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Mouvement lycéen en Bourgogne-Franche-Comté : les Élus Progressistes appellent la Région à « investir d’abord dans ses compétences »

Par Fabien Bauduin 7 octobre 2026

À la suite des mobilisations lycéennes et des tensions signalées autour de plusieurs établissements de Bourgogne-Franche-Comté, le Groupe des Élus Progressistes du Conseil régional prend position. Tout en réaffirmant son attachement à la liberté de manifester, le groupe présidé par Denis Thuriot condamne les violences et les dégradations et appelle parallèlement la Région à revoir ses priorités d’investissement en faveur des lycées.

Le mouvement lycéen continue de susciter des réactions politiques en Bourgogne-Franche-Comté. Dans un communiqué transmis à notre rédaction, le Groupe des Élus Progressistes du Conseil régional dit vouloir apporter son soutien à la communauté éducative, aux personnels des établissements, aux élèves et à leurs familles, dans un contexte qu’il présente comme marqué par plusieurs débordements en marge des rassemblements lycéens. 

Le groupe tient toutefois à distinguer la mobilisation des élèves des actes de violence ou de dégradation pouvant survenir à ses marges. Il rappelle ainsi que la liberté de manifester constitue un principe démocratique fondamental, tout en estimant que les atteintes aux établissements scolaires, aux équipements publics ou aux biens privés ne peuvent être acceptées. 

Les élus progressistes dénoncent plus particulièrement ce qu’ils qualifient d’« intrusion d’éléments perturbateurs extérieurs » et l’escalade des tensions aux abords de certains lycées. Selon eux, ces situations exposent avant tout les élèves qui souhaitent manifester pacifiquement. Le groupe insiste également sur la nécessité, pour tous les participants à une mobilisation, de respecter les personnes et les biens. 

Le coût des dégradations également pointé du doigt

Au-delà des questions de sécurité, les élus mettent en avant les conséquences financières que pourraient entraîner les dégradations constatées. Ils estiment que les réparations nécessaires pèseront sur les budgets des collectivités et risquent, à terme, de réduire les sommes disponibles pour de futurs investissements destinés aux établissements scolaires.

Le communiqué formule cet argument de manière particulièrement directe : les dépenses consacrées à la remise en état d’infrastructures endommagées seraient autant de moyens qui ne pourraient pas être utilisés pour améliorer les conditions de vie et d’étude des lycéens. 

Mais le Groupe des Élus Progressistes ne limite pas sa réaction à la condamnation des incidents. Il entend également ramener le débat sur la question des moyens consacrés aux lycées par la Région Bourgogne-Franche-Comté.

« La Région ne peut se dispenser d’agir »

Les élus reconnaissent qu’une partie importante des revendications exprimées actuellement par les lycéens relève directement de la politique nationale de l’Éducation. Ils considèrent toutefois que le Conseil régional doit également répondre aux difficultés qui entrent dans son propre champ de compétences, en particulier concernant les bâtiments, leur entretien et leur modernisation. 

Pour le groupe, les difficultés rencontrées dans plusieurs établissements doivent désormais conduire à une réévaluation des priorités d’investissement régionales. Il demande que davantage de moyens soient orientés vers les lycées connaissant les situations matérielles les plus difficiles. 

Le communiqué cite notamment le cas du lycée des Haberges à Vesoul, présenté par les élus progressistes comme l’illustration d’une dégradation connue depuis plusieurs années et qui aurait, selon eux, nécessité davantage d’anticipation. Le groupe estime que les élèves et les équipes éducatives ne doivent pas supporter les conséquences de ce qu’il considère comme un manque de vision dans la programmation des investissements. 

Il s’agit ici de la position exprimée par le Groupe des Élus Progressistes dans son communiqué ; celui-ci ne fournit pas, à lui seul, d’éléments détaillés permettant d’établir l’historique complet des travaux ou des investissements concernant cet établissement.

Des critiques sur les choix budgétaires de la Région

Le ton devient également plus politique lorsque le groupe aborde la manière dont les moyens régionaux devraient, selon lui, être répartis.

