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Dijon et son agglomération

À Dijon, le Parti radical rend hommage à François Patriat par la voix de Maxime Moulazadeh

Par Fabien Bauduin 12 octobre 2026

Un moment de souvenir et d’émotion a marqué le 126e congrès national du Parti radical, organisé les 10 et 11 octobre 2026 à Dijon, sous la présidence de Nathalie Delattre. Devant les militants, les élus et les personnalités politiques réunis au Parc des expositions et congrès, Maxime Moulazadeh, secrétaire général de la Fédération radicale de Côte-d’Or, a rendu un hommage appuyé à François Patriat, ancien ministre, ancien président de la région Bourgogne et sénateur de Côte-d’Or, décédé le 19 août dernier à l’âge de 83 ans. Un discours mêlant souvenirs personnels, anecdotes et reconnaissance pour une figure profondément attachée à sa terre bourguignonne.

Le Parti radical n’a pas oublié François Patriat. Alors que Dijon accueillait, ce week-end, le 126e congrès national du mouvement, un temps particulier a été consacré à la mémoire de celui qui aura marqué pendant près d’un demi-siècle la vie politique bourguignonne et nationale.

C’est Maxime Moulazadeh, secrétaire général de la Fédération radicale de Côte-d’Or, qui a pris la parole pour évoquer le parcours et la personnalité de l’ancien ministre, disparu quelques semaines auparavant.

Dès les premières phrases de son intervention, il a rappelé combien l’absence de François Patriat se faisait ressentir lors de ce rassemblement.

« Dans un congrès, il y a des présences qui nous marquent, mais il y a également des absences qui résonnent… », a-t-il déclaré.

Une manière d’introduire un hommage qui allait dépasser le seul parcours politique du défunt pour s’attacher également à l’homme, à son caractère et à son profond attachement à la Bourgogne.

« Un homme politique comme on n’en fait plus »

Pour Maxime Moulazadeh, François Patriat représentait bien davantage qu’une personnalité politique ayant occupé de hautes fonctions. « Aujourd’hui, en ce 126ème Congrès du Parti Radical à Dijon, nous saluons non seulement un homme d’État, mais un homme de cœur, un enfant du pays, un “homme politique” comme on n’en fait plus », a-t-il souligné.

Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois, dans une famille d’agriculteurs, François Patriat avait conservé toute sa vie des liens étroits avec son territoire d’origine.

Docteur vétérinaire de formation, il avait d’abord exercé auprès des éleveurs et des agriculteurs avant de se consacrer pleinement à la vie publique.

Un parcours que Maxime Moulazadeh a résumé par une formule à la fois affectueuse et imagée : « Il a soigné les bêtes avant de soigner la République. »

L’occasion également de rappeler l’une des anecdotes qui illustraient la proximité de François Patriat avec le monde rural. Pendant la campagne électorale de 1981, celui que ses proches surnommaient « Fanfan » n’hésitait pas à inscrire « Votez Fanfan » sur le flanc des vaches charolaises.

Un souvenir qui témoigne d’une manière de faire de la politique fondée sur la proximité, l’humour et le contact direct avec les habitants.

Une vie consacrée à la Bourgogne et à la République

Dans son discours, Maxime Moulazadeh est également revenu sur le parcours institutionnel de François Patriat, qui aura traversé plusieurs décennies de vie politique.

Élu conseiller général de Côte-d’Or en 1976, puis député en 1981, François Patriat s’était progressivement imposé comme une figure importante de la gauche réformiste, notamment dans les courants mendésiste et rocardien.

Il avait ensuite exercé plusieurs responsabilités gouvernementales, dont celle de ministre de l’Agriculture et de la Pêche sous Lionel Jospin.

En Bourgogne, son passage à la présidence du conseil régional, de 2004 à 2015, reste l’un des temps forts de sa carrière politique. Élu sénateur de Côte-d’Or en 2008, il avait poursuivi son engagement au Palais du Luxembourg, où il présidait le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI).

Pour Maxime Moulazadeh, ces différentes fonctions traduisaient avant tout une même volonté de servir les institutions et son territoire.

Mais l’hommage a surtout insisté sur les qualités humaines de l’ancien élu, décrit comme un homme chaleureux, accessible et profondément attaché à ses racines.

