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Dijon et Chenôve : la préfecture interdit temporairement les artifices et la vente de carburant en bidon face aux risques de violences urbaines

Par Fabien Bauduin 17 octobre 2026

Face à la crainte de nouveaux débordements et à la convergence annoncée de plusieurs mouvements contestataires ce samedi 17 octobre, la préfecture de la Côte-d’Or prend des mesures exceptionnelles à Dijon et Chenôve. Un arrêté publié vendredi interdit temporairement certains articles pyrotechniques ainsi que la vente de carburant dans des récipients transportables. Les autorités redoutent notamment des tirs de mortiers d’artifice, des incendies et des affrontements avec les forces de l’ordre.

La préfecture de la Côte-d’Or renforce ses mesures de prévention face aux risques de troubles à l’ordre public. Dans un arrêté préfectoral daté du vendredi 16 octobre 2026 et publié le même jour au recueil des actes administratifs, les services de l’État annoncent plusieurs restrictions applicables ce samedi 17 octobre, de 8 heures à 22 heures, sur l’ensemble des communes de Dijon et Chenôve.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions marqué par plusieurs épisodes de violences urbaines aux abords d’établissements scolaires. Les autorités craignent que la journée de samedi ne donne lieu à de nouveaux incidents, alors que plusieurs mouvements contestataires pourraient se retrouver dans les deux communes de l’agglomération dijonnaise.

Selon l’arrêté préfectoral, des « actions et initiatives revendicatives » sont susceptibles de se dérouler au cours de cette journée, dans un contexte de convergence entre différents groupes. La préfecture évoque notamment la présence possible de militants historiques du mouvement des « gilets jaunes », de groupes contestataires de diverses sensibilités, mais également de participants au mouvement lycéen et étudiant en cours. Cette mobilisation pourrait, selon les services de l’État, réunir un nombre important de manifestants.

Des violences récentes aux abords des établissements scolaires

Pour justifier ces restrictions, la préfecture revient sur les événements survenus ces derniers jours autour de plusieurs établissements scolaires. Des rassemblements auraient été émaillés de violences urbaines, notamment de tirs de mortiers d’artifice et de jets de projectiles en direction des forces de l’ordre.

Le document officiel fait également état de nombreuses dégradations, parmi lesquelles des incendies de conteneurs à poubelles. Face à ces incidents, les policiers ont été contraints, selon la préfecture, d’utiliser des moyens lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Ces événements conduisent les autorités à redouter une nouvelle dégradation de la situation lors des rassemblements envisagés samedi. La préfecture estime que les circonstances locales présentent un risque élevé de troubles graves à l’ordre public, justifiant la mise en place de mesures temporaires sur les territoires de Dijon et Chenôve.

Les services de l’État soulignent également que les forces de sécurité intérieure restent fortement mobilisées dans le cadre du plan Vigipirate, mentionné dans l’arrêté au niveau « Vigilance renforcée ». Cette mobilisation, associée au niveau élevé de la menace terroriste évoqué par les autorités, impose selon elles une vigilance particulière autour des rassemblements et des lieux accueillant un public nombreux.

Mortiers d’artifice et produits pyrotechniques dans le viseur

L’une des principales dispositions concerne les artifices de divertissement et certains articles pyrotechniques. Ce samedi 17 octobre, entre 8 heures et 22 heures, leur achat et leur vente sont interdits à Dijon et Chenôve pour les catégories F2 et F3 figurant sur la liste réglementaire visée par l’arrêté, ainsi que pour les articles pyrotechniques des catégories P1 et P2.

Le texte interdit également la détention, le transport et l’utilisation de ces produits sur la voie publique ou en direction de l’espace public. L’objectif affiché est d’empêcher leur utilisation détournée lors d’éventuels affrontements.

La préfecture rappelle que les mortiers d’artifice peuvent être utilisés comme projectiles contre les forces de l’ordre et provoquer des blessures graves, notamment des brûlures et des traumatismes auditifs. Les autorités soulignent également que certains produits pyrotechniques peuvent servir à déclencher des incendies ou à favoriser la propagation des flammes lors de dégradations de véhicules, de mobilier urbain ou de bâtiments publics.

