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Mobilisation lycéenne en Côte-d’Or : les professeurs entrent à leur tour dans la danse

Par Fabien Bauduin 6 octobre 2026

Le mouvement lycéen prend une nouvelle dimension en Côte-d’Or. Ce mardi 6 octobre, plusieurs syndicats de l’Éducation nationale appellent les personnels à la grève pour rejoindre la mobilisation des élèves. Une assemblée générale est prévue dans la matinée à Dijon, avant un rassemblement devant le rectorat à 14 heures.

Après les lycéens, les enseignants. Depuis le 29 septembre, plusieurs établissements de Côte-d’Or sont touchés par une mobilisation d’élèves dénonçant leurs conditions d’études et le manque de moyens dans l’Éducation nationale. Ce mardi 6 octobre, une partie des personnels est appelée à rejoindre le mouvement.

Six organisations syndicales — CGT Éduc’action, FNEC FP-FO, SUD Éducation, SNES-FSU, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques et UNSA Éducation — ont lancé un appel commun à la grève dans le département. Leur mot d’ordre : « Face à la colère de la jeunesse : des moyens, pas la répression ! »

Cette entrée des syndicats dans la mobilisation marque une nouvelle étape. Jusqu’ici principalement portée par les lycéens, la contestation trouve désormais un écho auprès des personnels de l’Éducation nationale, qui estiment partager une partie des inquiétudes exprimées par les élèves.

Des moyens pour les établissements au cœur des revendications

Dans leur communiqué, les organisations syndicales mettent notamment en avant la dégradation des conditions d’apprentissage. Elles évoquent des bâtiments scolaires jugés parfois inadaptés ou dégradés ainsi qu’un manque de personnels dans les secteurs éducatif, social et médical.

Elles réclament également l’arrêt des suppressions de postes et des coupes budgétaires dans l’Éducation nationale. Parcoursup figure aussi parmi les sujets de contestation : l’intersyndicale en demande l’abrogation, estimant que le système actuel accentue les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur.

Ces revendications rejoignent celles exprimées depuis plusieurs jours par une partie des lycéens mobilisés. À Dijon comme dans d’autres établissements du département, le mouvement a perturbé le fonctionnement de plusieurs lycées depuis la fin du mois de septembre.

Les interventions des forces de l’ordre également contestées

Au-delà des moyens accordés à l’Éducation, l’intersyndicale dénonce les conditions dans lesquelles certaines mobilisations lycéennes ont été encadrées par les forces de l’ordre.

Les syndicats qualifient le dispositif policier de « démesuré et disproportionné », en évoquant notamment l’utilisation de gaz lacrymogènes, des charges et des interpellations. Ils apportent leur soutien aux élèves blessés lors des événements survenus à Dijon et Montbard. Ces appréciations relèvent de la position de l’intersyndicale.

Dans le même temps, les six organisations précisent condamner « sans réserve toutes les violences et mises en danger des personnels et des élèves ». Elles demandent que les établissements puissent offrir un cadre permettant aux lycéens d’exprimer leurs revendications sans tensions.

Deux rendez-vous à Dijon ce mardi

La mobilisation doit se poursuivre toute la journée du 6 octobre. Une assemblée générale réunissant lycéens, étudiants et représentants syndicaux est annoncée à 9 heures à la Bourse du Travail de Dijon, rue du Transvaal.

Un second rendez-vous est prévu à 14 heures devant le rectorat de Dijon. Les organisations syndicales souhaitent également obtenir une audience auprès du rectorat afin que des représentants des lycéens puissent présenter directement leurs revendications, accompagnés des syndicats.

En appelant les personnels à cesser le travail, l’intersyndicale entend désormais faire converger le mécontentement des élèves avec celui d’une partie du monde enseignant. Ce mardi permettra de mesurer l’ampleur de cette jonction entre mobilisation lycéenne et mouvement des personnels de l’Éducation en Côte-d’Or.