La cour d’appel de Dijon a confirmé, vendredi 9 octobre 2026, la relaxe du propriétaire de Violette, une chienne American Bully retrouvée morte dans le jardin familial à Clénay en octobre 2025. Poursuivi pour sévices graves ou actes de cruauté envers un animal domestique, cet homme de 61 ans échappe une nouvelle fois à une condamnation pénale. Une décision qui suscite la déception des associations de protection animale, mobilisées depuis près d’un an pour obtenir justice.
Une affaire qui avait suscité une vive émotion
L’affaire remonte à octobre 2025, dans la commune de Clénay, près de Dijon. Violette, une chienne American Bully âgée de huit ans, avait été adoptée quelques semaines auparavant auprès du refuge de Jouvence, situé à Messigny-et-Vantoux.
Le drame survient après un incident impliquant l’un des enfants de la famille, âgé de quatre ans, mordu au visage par l’animal. Le père de famille réagit alors violemment.
Selon les éléments présentés au cours de la procédure, le sexagénaire reconnaît avoir porté un coup violent à la chienne, affirmant avoir voulu protéger son enfant. Il soutient que ce coup aurait provoqué sa mort.
Les associations de défense animale dénoncent, de leur côté, des violences allant au-delà de cette réaction initiale. Violette avait notamment été retrouvée sans vie, suspendue par sa laisse dans le jardin familial. Le refuge, alerté après les faits, avait envoyé un bénévole sur place, qui avait découvert le corps de l’animal. Une plainte avait rapidement été déposée, entraînant l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Une seconde relaxe prononcée par la justice
Une première décision de relaxe avait été rendue en mars 2026 par le tribunal correctionnel de Dijon. Le parquet avait ensuite décidé de faire appel, permettant un nouvel examen du dossier.
Vendredi 9 octobre, le propriétaire de Violette comparaissait donc une nouvelle fois devant la justice pour des faits de « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique ».
Mais la cour d’appel de Dijon a confirmé la décision rendue en première instance : le prévenu est relaxé.
Lors du premier procès, les débats avaient notamment porté sur les circonstances exactes de la mort de l’animal. L’autopsie vétérinaire n’aurait pas permis d’établir précisément la cause du décès ni de mettre en évidence de traces de strangulation. Le propriétaire contestait les accusations selon lesquelles il aurait étranglé la chienne.
Cette nouvelle décision clôt donc, à ce stade, les poursuites pénales devant les juges du fond.
Des associations déçues, mais pas surprises
La confirmation de cette relaxe constitue une nouvelle déception pour les organisations de protection animale qui s’étaient constituées parties civiles.
Parmi elles figurent la Fondation Brigitte Bardot, la Fondation 30 Millions d’Amis et le refuge de Jouvence de Messigny-et-Vantoux, directement concerné puisque Violette avait été adoptée dans cet établissement. Les associations se disent « déçues mais pas surprises » par cette décision.
Depuis plusieurs mois, la Confédération nationale Défense de l’Animal dénonçait également les circonstances de la mort de Violette. Dans une communication publiée au printemps, elle avait exprimé son incompréhension face au premier jugement et salué l’appel du parquet.
Au-delà du cas de Violette, les défenseurs des animaux souhaitent attirer l’attention sur le traitement judiciaire des violences envers les animaux domestiques.
Un éventuel pourvoi en cassation
L’affaire pourrait encore connaître un prolongement judiciaire. Les parties civiles disposent, selon les informations rapportées à l’issue de la décision, d’un délai de cinq jours pour envisager un éventuel pourvoi en cassation, dans les limites des voies de recours qui leur sont ouvertes.
La Cour de cassation ne rejugerait pas les faits : son rôle serait de vérifier la bonne application du droit. Près d’un an après la découverte du corps de Violette, cette seconde relaxe laisse ainsi les associations de protection animale avec un profond sentiment de déception.