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Violences en marge du mouvement lycéen : le ministère de la Justice annonce plus de 5 000 gardes à vue

Par Fabien Bauduin 5 octobre 2026

Le ministère de la Justice a publié, ce lundi 5 octobre 2026, un nouveau bilan des suites judiciaires données aux violences commises en marge du mouvement de protestation lycéen. Plus de 5 000 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début des incidents, dont une très large majorité de mineurs. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, demande une réponse pénale « rapide et ferme ».

Depuis plusieurs jours, les mobilisations lycéennes sont émaillées, dans plusieurs villes de France, d’incidents violents et de dégradations.

Dans un communiqué diffusé ce lundi 5 octobre, le ministère de la Justice évoque des « scènes de violences urbaines d’une particulière gravité » survenues en marge du mouvement.

Les autorités font notamment état de violences contre les forces de l’ordre et les personnels de l’Éducation nationale, mais aussi de nombreuses dégradations touchant des établissements scolaires et du mobilier urbain. Selon le ministère, le coût de la remise en état est déjà évalué à plusieurs millions d’euros.

5 060 personnes placées en garde à vue

Le bilan communiqué par la Chancellerie est particulièrement important. Depuis le début des violences, 5 060 personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles, 4 406 sont mineures, soit 87 % du total, contre 654 majeurs, représentant 13 % des gardes à vue. À ce stade, 1 802 personnes font l’objet de poursuites judiciaires.

Le ministère précise que ces poursuites concernent 319 majeurs, soit près d’un majeur placé en garde à vue sur deux, ainsi que 1 483 mineurs, soit environ un mineur placé en garde à vue sur trois.

Quatorze placements en détention provisoire

Parmi les personnes poursuivies, 14 placements en détention provisoire ont été décidés. Ils concernent 10 majeurs et 4 mineurs. Le ministère de la Justice indique également que 1 376 mesures alternatives aux poursuites ont été prononcées.

Parmi ces mesures figurent notamment des avertissements pénaux probatoires, des mesures de réparation pénale, des interdictions de paraître, des travaux non rémunérés ou encore des classements sous condition.

Ces dispositifs concernent 1 258 mineurs et 118 majeurs. Par ailleurs, 790 procédures ont été classées sans suite, avec un taux annoncé de 16 % pour les mineurs et de 13 % pour les majeurs.

Des consignes de « fermeté » données aux procureurs

Face à l’ampleur des incidents, le garde des Sceaux affirme avoir demandé une mobilisation renforcée de l’autorité judiciaire. Selon le communiqué, Gérald Darmanin a réuni dès le début du mouvement les 36 procureurs généraux afin de leur transmettre des consignes.

Le ministre leur a notamment demandé de faire preuve de la « plus grande fermeté » dans leurs réquisitions et de privilégier, lorsque cela est juridiquement possible, les procédures permettant un jugement rapide.

Le ministère indique également que le garde des Sceaux souhaite voir engagée, autant que possible, la responsabilité civile des parents de mineurs interpellés.

Une orientation qui intervient alors que la très grande majorité des personnes placées en garde à vue dans le cadre de ces violences sont mineures.

Une nouvelle réunion prévue mardi matin

Gérald Darmanin réaffirme également son soutien aux magistrats, aux forces de l’ordre, aux personnels de l’Éducation nationale ainsi qu’aux élus victimes de violences ou de menaces dans l’exercice de leurs fonctions.

Le ministre doit de nouveau réunir l’ensemble des procureurs généraux mardi à 9 heures, en visioconférence, afin de faire le point sur la situation et sur les suites judiciaires engagées.

À travers ce communiqué, le ministère entend afficher une ligne claire : distinguer le mouvement de protestation lycéen des violences commises en marge des mobilisations et accélérer la réponse pénale à l’encontre de leurs auteurs.