Évalué favorablement à mi-parcours au printemps 2026, le Pôle universitaire d’innovation Bourgogne-Franche-Comté entre dans une nouvelle phase de son développement. Après deux années consacrées à structurer les liens entre recherche publique, entrepreneuriat et monde économique, le dispositif veut désormais accélérer la détection des innovations issues des laboratoires et renforcer leur impact sur le territoire.
Depuis son lancement en 2024, le Pôle universitaire d’innovation Bourgogne-Franche-Comté (PUI BFC) poursuit un objectif : mieux transformer les résultats de la recherche publique en innovations susceptibles de trouver des applications économiques et sociétales. Deux ans après sa mise en place, le dispositif a franchi une première étape importante avec une évaluation positive à mi-parcours, réalisée en mai 2026. Un résultat qui ouvre désormais la voie à une seconde phase, prévue jusqu’en 2028.
Cette nouvelle période doit permettre au PUI BFC de passer d’une logique de structuration de l’écosystème à une logique d’accélération. Il s’agit notamment de repérer plus tôt les projets présentant un potentiel d’innovation dans les laboratoires, de faciliter leur accompagnement et de favoriser leur passage de la recherche à des applications concrètes.
Un réseau régional qui fédère universités, organismes de recherche et acteurs de l’innovation
Le PUI BFC repose avant tout sur une organisation collective. Le programme fédère plusieurs établissements d’enseignement supérieur et de recherche de Bourgogne-Franche-Comté autour de l’Université Marie et Louis Pasteur, qui en est le chef de file.
Participent également à cette dynamique l’Université Bourgogne Europe, l’Institut Agro Dijon, SUPMICROTECH, l’ENSAM Cluny, l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), l’INRAE, la SATT SAYENS et l’incubateur DECA-BFC. Le dispositif travaille parallèlement avec les collectivités ainsi qu’avec les acteurs économiques régionaux.
Cette organisation doit permettre de rapprocher des univers qui ne fonctionnent pas toujours selon les mêmes temporalités : laboratoires de recherche, structures de valorisation, entrepreneurs, industriels ou encore collectivités. L’enjeu est de créer des passerelles suffisamment solides pour qu’un résultat scientifique prometteur puisse être identifié, accompagné puis, lorsque cela est pertinent, transformé en innovation ou en activité économique.
Trois secteurs stratégiques déjà structurés
Depuis 2024, le PUI BFC a notamment fait le choix de concentrer une partie de ses actions autour de trois hubs d’innovation correspondant à des domaines considérés comme stratégiques pour le territoire.
Le premier concerne la transition agri-alimentaire. Le deuxième est consacré à la santé, notamment au diagnostic et aux biothérapies connectées. Le troisième est orienté vers l’hydrogène décarboné et les mobilités durables.
Ces hubs doivent favoriser les échanges entre équipes scientifiques et acteurs économiques autour de compétences déjà présentes dans la région. En parallèle, le PUI BFC indique avoir déployé des outils permettant de mieux détecter les résultats de recherche susceptibles d’être valorisés ainsi que des dispositifs d’accompagnement renforcé pour les start-up deeptech, ces jeunes entreprises fondées sur des innovations issues de travaux scientifiques ou technologiques avancés.
Des créations de spin-off en hausse de 50 %
Les premiers indicateurs avancés par le Pôle témoignent d’une progression de l’activité de valorisation. Entre 2024 et 2025, le nombre de spin-off a augmenté de 50 %, tandis que le nombre de déclarations d’invention a lui aussi progressé. CP – PUI BFC UN CAP FRANCHI AV…
Une évolution que le PUI BFC entend suivre précisément grâce à un pilotage fondé sur la donnée. Depuis le lancement du programme, plusieurs indicateurs permettent ainsi d’observer l’évolution des partenariats avec le monde socio-économique, les activités de valorisation ou encore l’entrepreneuriat directement issu de la recherche publique.
Au-delà du seul nombre d’entreprises créées, cette démarche doit permettre d’évaluer la capacité de l’écosystème universitaire régional à faire émerger davantage de projets susceptibles de déboucher sur des innovations, des transferts de technologie ou de nouvelles collaborations avec les entreprises.
Pour 2026-2028, accélérer le passage du laboratoire au marché
La seconde phase du programme doit désormais amplifier cette dynamique. Parmi les priorités affichées figurent la détection d’un plus grand nombre de projets à potentiel dans les laboratoires, la simplification de leur parcours d’innovation et le renforcement des liens avec les filières industrielles.
Le PUI BFC souhaite également développer les collaborations au-delà des frontières régionales. Le plan d’action 2026-2028 prévoit ainsi de stimuler les coopérations interuniversitaires, européennes et internationales.
Cette orientation traduit une ambition plus large : faire de la recherche publique non seulement un outil de production de connaissances, mais aussi un moteur de développement économique et de transformation du territoire.
Les CHU de Dijon et Besançon appelés à rejoindre la gouvernance
Autre évolution annoncée : l’élargissement de la gouvernance du dispositif. Le CHU de Dijon-Bourgogne et le CHU de Besançon doivent devenir deux nouveaux fondateurs du PUI BFC d’ici la fin de l’année 2026.
Leur arrivée devrait renforcer notamment le versant santé du dispositif et accentuer les relations entre recherche académique, innovation médicale et acteurs hospitaliers.
Pour le PUI Bourgogne-Franche-Comté, les années 2026 à 2028 constitueront donc une période charnière. Après avoir construit les outils et les coopérations nécessaires à son fonctionnement, le programme doit désormais démontrer sa capacité à faire émerger davantage de projets, à accélérer leur transformation et à produire des retombées visibles pour le territoire. Une nouvelle étape qui s’inscrit dans l’ambition affichée par ses partenaires : faire de la recherche publique un moteur durable d’innovation en Bourgogne-Franche-Comté.
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