La CGT du centre hospitalier spécialisé La Chartreuse, à Dijon, tire la sonnette d’alarme face à la disparition annoncée du poste de cadre de santé de nuit. Le syndicat redoute des conséquences importantes sur la sécurité des patients, la gestion des urgences et les conditions de travail des soignants. Un rassemblement est organisé mardi 13 octobre, devant l’établissement, pour faire entendre les revendications du personnel.
La tension monte au centre hospitalier spécialisé La Chartreuse, à Dijon. Dans un communiqué de presse, la CGT dénonce la suppression annoncée de la présence d’un cadre de santé la nuit au sein de l’établissement. Une décision que le syndicat considère comme particulièrement préoccupante, tant pour l’organisation des services que pour la sécurité des patients et des professionnels de santé.
Pour les représentants syndicaux, cette disparition ne peut être réduite à une simple réorganisation administrative. Le cadre de nuit occupe, selon eux, une place centrale dans le fonctionnement de l’hôpital en dehors des horaires de journée. Son absence risquerait de faire peser de nouvelles responsabilités sur les infirmiers et les aides-soignants, déjà confrontés à des conditions de travail difficiles.
Un rôle essentiel dans la gestion des urgences
La CGT rappelle que le cadre de santé de nuit assure de nombreuses missions indispensables à la continuité des soins. Il intervient notamment dans la gestion des lits, la coordination entre les différents services et l’organisation des transferts de patients, en particulier ceux provenant de la maison d’arrêt et accueillis au centre hospitalier La Chartreuse.
Sa présence constitue également un appui pour les équipes lorsqu’elles doivent faire face à des urgences vitales ou à des incidents complexes. En cas de situation critique, le cadre de nuit peut apporter un soutien immédiat aux soignants, veiller au respect des procédures et les accompagner dans la rédaction des fiches d’événements indésirables.
Le syndicat s’inquiète donc des conséquences que pourrait entraîner la disparition de cet interlocuteur de proximité. Dans un établissement spécialisé en santé mentale, où les situations rencontrées peuvent nécessiter des interventions rapides et coordonnées, la CGT estime que l’absence d’encadrement nocturne pourrait fragiliser l’organisation des soins et la gestion des crises.
Des responsabilités supplémentaires pour les soignants
Au-delà des situations d’urgence, le cadre de santé de nuit joue également un rôle dans la gestion quotidienne des effectifs. Il assure notamment le suivi de l’absentéisme imprévu, l’organisation des remplacements et la mobilisation de renforts lorsqu’un service rencontre des difficultés.
Selon la CGT, cette fonction permet de répartir les moyens humains en tenant compte des besoins des unités et des compétences des professionnels disponibles. Sans cet encadrement, le syndicat craint que les équipes de nuit soient contraintes d’assumer elles-mêmes des tâches administratives, logistiques et organisationnelles, au détriment du temps consacré aux patients.
La question du bien-être au travail est également soulevée. Le cadre de nuit participe à l’accueil des nouveaux professionnels, à l’organisation des plannings et à l’accompagnement des personnels confrontés à des situations éprouvantes. Autant de missions que la CGT juge essentielles dans un contexte de pénibilité du travail nocturne.
« Le cadre de nuit n’est pas un luxe, c’est un garant de la sécurité et de la logistique en situation de crise », insiste le syndicat dans son communiqué. Il estime que les soignants ne doivent pas être contraints de quitter leurs missions auprès des patients pour assurer la gestion logistique de l’établissement ou réguler les difficultés d’effectifs.
La CGT interpelle la direction et l’Agence régionale de santé
Face à cette situation, la CGT demande à la direction du centre hospitalier La Chartreuse ainsi qu’à l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté de prendre les mesures nécessaires pour maintenir la présence d’un cadre de santé durant la nuit.
Pour le syndicat, le report de ces responsabilités sur les seules équipes soignantes ferait peser un risque sur la continuité des soins et entraînerait une nouvelle dégradation des conditions de travail.
La CGT réclame plus largement une amélioration des effectifs et de la charge de travail, une meilleure prise en compte de la fatigue liée aux horaires nocturnes, une organisation adaptée des plannings ainsi qu’une reconnaissance des difficultés rencontrées par les agents sur le terrain.
Le maintien d’un encadrement de proximité, avec un interlocuteur clairement identifié, régulièrement présent et capable de réagir rapidement en cas de difficulté, figure parmi les principales revendications.
Un rassemblement prévu mardi 13 octobre à Dijon
Pour porter ces demandes, la CGT appelle les agents à se mobiliser mardi 13 octobre 2026, de 19 h 30 à 20 h 30, devant l’entrée principale du centre hospitalier La Chartreuse, situé au 1 boulevard Chanoine-Kir, à Dijon.
Ce rassemblement doit permettre aux professionnels d’échanger sur leurs conditions de travail, de témoigner des difficultés rencontrées et de formuler des propositions pour améliorer l’organisation des services de nuit.
L’appel ne s’adresse d’ailleurs pas uniquement aux personnels travaillant de nuit. Les agents de jour sont également invités à participer à cette mobilisation, afin de défendre collectivement la sécurité des soins et les conditions d’exercice des professionnels de l’établissement.
À travers cette initiative, la CGT entend obtenir des garanties sur le maintien d’un encadrement de proximité et alerter sur les conséquences possibles d’une organisation nocturne reposant davantage sur les seules équipes soignantes. Reste à savoir quelle réponse la direction de l’établissement et l’ARS apporteront à ces revendications.