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Soins à domicile : infirmiers libéraux et aides à domicile appelés à se mobiliser le 17 octobre

Par Fabien Bauduin 6 octobre 2026

Face à la hausse des frais liés aux déplacements professionnels, plusieurs organisations représentant les infirmiers libéraux et les aides à domicile appellent à une mobilisation nationale le samedi 17 octobre. Elles réclament notamment une meilleure prise en charge des frais kilométriques, la gratuité du stationnement pendant les interventions et des mesures spécifiques en cas de pénurie de carburant.

Pour les professionnels qui se rendent chaque jour au domicile de leurs patients, la question des déplacements est devenue centrale. Infirmiers libéraux et aides à domicile dénoncent des frais de véhicule qu’ils jugent désormais insuffisamment compensés, alors que leur activité repose précisément sur leur capacité à se déplacer d’un patient à l’autre.

Dans un communiqué commun, le Collectif des infirmiers libéraux en colère, le Collectif national La Force Invisible des Aides à Domicile et Convergence Infirmière alertent sur une situation qu’ils estiment de plus en plus difficile. « Aujourd’hui, nous nous déplaçons à perte », affirment les organisations, qui mettent en avant le coût du carburant, l’usure des véhicules, les frais d’entretien, d’assurance mais aussi les difficultés de stationnement.

Les collectifs considèrent que les dispositifs actuellement proposés ne répondent pas suffisamment aux dépenses supportées par les professionnels. Ils citent notamment un bonus de 80 euros destiné aux infirmiers parcourant plus de 100 kilomètres par jour ainsi qu’une aide de 100 euros destinée aux « grands rouleurs », sous conditions de revenus. Selon eux, ces aides restent trop limitées et ne concerneraient qu’une partie des professionnels.

Une indemnité de déplacement à 4 euros réclamée

Pour les infirmiers libéraux, les revendications portent en premier lieu sur la revalorisation des frais de déplacement. Les organisations demandent la mise en place d’une indemnité forfaitaire de 4 euros par déplacement ainsi qu’une revalorisation des indemnités kilométriques.

Elles souhaitent également la suppression de l’abattement appliqué au-delà de 300 kilomètres parcourus quotidiennement et réclament l’application immédiate des avancées conventionnelles, sans calendrier progressif.

Le stationnement constitue un autre point de tension. Les représentants de la profession demandent sa gratuité pendant les soins réalisés à domicile. Ils souhaitent également qu’une priorité puisse être accordée aux professionnels de santé dans les stations-service en cas de forte affluence ou de pénurie de carburant.

Une prime spécifique est aussi demandée lorsque les interventions doivent être assurées dans des conditions jugées exceptionnelles, notamment en cas de tempête, de neige ou d’inondation.

Les aides à domicile réclament une prise en charge de tous leurs trajets

Les aides à domicile sont également concernées par l’appel à la mobilisation. Les organisations réclament que tous les déplacements effectués au cours de la journée soient pris en charge, qu’il s’agisse du trajet entre le domicile et le lieu de travail, des déplacements entre deux bénéficiaires ou encore des déplacements effectués pendant les temps de coupure.

Elles souhaitent que cette indemnisation soit accordée à l’ensemble des aides à domicile, quel que soit leur statut, leur employeur ou leur convention collective.

Les collectifs réclament par ailleurs une indemnité kilométrique correspondant davantage au coût réel d’un véhicule. Leur demande porte sur un montant d’au moins un euro par kilomètre, qui serait indexé sur l’inflation et l’évolution du prix des carburants.

Pour les professionnels utilisant les transports collectifs, ils demandent également une prise en charge intégrale des abonnements et des trajets utilisés dans le cadre du travail. Comme pour les infirmiers, la gratuité du stationnement pendant les interventions figure parmi les revendications.

Des rassemblements annoncés dans plusieurs villes

La mobilisation doit avoir lieu le samedi 17 octobre, en début d’après-midi. Plusieurs rassemblements sont annoncés en France, notamment à Lyon, Rennes, Bordeaux, Marseille, Toulon, Nice et Lille. Les organisateurs indiquent que d’autres villes pourraient rejoindre le mouvement.

Les infirmiers participants sont appelés à venir vêtus de leur blouse bleue afin de rendre leur mobilisation plus visible.

Les collectifs annoncent également qu’aucune sortie d’hôpital ou de clinique ne sera assurée les 17 et 18 octobre par les professionnels participant au mouvement. Une décision destinée à mettre en lumière le rôle joué par les soignants libéraux et les intervenants à domicile dans la continuité des prises en charge après une hospitalisation.

À travers cette journée nationale, les organisations veulent enfin élargir la mobilisation. Elles appellent les syndicats infirmiers ainsi que les organisations représentant les aides à domicile à les rejoindre. Leur message est clair : le maintien à domicile, de plus en plus central dans l’accompagnement des personnes âgées, dépendantes ou fragiles, ne peut selon elles fonctionner durablement sans une meilleure prise en charge des déplacements de ceux qui interviennent quotidiennement auprès de ces publics.