La mobilisation lycéenne s’est poursuivie mardi 6 octobre en Côte-d’Or, avec plusieurs rassemblements à Dijon et dans le département. Si la préfecture fait état d’une journée globalement calme, des heurts ont éclaté devant le lycée Carnot, où une personne a été interpellée. La manifestation organisée dans l’après-midi par l’intersyndicale de l’Éducation nationale a réuni environ 2 200 personnes.
La mobilisation des lycéens s’est poursuivie ce mardi 6 octobre en Côte-d’Or. Des rassemblements ont été organisés devant plusieurs établissements scolaires à Dijon, Chenôve, Semur-en-Auxois et Longchamp, selon un bilan communiqué dans la soirée par la préfecture.
À Dijon, le mouvement a également touché l’université. Un bâtiment du campus Droit-Lettres a été bloqué tandis que le site universitaire de la rue Chabot-Charny a été occupé pendant une partie de la matinée. Les cours à l’université doivent reprendre jeudi.
Des tensions devant le lycée Carnot
La principale séquence de tensions s’est déroulée en fin de matinée devant le lycée Carnot, à Dijon. Environ 500 personnes étaient alors rassemblées devant l’établissement, selon les chiffres des services de l’État.
La préfecture affirme qu’un groupe d’environ 200 individus « hostiles et cagoulés » a ensuite provoqué plusieurs incidents. Des poubelles ont été incendiées, des pétards et divers projectiles ont été lancés en direction des forces de sécurité et un abribus a été dégradé.
Les forces de l’ordre ont utilisé à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes pour disperser les participants aux violences, précise la préfecture. Une personne a été interpellée. Aucun blessé n’a été signalé.
Plusieurs incidents dans des établissements dijonnais
D’autres faits ont été constatés au cours de la matinée, sans que leur lien avec la mobilisation lycéenne ait été établi.
Un nouveau départ d’incendie s’est notamment déclaré à l’intérieur d’un bâtiment du lycée Le Castel. Un fumigène a également été tiré dans un bâtiment du lycée Montchapet.
Par ailleurs, un bus a été la cible de jets de pierres et un tir de mortier a été signalé devant le collège Champollion, à Dijon. Aucun rassemblement n’était pourtant organisé devant cet établissement, indique la préfecture.
Un cortège non déclaré rejoint la manifestation
Dans la journée, un cortège non déclaré d’environ 600 personnes s’est formé avant de rejoindre, en passant par le secteur universitaire, la manifestation officielle organisée devant le rectorat. Selon les services de l’État, plusieurs dégradations ont été commises sur son passage.
À partir de 14 heures, la manifestation appelée par l’intersyndicale de l’Éducation nationale a rassemblé environ 2 200 personnes.
Dans son communiqué, la préfète de la Côte-d’Or salue le rôle joué par l’intersyndicale et par les adultes présents auprès des jeunes, estimant que leur intervention a contribué à limiter les tensions et à favoriser l’apaisement au cours de la journée.
Une consultation nationale ouverte aux lycéens
Face au mouvement, les pouvoirs publics mettent également en avant une consultation en ligne destinée aux lycéens. Ouverte depuis lundi 5 octobre sur la plateforme Agora, elle doit permettre aux élèves d’exprimer leurs attentes, leurs difficultés et leurs propositions, individuellement ou collectivement.
La consultation restera accessible jusqu’au vendredi 23 octobre. Les contributions doivent être étudiées au niveau local, avant une restitution nationale prévue à la fin du mois d’octobre.
Ces modalités ont été présentées mardi après-midi à une délégation composée de neuf lycéens, d’une étudiante et de deux professeurs par la rectrice d’académie.
À partir de mercredi et jusqu’à vendredi, un « temps lycéen » doit par ailleurs être organisé dans chaque lycée de France. Une demi-journée sera banalisée afin de permettre des échanges, d’abord entre les personnels puis avec les élèves, autour des revendications et des préoccupations exprimées ces derniers jours.
Communiqué de la préfecture de la Côte-d’Or du 6 octobre 2026 :
Le mouvement lycéen s’est poursuivi ce mardi 6 octobre en Côte-d’Or avec des rassemblements devant plusieurs établissements scolaires à Dijon, Chenôve, Semur-en-Auxois et Longchamp. Un bâtiment du campus universitaire (droit et lettres) a été bloqué et le site universitaire situé rue Chabot-Charny à Dijon a été occupé une partie de la matinée.
Les manifestations se sont déroulées dans le calme, en dehors de tensions survenues devant le lycée Carnot en fin de matinée. Environ 500 personnes se sont regroupées devant l’établissement dans le calme jusqu’à ce qu’un groupe de 200 individus hostiles et cagoulés ne commette des violences : multiples feux de poubelles, jets de pétards et de projectiles en direction des forces de sécurité, et destruction d’un abribus. Les forces de sécurité ont dû y faire usage de gaz lacrymogènes à plusieurs reprises à des fins de dispersion, tout en restant à distance.
Une personne a été interpellée.
Aucun blessé n’est à déplorer.
Si aucun incident n’a été signalé sur les autres sites, le lycée Le Castel a toutefois connu un nouveau départ d’incendie à l’intérieur d’un bâtiment au cours de la matinée et un fumigène a été tiré dans un bâtiment du lycée Montchapet. Il n’a pas été établi le lien de ces incidents avec le mouvement lycéen.
Par ailleurs, un bus a fait l’objet d’un caillassage et un tir de mortier a été constaté devant le collège Champollion à Dijon, sans qu’un rassemblement ne soit organisé devant l’établissement.
Un cortège non déclaré d’environ 600 personnes a été improvisé avant de rejoindre la manifestation officielle au rectorat, via le secteur université. Plusieurs dégradations ont alors été commises au passage des manifestants.
La manifestation organisée à partir de 14h00 par l’intersyndicale de l’Éducation nationale a rassemblé environ 2 200 personnes.
La préfète tient à saluer l’engagement de l’intersyndicale et des adultes présents aux côtés des jeunes, dont l’action a contribué à prévenir les tensions, à favoriser l’apaisement et à canaliser les énergies au cours de cette journée de mobilisation.
Pour permettre de faire entendre leurs voix dans l’apaisement, les services de l’État rappellent que, depuis le lundi 05 octobre, les lycéens disposent désormais d’un espace pour exprimer individuellement ou collectivement leurs attentes, leurs difficultés et leurs propositions via une consultation en ligne.
Cette consultation est ouverte jusqu’au vendredi 23 octobre. Les contributions seront analysées au niveau local. Les lycéens qui le souhaitent peuvent notamment préciser le nom de leur établissement afin que leurs suggestions et leurs idées puissent être prises en compte au plus près des réalités de terrain. Une restitution nationale sera organisée à la fin du mois d’octobre.
La plateforme est accessible en suivant ce lien :
https://www.agora.gouv.fr/consultations/lycee
Ces modalités ont été présentées cet après-midi à une délégation composée de neuf élèves, une étudiante et deux professeurs, par la rectrice d’académie qui, avec la préfète, encourage les lycéens à poursuivre le dialogue dans ce cadre constructif et respectueux de la sécurité des personnes et des biens.
À partir de demain, un « temps lycéen » sera organisé dans chaque lycée de France sur la fin de semaine, entre mercredi et vendredi : une demi-journée banalisée, d’abord avec les personnels, puis avec les élèves, pour un débat de fond, ouvert et démocratique.
Les cours reprendront jeudi s’agissant de l’université.