Combien seront-ils demain dans les rues de France ? Quelques milliers, plusieurs dizaines de milliers, davantage encore ? Ce vendredi 16 octobre 2026, à 17 heures, personne ne peut véritablement répondre à cette question. Pas même les Gilets jaunes eux-mêmes. Et c’est précisément cette incertitude qui complique la tâche des autorités, à quelques heures d’une journée de mobilisation qui pourrait réserver bien des surprises.
Le jaune va-t-il de nouveau envahir les rues de France ? Huit ans après l’émergence du mouvement des Gilets jaunes, la colère sociale semble chercher un nouveau souffle. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se multiplient. Pouvoir d’achat, salaires, vie chère, mécontentement politique : les raisons de descendre dans la rue sont nombreuses et les revendications diverses.
Mais derrière cette agitation, une inconnue demeure : quelle sera réellement l’ampleur de la mobilisation ?
Car entre les appels lancés sur Internet et le nombre de manifestants qui répondront effectivement présents, il existe parfois un fossé. Demain, ce sont les rues, les places et les cortèges qui apporteront les premières réponses.
Jusqu’à 110 000 manifestants attendus en province
Du côté des services de renseignement, la journée du samedi 17 octobre est prise très au sérieux. Selon une note de la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT), datée du 15 octobre et révélée par RTL, entre 60 000 et 110 000 manifestants pourraient se mobiliser en province, sans compter Paris.
Une fourchette particulièrement large, qui illustre toute la difficulté d’anticiper un mouvement aux contours encore incertains.
Les renseignements territoriaux évoquent une mobilisation mêlant plusieurs sensibilités : Gilets jaunes, lycéens, étudiants, militants syndicaux et groupes plus radicaux. Des profils différents, des revendications parfois éloignées, mais une même volonté affichée de faire entendre leur mécontentement.
Cette diversité pourrait constituer l’une des particularités de cette journée. Elle rend également plus difficile toute estimation précise de la participation.
Des débordements redoutés dans plusieurs grandes villes
Au-delà du nombre de manifestants, c’est surtout le déroulement de la journée qui préoccupe les autorités. Les services de renseignement envisagent la possibilité d’actions spontanées, difficiles à anticiper, ainsi que des violences en marge de certains rassemblements.
La présence éventuelle de militants de l’ultragauche constitue notamment un point de vigilance. Les renseignements évoquent un vivier national estimé à environ 5 000 militants susceptibles, pour certains, de participer à des actions offensives visant les forces de l’ordre ou des symboles institutionnels et économiques.
Cela ne signifie évidemment pas que ces 5 000 personnes seront présentes demain, ni que l’ensemble des cortèges connaîtra des incidents.
Les grandes agglomérations figurent parmi les principales zones de vigilance. Hors Paris, les estimations évoquées font notamment état de 5 000 manifestants à Marseille, 6 500 à Montpellier, 9 000 à Toulouse et 5 000 à Lyon.
Des chiffres qui restent, à cette heure, des prévisions. Rien ne permet encore de savoir s’ils seront atteints, dépassés ou finalement revus à la baisse.
En Côte-d’Or, Dijon face à la même inconnue
Et à Dijon ? La question se pose également. Un rassemblement est annoncé ce samedi 17 octobre, à 14 heures, place de la République. Lancé dans le sillage des appels des Gilets jaunes, il bénéficie notamment du soutien de Solidaires 21 et de la CGT.
D’autres initiatives circulent également pour Dijon et plusieurs communes de l’agglomération, notamment autour de ronds-points et d’axes routiers.
Mais à cette heure, impossible de déterminer combien de personnes participeront réellement à ces différentes actions, ni si tous les rendez-vous annoncés seront effectivement suivis.
Autre élément notable : la préfecture de la Côte-d’Or a annoncé le report de la Journée de la résilience, qui devait justement se tenir samedi sur la place de la République. Une décision prise dans un contexte de mobilisation, même si les services de l’État n’ont pas officiellement précisé les raisons de ce report.
Samedi, l’heure de vérité
Reste désormais à savoir si cette journée marquera un véritable retour des Gilets jaunes sur le devant de la scène sociale ou si la mobilisation restera en deçà des attentes de ses organisateurs.
Une chose est certaine : les appels se sont multipliés, les services de renseignement ont renforcé leur vigilance et les autorités se préparent à une journée dont le déroulement reste difficile à prévoir.
Une journée jaune qui pourrait-elle virer au noir ? Rien ne permet de l’affirmer ce vendredi soir. Mais entre la colère exprimée sur les réseaux sociaux, les appels à manifester et les inquiétudes autour du maintien de l’ordre, tous les regards se tournent désormais vers ce samedi 17 octobre.
À Dijon comme ailleurs, une seule question demeure : combien seront-ils demain dans la rue ?