« Il était la vie, et il était la Bourgogne »

L’un des passages les plus personnels du discours a été consacré à l’identité bourguignonne de François Patriat. Maxime Moulazadeh a rappelé que l’ancien sénateur aimait se définir comme un Bourguignon « AOC », faisant référence à ses origines familiales : un père d’Époisses et une mère de Gevrey-Chambertin.

Une expression qui résumait son attachement à la région, à ses traditions et à ses habitants.

« Longtemps, nous avons cru qu’il était invincible. Longtemps, nous avons cru qu’il était immortel. Il était la vie, et il était la Bourgogne », a confié Maxime Moulazadeh.

Ces mots ont donné une dimension particulièrement intime à cet hommage, prononcé dans une ville où François Patriat avait entretenu de nombreux liens politiques et amicaux.

Une dernière rencontre à Dijon, le 13 juillet

Le moment le plus personnel du discours a sans doute été le récit de la dernière rencontre entre François Patriat et les responsables de la Fédération radicale de Côte-d’Or.

Maxime Moulazadeh a raconté l’avoir croisé une dernière fois, aux côtés de Jean-Philippe Morel, président de la fédération départementale, lors des cérémonies commémoratives et du défilé militaire du 13 juillet à Dijon.

Ce jour-là, les deux responsables radicaux avaient invité François Patriat à participer au congrès national qui devait se tenir dans la capitale bourguignonne quelques mois plus tard.

Selon le souvenir rapporté par Maxime Moulazadeh, François Patriat leur avait répondu avec enthousiasme : « Je viendrai ! Je serai là ! »

Une promesse qui, avec sa disparition survenue le 19 août, n’aura malheureusement pas pu être tenue. Ce souvenir donnait une résonance toute particulière à son absence lors du congrès.

Une dernière anecdote pleine d’humour

Malgré l’émotion, Maxime Moulazadeh a également souhaité rappeler l’humour et l’esprit de François Patriat. Lors de cette dernière rencontre, l’ancien sénateur avait partagé avec Jean-Philippe Morel et Maxime Moulazadeh l’une de ces formules dont il avait le secret, mêlant esprit bourguignon et bonne humeur.

« Dans la cave, il y a du bon vin. Le bon vin donne de la bonne humeur. La bonne humeur fait faire de bonnes actions. Les bonnes actions mènent au Paradis. Donc le chemin de la cave mène au Paradis ! »

Une anecdote qui a permis de retrouver, le temps d’un instant, la personnalité de « Fanfan », connu pour son sens de la formule et son goût des échanges chaleureux.

« C’était cela, François Patriat ! », a simplement résumé Maxime Moulazadeh.

Un hommage au-delà des sensibilités politiques

En rendant hommage à François Patriat, le Parti radical a également rappelé l’importance des liens humains qui peuvent unir des responsables politiques au-delà de leurs parcours et de leurs appartenances partisanes.

L’ancien sénateur avait traversé plusieurs étapes de la vie politique française, de son engagement à gauche jusqu’à son soutien à Emmanuel Macron, tout en conservant un fort ancrage territorial en Côte-d’Or.

Son décès, survenu le 19 août 2026 à Dijon, des suites d’un grave accident de vélo, avait suscité de nombreux hommages au sein de la classe politique.

Celui prononcé lors du congrès du Parti radical revêtait une dimension particulière, tant par sa proximité avec sa disparition que par le fait qu’il devait lui-même participer à ce rendez-vous dijonnais.

« Adieu Fanfan » : les derniers mots de Maxime Moulazadeh

C’est avec quelques mots simples et personnels que Maxime Moulazadeh a conclu son intervention devant le congrès : « Adieu Fanfan. La République perd un serviteur fidèle, le Sénat un président chaleureux, et nous tous, un ami. »

Une conclusion qui résumait le sens de cet hommage : saluer à la fois l’élu, l’homme d’État, le Bourguignon et l’ami. Au milieu des débats politiques et des réflexions consacrées à l’avenir du pays, le 126e congrès national du Parti radical aura ainsi pris le temps de se souvenir d’une personnalité qui avait profondément marqué la vie publique locale et nationale.