Les élus progressistes demandent à la Région de privilégier davantage l’entretien, la rénovation et la modernisation des établissements plutôt que certaines dépenses de communication institutionnelle, d’études ou de prestations de conseil extérieur. 

Cette critique revient à poser la question des priorités budgétaires de la collectivité. Pour le groupe, les lycées doivent demeurer au cœur des investissements régionaux puisque leur entretien constitue l’une des responsabilités directes du Conseil régional.

Les élus résument leur position autour de besoins très concrets : des bâtiments sûrs, des salles en bon état de fonctionnement et des équipements adaptés aux élèves comme aux personnels. Ils appellent ainsi la Région à concentrer ses efforts financiers sur ce qu’ils considèrent comme ses compétences éducatives prioritaires. 

Une double position : condamner les violences et répondre aux difficultés des lycées

À travers ce communiqué, le Groupe des Élus Progressistes adopte donc une ligne en deux temps. D’un côté, il condamne les violences, le vandalisme et les dégradations susceptibles d’accompagner certaines mobilisations. De l’autre, il considère que les difficultés exprimées par les lycéens doivent également conduire à interroger les conditions matérielles d’accueil dans les établissements et les investissements consentis par la Région.

Pour Denis Thuriot, président du Groupe des Élus Progressistes, la réponse aux tensions actuelles ne peut donc se limiter aux questions d’ordre public : elle doit aussi passer par des décisions concrètes concernant l’entretien et la modernisation des lycées de Bourgogne-Franche-Comté. Le message adressé à l’exécutif régional est clair : le groupe souhaite voir une part plus importante des moyens consacrée directement aux établissements et aux conditions d’étude des élèves.


Communiqué de presse du 7 octobre 2026 :

MOUVEMENT LYCEEN : NOS LYCÉES MÉRITENT MIEUX !

A la suite des récents débordements observés en marge des rassemblements lycéens à travers notre région, le Groupe des Elus Progressistes exprime son entière solidarité avec la communauté éducative, les personnels, les lycéens et leurs familles.

Si la liberté de manifester constitue un des piliers inaliénables de la démocratie, la violence et le vandalisme, qu’ils visent des établissements scolaires ou du matériel public et privé ne sauraient en aucun cas être tolérés. C’est pourquoi nous condamnons fermement l’intrusion d’éléments perturbateurs extérieurs et l’escalade des tensions aux abords des lycées qui exposent directement la majorité pacifique des élèves. Aucune manifestation n’exonère ses participants de respecter les personnes et les biens.

La remise en état des infrastructures dégradées pèsera lourd sur le budget des collectivités locales, au détriment de futurs investissements éducatifs. Chaque euro dépensé pour réparer des dégradations sera un euro de moins disponible pour améliorer le quotidien des élèves. Aberrant !

Si les revendications qui s’expriment aujourd’hui concernent pour beaucoup les politiques relevant de l’Education nationale, la Région ne peut se dispenser d’agir dans les domaines qui relèvent directement de sa responsabilité. Il apparait aujourd’hui nécessaire d’engager des actions concrètes.

Les difficultés rencontrées dans plusieurs établissements doivent conduire à une réévaluation des priorités d’investissement régionales, avec un ciblage renforcé vers les établissements présentant les situations les plus dégradées.

Le cas du lycée des Haberges de Vesoul illustre malheureusement les conséquences d’un manque d’anticipation face à une dégradation pourtant connue depuis plusieurs années. Les élèves et les équipes éducatives ne doivent pas payer le prix de cette absence de vision.

Plutôt que de multiplier les dépenses de communication institutionnelle, les prestations d’études et de conseils externes, la Région doit concentrer davantage ses moyens sur sa compétence première en matière éducative : l’entretien, la rénovation et la modernisation des lycées.

Les lycéens ont besoin de bâtiments sûrs, de salles fonctionnelles et d’équipements adaptés, donc d’une Région qui investit d’abord dans ses compétences.

Pour le Groupe des Elus Progressistes,

Denis THURIOT, Président