendre une ampleur beaucoup plus importante au fil de la journée.
Une dizaine de départs de feu au lycée Le Castel
Selon des informations publiées dans l’après-midi par Dijon Actualités, environ dix départs de feu auraient été constatés depuis le début de la matinée dans différents secteurs du lycée Le Castel. Les sapeurs-pompiers sont intervenus dans l’établissement afin de maîtriser les foyers et de sécuriser les bâtiments.
La direction du lycée a confirmé auprès des élèves, des parents et des personnels l’existence de plusieurs départs de feu rapidement maîtrisés dans les bâtiments. L’origine exacte de ces incendies reste toutefois à déterminer. La possibilité d’actes volontaires est évoquée, mais aucun élément officiel ne permet, à ce stade, d’établir formellement les circonstances dans lesquelles les différents foyers ont été déclenchés.
Face à la succession des incidents, l’établissement a été évacué et la direction a décidé de suspendre les cours à compter de 14 heures lundi et jusqu’au mardi 6 octobre à 8 heures. Les élèves et étudiants ont été invités à quitter les lieux à partir de 13 h 30 ou à l’issue de leur cours de 14 heures. Ceux ne disposant pas immédiatement d’un moyen de transport pouvaient néanmoins rester temporairement dans l’établissement.
La mesure concernait également les internes. Les familles ayant la possibilité de récupérer leur enfant ont été invitées à le faire, tandis qu’un accueil devait être maintenu à l’internat pour les élèves ne disposant d’aucune autre solution. Les sapeurs-pompiers étaient encore présents dans l’après-midi afin de vérifier les bâtiments et de s’assurer de l’absence de nouveaux foyers.
Ces événements donnent une dimension supplémentaire à cette journée de mobilisation. Si plusieurs incidents se sont produits alors qu’un rassemblement avait lieu autour du lycée, aucun élément disponible ne permet à ce stade d’affirmer que les départs de feu ont été provoqués par les manifestants présents à l’extérieur. Les investigations devront notamment déterminer leur origine et les éventuelles responsabilités.
Retour des tensions à Hippolyte-Fontaine
Après une période plus calme dans la matinée, une partie du cortège quitte Le Castel et retourne en direction du lycée Hippolyte-Fontaine.
Vers 10 h 50, plusieurs manifestants secouent la grille de l’établissement. Les forces de l’ordre interviennent pour les disperser et font usage de gaz lacrymogène. Le cortège se déplace ensuite rue de Mirande, où de nouveaux incidents éclatent. Peu après 11 heures, des manifestants bloquent la voie avant une nouvelle intervention policière accompagnée, là encore, de gaz lacrymogène.
Les participants reprennent ensuite leur progression par la rue Jeannin en direction du lycée Carnot.
Un face-à-face tendu devant Carnot
C’est boulevard Thiers que la matinée connaît l’un de ses épisodes les plus tendus. À partir de 11 h 30, les forces de l’ordre utilisent du gaz lacrymogène pour disperser les personnes présentes devant le lycée Carnot.
Le face-à-face s’intensifie dans les minutes qui suivent. Une interpellation est constatée sur place. Plusieurs tirs de mortier d’artifice sont ensuite effectués en direction des forces de l’ordre, qui répondent une nouvelle fois par l’usage de gaz lacrymogène.
Aux alentours de midi, les manifestants quittent finalement le boulevard Thiers et prennent la direction de la place de la République. À 12 h 10, les forces de l’ordre se positionnent sur la place après avoir repoussé le rassemblement. La tension commence alors progressivement à retomber.
À 13 h 40, la situation est signalée comme calme devant l’ensemble des lycées de la métropole dijonnaise. Le direct consacré aux événements prend alors fin.
Une journée marquée par plusieurs foyers de tension
En l’espace de quelques heures, la mobilisation aura ainsi traversé plusieurs secteurs de Dijon, passant successivement par Hippolyte-Fontaine, la place Wilson, Le Castel, Carnot et la place de la République.
La matinée aura été marquée par plusieurs types d’incidents : jets de pierres, poubelles incendiées, tirs de mortier d’artifice, tentative de blocage d’établissements et confrontations avec les forces de l’ordre. À cela s’ajoute désormais la situation particulière du lycée Le Castel, où une dizaine de départs de feu auraient été recensés à l’intérieur des bâtiments, conduisant à une intervention des secours et à la suspension des cours.
Si le calme est revenu en début d’après-midi aux abords des établissements, les conséquences des événements de la matinée ne sont donc pas encore totalement connues. Au Castel, les investigations devront notamment permettre de déterminer l’origine des différents incendies.
La direction de l’établissement a indiqué qu’elle informerait élèves et familles de l’évolution de la situation par l’intermédiaire de Pronote. La journée du mardi 6 octobre pourrait par ailleurs être de nouveau perturbée, alors qu’un mouvement de grève et la poursuite des manifestations lycéennes sont annoncés.
Après plusieurs heures de fortes tensions ce lundi matin, la mobilisation lycéenne dijonnaise reste donc sous étroite surveillance. Entre revendications portées par une partie de la jeunesse et multiplication d’incidents autour de plusieurs établissements, les prochains rassemblements seront particulièrement scrutés.