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Plan social chez Ebra : Catherine Hervieu appelle à préserver les emplois et à garantir le pluralisme de la presse

Par Bernard .D 15 octobre 2026

Face au projet de suppression de centaines de postes au sein du groupe Ebra, Catherine Hervieu apporte son soutien aux salariés des neuf quotidiens régionaux, dont Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire. Elle alerte sur les conséquences du recours croissant à l’intelligence artificielle pour la qualité et l’indépendance de l’information locale. Alors que les négociations doivent s’achever le 2 novembre, Catherine Hervieu appelle le groupe Ebra et son actionnaire, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, à préserver les métiers du journalisme et rappelle que les aides publiques à la presse doivent avant tout servir le pluralisme des médias. Retrouvez ci-dessous son communiqué de presse du 15 octobre 2026, dans son intégralité.

Communiqué de presse du 15 octobre 2026 de Catherine Hervieu :

Plan social chez Ebra : l’argent public doit servir le pluralisme, et la qualité de l’information

Vendredi 9 octobre, les salarié·es des neuf quotidiens du groupe Ebra, dont Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire, ont fait grève. Ils dénoncent un plan de départs pouvant toucher jusqu’à 400 postes, et le recours croissant à l’intelligence artificielle (IA) pour relire et mettre en page les articles.

J’apporte mon soutien aux salariées et salariés du groupe dont l’emploi est menacé, et en particulier à celles et ceux qui, en contrat à durée déterminée ou à la pige, vivent déjà dans la précarité.

Dans le même temps, l’actionnaire du groupe, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, a réalisé un bénéfice net de 4,2 milliards d’euros en 2025. Le groupe Ebra, quant à lui, a perçu plus de 9 millions d’euros d’aides publiques à la presse en 2024. Les difficultés économiques de la presse quotidienne régionale sont réelles, et personne ne les nie. Mais supprimer des emplois tout en recourant à l’IA pour la relecture, au prétexte de sauver l’information locale, c’est se couper de ce qui la fait vivre.

Avec ces emplois menacés, c’est la qualité et la diversité de notre information qui sont en jeu. Dans nos territoires, des correspondantes et correspondants locaux relatent les manifestations et fêtes locales comme les évènements culturels et associatifs, les conseils municipaux comme les ouvertures de commerces. Des journalistes relisent, vérifient et hiérarchisent leurs articles avant leur publication. Aucune machine ne produira cette information de proximité à leur place ; aucune IA ne pourra conduire des entretiens qualitatifs avec les habitants et les acteurs de la vie publique, associative ou économique, constituant la base de cette information.

Les capacités et le périmètre de ces outils automatisés, fondés sur des algorithmes, contribuent à l’uniformisation des contenus, au détriment de l’un des fondements du journalisme, l’indépendance de la presse. Le recours à l’IA est ainsi susceptible de fragiliser cette indépendance.

Alors que les négociations entre la direction et les représentants du personnel doivent s’achever le 2 novembre, je demande au groupe Ebra et au Crédit Mutuel de préserver les métiers qui garantissent une information vérifiée. Je demande également que le groupe Ebra aille au-delà de son engagement de 2024 à signaler les contenus produits par une IA, en mentionnant toute relecture ou réécriture effectuée par l’IA, en toute transparence pour les lectrices et lecteurs.

Les aides publiques à la presse depuis 1945 ont un sens : elles ne sont pas dédiées à accompagner une automatisation qui appauvrit l’information fragilisant encore plus le modèle économique. Elles ont été créées pour garantir le pluralisme des médias, une des conditions majeures de la démocratie.