Le ministère de la Justice a dévoilé, vendredi 9 octobre, un premier bilan judiciaire des violences survenues en marge du mouvement lycéen. Au total, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très large majorité de mineurs. Plus de 2 300 individus font l’objet de poursuites judiciaires.
Le bilan judiciaire des violences urbaines survenues en marge du mouvement lycéen se précise. Dans un communiqué publié vendredi 9 octobre 2026, le ministère de la Justice fait état de 6 877 placements en garde à vue depuis le début des troubles. Parmi les personnes interpellées, 5 890 sont mineures, soit 86 % du total, contre 987 majeurs (14 %). Des chiffres arrêtés au jeudi 8 octobre à 17 heures.
Face à l’ampleur des événements, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, entend maintenir une réponse pénale ferme. Le ministre a ainsi réuni à deux reprises les 36 procureurs généraux afin de leur transmettre ses consignes, appelant notamment à une « fermeté de la réponse pénale, sans être excessive ».
Plus de 2 300 personnes poursuivies
Selon les données communiquées par la Chancellerie, 2 376 personnes font actuellement l’objet de poursuites judiciaires, dont 1 923 mineurs et 453 majeurs. Cela représente environ un mineur sur trois et près d’un majeur sur deux parmi les personnes placées en garde à vue.
Sur l’ensemble des personnes poursuivies, 1 547 ont été déférées devant la justice, dont 1 239 mineurs et 308 majeurs. Le ministère fait ainsi état d’un taux de déferrement de 65 % parmi les personnes poursuivies.
La justice a également prononcé 21 placements en détention provisoire, concernant 15 majeurs et six mineurs.
En parallèle, 1 897 mesures alternatives aux poursuites ont été mises en œuvre, principalement à l’encontre de mineurs. Ces derniers sont concernés par 1 708 mesures, contre 189 pour les majeurs. Parmi les dispositifs retenus figurent notamment les avertissements pénaux probatoires, les mesures de réparation pénale, les interdictions de paraître ou encore les travaux non rémunérés.
Les parents de mineurs et les téléphones dans le viseur
Au-delà des poursuites, le ministère de la Justice souhaite également renforcer la responsabilisation des familles. Gérald Darmanin a notamment demandé aux magistrats d’engager, dès que possible, la responsabilité civile des parents de mineurs interpellés.
Autre priorité affichée : la lutte contre la diffusion de vidéos de violences sur les réseaux sociaux. Le garde des Sceaux a donné pour instruction de généraliser la saisie des téléphones dans les affaires de « happy slapping », pratique consistant à filmer et diffuser des scènes de violences ou de dégradations, ainsi que dans les cas d’appels à des manifestations violentes effectués à l’aide d’un téléphone.
Ces orientations ont été formalisées par une dépêche de la direction des affaires criminelles et des grâces et par une circulaire ministérielle.
Des dégradations estimées à plusieurs millions d’euros
Le ministère évoque également l’importance des dommages matériels causés au cours des violences. Établissements scolaires, mobilier urbain et autres équipements publics ont subi des dégradations dont le coût de remise en état est déjà estimé à plusieurs millions d’euros, sans qu’un montant précis soit communiqué.
La Chancellerie insiste sur la nécessité de préserver le droit de manifester et l’expression des revendications lycéennes, tout en sanctionnant les actes de violence, notamment ceux visant les forces de l’ordre, les personnels de l’Éducation nationale et les personnels de justice.
Dans son communiqué, Gérald Darmanin réaffirme enfin son soutien aux magistrats, aux forces de l’ordre, aux personnels éducatifs, aux élus victimes de violences ou de menaces dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi qu’aux lycéens blessés.
Ce bilan, présenté à ce stade par le ministère de la Justice, témoigne de l’ampleur de la mobilisation judiciaire. Il met surtout en lumière la forte proportion de mineurs impliqués dans les procédures ouvertes en marge du mouvement lycéen.