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Alors que les lycéens ont réussi à faire descendre plusieurs milliers de personnes dans les rues de Dijon, les organisations syndicales de l’Éducation nationale affichent des résultats bien plus modestes dans leurs propres rangs. Le 8 octobre, seuls 0,08 % des personnels de l’académie de Dijon étaient grévistes. Malgré ce chiffre particulièrement faible, six syndicats appellent à une nouvelle journée de grève le mardi 13 octobre. Une situation paradoxale qui soulève une question : les syndicats sont-ils encore capables de mobiliser par eux-mêmes ou s’appuient-ils désormais sur la dynamique créée par les lycéens ?

Des chiffres difficiles à ignorer

Il y a des réalités qui méritent d’être dites, même lorsqu’elles dérangent. Celle du 8 octobre 2026 en fait partie. Selon les chiffres officiels communiqués par le rectorat de Dijon, la participation au mouvement de grève a été extrêmement faible dans l’académie : 0,08 % pour l’ensemble des personnels et 0,10 % chez les enseignants.

Dans le détail, le taux de grévistes était estimé à 0 % dans les écoles, 0,2 % dans les collèges, 0,25 % dans les lycées généraux et technologiques et 0,89 % dans les lycées professionnels.

Des résultats qui contrastent fortement avec l’image d’une communauté éducative largement mobilisée. À l’échelle nationale, la participation n’était guère plus élevée, avec 0,82 % de grévistes parmi l’ensemble des personnels.

Ces données ne disent pas tout du mécontentement qui peut exister dans les établissements. Elles révèlent toutefois une difficulté majeure : les appels syndicaux à la grève ne se traduisent pas, pour l’heure, par une mobilisation significative des personnels.

Une dynamique portée avant tout par les lycéens

Le contraste est d’autant plus frappant que les lycéens, eux, ont réussi à donner une véritable visibilité à leurs revendications. Le 6 octobre, quelque 3 000 personnes ont participé à la manifestation dijonnaise, selon les chiffres avancés par l’intersyndicale. Les organisations reconnaissent elles-mêmes que les jeunes constituaient la majorité du cortège.

Les revendications exprimées sont pourtant loin de concerner uniquement les élèves : manque d’enseignants et de personnels éducatifs, classes surchargées, conditions d’apprentissage dégradées, emplois du temps trop lourds ou encore inégalités liées à Parcoursup.

Autant de sujets qui touchent également les enseignants, les personnels administratifs et l’ensemble de la communauté éducative.

C’est précisément ce qui rend la situation singulière. Les lycéens parviennent à fédérer autour de problématiques communes à tout le système éducatif, là où les organisations syndicales rencontrent de réelles difficultés à entraîner les personnels dans la grève.

Les syndicats prennent le train en marche

Le samedi 10 octobre, six organisations ont annoncé un nouvel appel à la grève pour le mardi 13 octobre : la CGT Éduc’Action Côte-d’Or, la FNEC FP-FO, SUD éducation 21-71, la FSU Côte-d’Or, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bourgogne et l’UNSA Éducation Côte-d’Or.

Dans leur communiqué commun, elles saluent la détermination des lycéens et invitent les personnels à rejoindre leur mobilisation. Mais à la lecture des chiffres du 8 octobre, difficile de ne pas y voir une situation pour le moins singulière : les syndicats semblent désormais prendre le train en marche d’un mouvement dont la dynamique repose essentiellement sur les lycéens.

L’image est parlante. Alors que leurs propres appels à la grève n’ont mobilisé qu’une infime partie des personnels, les organisations syndicales trouvent dans la contestation lycéenne une dynamique collective à laquelle s’associer.

Le soutien peut être légitime, puisque les revendications sont largement partagées. Mais il sert aussi les intérêts d’organisations qui cherchent à construire un rapport de force face à l’institution.

Une question demeure alors : les syndicats seraient-ils en mesure de donner la même visibilité à leurs revendications sans la mobilisation des lycéens ?

Rien ne permet d’affirmer que leur démarche relève d’une volonté délibérée de récupération. Il n’en reste pas moins que les élèves occupent aujourd’hui une place déterminante dans la contestation, et que les organisations syndicales bénéficient de cet élan. Prendre le train en marche n’est pas condamnable en soi. Encore faut-il ne pas laisser croire que l’on en est la locomotive.

Le 13 octobre, un véritable test pour l’intersyndicale

La prochaine journée d’action sera particulièrement révélatrice. L’intersyndicale prévoit une assemblée générale à 10 heures à la Bourse du travail, puis un rassemblement devant le rectorat de Dijon à 14 heures, avant un défilé jusqu’à la place Wilson.

Pour les organisations syndicales, l’enjeu sera d’élargir la contestation au-delà des lycéens et de convaincre les personnels de s’engager dans la grève.

Certes, le nombre de manifestants et le taux de grévistes ne mesurent pas la même réalité. Mais le contraste entre les cortèges majoritairement composés de jeunes et la participation extrêmement faible des personnels mérite d’être souligné.

La question n’est donc pas de savoir si les syndicats ont raison de soutenir les lycéens, mais s’ils sont capables de mobiliser largement ceux qu’ils représentent.

Les élèves ont montré leur détermination à défendre leurs conditions d’études et leur avenir. Les organisations syndicales, elles, doivent désormais démontrer qu’elles peuvent transformer leur soutien en une mobilisation effective des personnels.

Car derrière les communiqués unitaires et les nouveaux appels à manifester, une réalité demeure : le 8 octobre, la participation à la grève dans les établissements de l’académie de Dijon était presque inexistante.

Le 13 octobre permettra de voir si les syndicats parviennent à élargir réellement le mouvement.

Et surtout, de répondre à une question : les organisations syndicales réussiront-elles à entraîner leurs propres rangs ou continueront-elles de compter sur les lycéens pour faire avancer des revendications qui concernent pourtant toute la communauté éducative ?

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