Dijon Actualités
Dijon et son agglomération

Manifestations lycéennes en Côte-d’Or : la préfète défend un recours « non systématique » aux gaz lacrymogènes

Par Fabien Bauduin 5 octobre 2026

Après plusieurs journées de mobilisation devant des lycées de Côte-d’Or, la préfecture a réagi aux critiques visant l’usage de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre. Dans un communiqué publié vendredi 3 octobre, la préfète Violaine Démaret assure que leur utilisation intervient uniquement lorsque des violences ou des dégradations rendent nécessaire une intervention policière. Elle appelle parallèlement les lycéens à poursuivre l’expression de leurs revendications dans le calme et au sein des instances de leurs établissements. 

Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit en Côte-d’Or, la préfecture a souhaité répondre aux accusations faisant état d’un recours jugé « systématique et disproportionné » aux gaz lacrymogènes lors de certains rassemblements. Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d’Or, conteste cette présentation et rappelle les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre sont amenées à intervenir. 

Selon la préfecture, l’usage de gaz lacrymogène n’intervient que lorsque des comportements violents contre des personnes ou des biens nécessitent l’action des forces de sécurité. L’objectif, précise le communiqué, est alors de protéger les personnes, d’éviter les dégradations et de disperser les groupes hostiles tout en limitant le contact direct avec les lycéens. La préfète insiste ainsi sur le fait que cette pratique ne constitue pas une réponse automatique aux rassemblements. 

La préfecture prend pour exemple les événements survenus vendredi matin devant le lycée Carnot, à Dijon. Des palettes et des poubelles avaient été incendiées devant une porte en bois de l’établissement par quelques individus, alors qu’une grande partie des lycéens présents manifestaient pacifiquement. La police avait alors eu recours à du gaz lacrymogène pour intervenir. 

Plusieurs rassemblements se sont déroulés sans intervention

La préfète souligne toutefois que la majorité des manifestations organisées ces derniers jours dans le département n’ont pas nécessité l’utilisation de gaz lacrymogènes. À Dijon, les rassemblements devant les lycées Charles-de-Gaulle, Saint-Bénigne et Montchapet se sont, selon la préfecture, déroulés globalement dans le calme. Même constat à Auxonne, Brochon, Châtillon-sur-Seine, Chenôve, Semur-en-Auxois et Montbard, où aucune intervention des forces de l’ordre n’a été nécessaire. 

Dans son communiqué, la préfecture tient également à distinguer les auteurs de violences de la majorité des lycéens mobilisés. Elle estime que les dégradations commises par certains ne doivent pas faire oublier les revendications portées par des jeunes qui souhaitent, pour la plupart, manifester pacifiquement et dans le respect des personnes et des biens. 

Violaine Démaret salue notamment le comportement de plusieurs jeunes présents devant le lycée Carnot. Selon la préfète, leur attitude vendredi a contribué à empêcher que le portail de l’établissement ne prenne feu. 

Un appel « à la responsabilité et à la modération »

À l’approche de nouvelles mobilisations, la représentante de l’État appelle l’ensemble des participants « à faire preuve de responsabilité et de modération ». L’objectif affiché est de permettre l’expression des revendications tout en garantissant la sécurité de tous et le respect des biens.

La préfète invite enfin les lycéens à porter leurs demandes dans les différentes instances réunies au sein des établissements scolaires. Une démarche que, selon le communiqué, plusieurs jeunes ont déjà commencé à entreprendre ces derniers jours.

20261003_La préfète réfute le caractère systématique du recours aux gaz lacrymogènes et invite les lycéens à exprimer leurs demandes dans le cadre des instances dédiées.pdfDocument PDFOuvrir le PDFTélécharger