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Dijon : plusieurs dizaines de personnes réunies à la mairie pour défendre la République, un rassemblement marqué par des protestations

Par Fabien Bauduin 19 octobre 2026

À l’appel de l’Association des maires de France, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées ce lundi 19 octobre, à midi, dans la cour de l’hôtel de ville de Dijon, pour condamner les violences survenues samedi en marge des manifestations contre la vie chère. En présence de nombreux élus, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a prononcé un discours appelant à défendre les institutions républicaines tout en rappelant le droit de manifester. Un rassemblement qui a également été marqué par des protestations de plusieurs personnes dénonçant les violences policières.

Plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l’appel de l’Association des maires de France, ce lundi 19 octobre, à midi, dans la cour de la mairie de Dijon. Ce rassemblement républicain était organisé après les violences survenues samedi 17 octobre dans plusieurs villes françaises, notamment à Dijon, en marge des manifestations contre la vie chère. L’objectif était d’exprimer la solidarité des élus et des habitants envers les communes, les commerçants et les agents publics touchés par ces événements.

De nombreuses personnalités politiques locales avaient fait le déplacement. François Rebsamen, président de Dijon Métropole, et François Sauvadet, président du conseil départemental de la Côte-d’Or, étaient notamment présents. Du côté de la majorité municipale dijonnaise, Hamid El Hassouni, Franck Lehenoff, Jean-Philippe Morel et Benoît Bordat figuraient parmi les élus rassemblés. Plusieurs représentants de l’opposition municipale avaient également répondu présent, parmi lesquels Emmanuel Bichot, Franck Ayache, Axel Sibert, Laurence Gerbet et Henri-Bénigne de Vregille. Antoine Camus et Mélanie Fortier assistaient eux aussi à ce rassemblement.

Deux députées de Côte-d’Or avaient également fait le déplacement : Océane Godard, députée de la première circonscription, membre du groupe Socialistes et apparentés, et Catherine Hervieu, députée de la deuxième circonscription, membre du groupe Écologiste et Social.

Face aux personnes réunies dans la cour de l’hôtel de ville, Nathalie Koenders a prononcé un discours relativement court, mais consacré à plusieurs enjeux : la condamnation des violences, la défense du droit de manifester, le soutien aux forces de l’ordre et les interrogations sur les dispositifs de maintien de l’ordre.

La maire de Dijon a d’abord tenu à rappeler l’ampleur des mobilisations de samedi et la légitimité des revendications exprimées par les manifestants. « Samedi, des centaines de milliers de Français se sont rassemblés partout dans le pays pour exprimer leur colère. Une colère légitime, nourrie par des inquiétudes profondes et des revendications qui méritent d’être entendues. L’immense majorité d’entre eux a manifesté dans le calme, comme le permet notre démocratie. »

Elle a ensuite regretté que les violences commises en marge de ces rassemblements aient éclipsé les revendications des manifestants. « Malheureusement, les violences d’une minorité ont relégué au second plan ces revendications. Ces violences ont causé des dégâts considérables. Des commerces ont été pillés et saccagés, des bâtiments publics attaqués : la mairie et le commissariat de police municipale de Marseille, la mairie de Lille, la résidence de la Préfète de Gironde jusqu’à l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges et de l’office de tourisme de Lyon. »

Nathalie Koenders a également souhaité adresser un message de solidarité aux victimes des dégradations et aux collectivités touchées. « Je veux exprimer toute ma solidarité avec les victimes de ces violences, les commerçants, les habitants et les villes touchées. »

Poursuivant son intervention, la maire de Dijon a fermement condamné les actes commis contre les commerces et les bâtiments publics, estimant que ces violences dépassaient la seule question des dégâts matériels. « Ces actes sont intolérables et rien, absolument rien, ne peut les justifier. Au-delà des destructions matérielles, ils portent atteinte à ce qui fonde notre vie en société : le respect des personnes, des libertés et de nos institutions démocratiques. La violence ne peut jamais se substituer au débat démocratique, ni devenir un moyen d’imposer ses idées. C’est la République elle-même que nous devons défendre face à ceux qui prétendent faire de la violence un mode d’expression politique. »

Revenant plus particulièrement sur la situation à Dijon, où des incidents ont également été constatés samedi, Nathalie Koenders a tenu à remercier les forces de l’ordre ainsi que les agents municipaux mobilisés. « À Dijon, je tiens à remercier les forces de l’ordre, policiers nationaux et municipaux, ainsi que l’ensemble des agents mobilisés. Leur engagement a permis de contenir les dégradations, de protéger les personnes et les biens et de remettre rapidement la ville en état. »

La maire a toutefois soulevé la question des moyens déployés pour assurer le maintien de l’ordre face à l’ampleur des violences constatées dans plusieurs villes du pays. Sans remettre en cause l’engagement des forces de sécurité, elle a estimé qu’une réflexion devait être engagée au niveau de l’État. « Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger. Dans de nombreuses villes de France, les dispositifs de maintien de l’ordre n’ont manifestement pas permis de faire face à l’ampleur des violences. La question de leur dimensionnement doit être posée, sans polémique, mais avec lucidité. Il appartient à l’État d’y apporter des réponses. »

Dans la dernière partie de son discours, Nathalie Koenders a insisté sur la nécessité de concilier la liberté de manifester et le maintien de l’ordre public, deux principes qu’elle juge indissociables dans une démocratie. « Nous n’avons pas à choisir entre le respect du droit de manifester et la défense de l’ordre républicain. L’un comme l’autre sont indispensables à notre démocratie. La République doit garantir à chacun la liberté d’exprimer sa colère, mais elle doit aussi protéger les citoyens et faire respecter la loi. C’est à cette double exigence qu’elle doit répondre, sans faiblesse et sans renoncement. »

La maire de Dijon a conclu son intervention par ces mots : « C’est dans cet esprit que nous sommes réunis aujourd’hui ».

Mais ce rassemblement républicain n’a pas fait l’unanimité. Alors que les élus et les participants étaient réunis dans la cour de l’hôtel de ville, plusieurs personnes ont manifesté leur désaccord avec cette initiative. Un homme a notamment pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme une mise au second plan des violences policières et de la situation sociale.

« Je trouve ça abject qu’on vienne pour pleurer des vitrines. On parle d’une violence profonde. Il y a une violence dont il faut parler. Cette cérémonie est une mascarade, un détournement. Il y a une violence profonde des forces de l’ordre et des manifestants. Les deux vont de pair. Ce sont des conséquences de la violence de l’État. La casse matérielle, ce n’est rien. On parle de 8 000 arrestations, c’est énorme. »

Des propos qui ont contrasté avec le message porté par les élus présents. Quelques autres personnes, munies de pancartes, ont également exprimé à haute voix leur opposition à ce rassemblement. Les protestataires ont finalement été conduits à l’extérieur de la cour de la mairie par les services de police.

Nathalie Koenders est ensuite allée à leur rencontre pour échanger directement avec eux. Une discussion intervenue après ce rassemblement consacré à la défense des institutions républicaines, mais au cours duquel se sont également exprimées les tensions liées aux manifestations et aux événements du week-end.