Au-delà du risque de blessures, l’utilisation inappropriée de ces artifices sur la voie publique est aussi susceptible, selon le document, de provoquer des mouvements de panique et de mobiliser inutilement les services de sécurité. La préfecture estime notamment que les détonations peuvent masquer des coups de feu et compliquer l’identification d’une attaque réelle.

Les autorités évoquent enfin les conséquences potentielles sur les services hospitaliers, déjà confrontés, selon l’arrêté, à une situation de forte tension. L’arrivée de personnes blessées par des engins pyrotechniques pourrait accentuer les difficultés d’accès aux soins.

La vente de carburant en bidon également restreinte

L’arrêté prévoit une deuxième mesure importante concernant la distribution de carburants et de combustibles. Pendant la même période, la distribution, la vente à emporter et l’achat de carburant dans tout récipient transportable sont interdits sur les deux communes.

La vente à la pompe de combustible domestique est également concernée. Des exceptions restent toutefois possibles lorsqu’un client peut justifier d’une nécessité particulière. Cette justification pourra, si besoin, être vérifiée avec le concours des services de police ou de gendarmerie.

Cette disposition vise à prévenir l’utilisation de carburant pour commettre des incendies volontaires. Dans son arrêté, la préfecture considère que la présence de produits inflammables dans des récipients transportables peut faciliter des actes portant atteinte à la sécurité des personnes et des biens.

La mesure ne constitue donc pas une interdiction générale de faire le plein de son véhicule. Elle cible notamment l’achat et la vente de carburant destiné à être emporté dans des contenants mobiles, comme des bidons, afin d’en limiter un éventuel usage détourné.

Des dérogations pour les spectacles pyrotechniques autorisés

Malgré ces restrictions, le texte prévoit plusieurs dérogations. Les professionnels et personnes pouvant justifier de l’utilisation de produits pyrotechniques dans le cadre d’un spectacle pyrotechnique peuvent bénéficier d’exceptions prévues par l’arrêté.

Les personnes participant à un feu d’artifice préalablement déclaré ou autorisé par le maire de la commune peuvent également bénéficier de dérogations pour certaines catégories d’artifices et d’articles pyrotechniques.

Ces exceptions visent à distinguer les utilisations encadrées et autorisées des usages susceptibles de présenter un risque pour l’ordre public. Les infractions aux dispositions de l’arrêté pourront être sanctionnées conformément aux textes du code pénal auxquels il renvoie.

Une journée placée sous surveillance à Dijon et Chenôve

À travers ces mesures, la préfecture entend limiter les risques d’affrontements et de dégradations en amont des rassemblements susceptibles de se tenir samedi. Les restrictions portent sur l’ensemble des territoires communaux de Dijon et Chenôve, et non uniquement sur les secteurs où des incidents ont été signalés.

L’arrêté, pris au nom de la préfète de la Côte-d’Or, Violaine Démaret, a été signé par délégation par Magalie Malerba, sous-préfète et secrétaire générale adjointe de la préfecture. Son exécution relève notamment des services préfectoraux et de la direction interdépartementale de la police nationale de la Côte-d’Or.

Ces mesures préventives ne signifient pas que des affrontements auront nécessairement lieu. Elles traduisent toutefois l’inquiétude des autorités face à une journée durant laquelle plusieurs mobilisations pourraient se rejoindre, sur fond de violences récentes aux abords des établissements scolaires.

Pour ce samedi 17 octobre, la préfecture a donc choisi d’agir en amont en restreignant temporairement l’accès à certains produits susceptibles d’être utilisés lors de violences urbaines. Les interdictions prévues par l’arrêté s’appliquent de 8 heures à 22 heures, avec pour objectif affiché de prévenir de nouveaux troubles à l’ordre public dans l’agglomération dijonnaise.

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