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Dijon : après la concertation, quel avenir pour les rues Auguste-Comte et Jean-Jacques-Rousseau ?

Par Fabien Bauduin 21 octobre 2026

Le projet de transformation du secteur des Halles Champeaux se précise. Après une concertation ayant recueilli plus de 100 contributions, la Ville de Dijon a décidé de maintenir la circulation automobile rue Jean-Jacques-Rousseau, tout en poursuivant son ambition de piétonniser la rue Auguste-Comte et les abords des Halles. Un chantier d’envergure qui modifiera les habitudes de circulation et de stationnement dans ce secteur du centre-ville.

C’est une nouvelle étape dans la transformation du centre historique de Dijon. La municipalité a arrêté les grandes orientations de son projet de requalification des rues Auguste-Comte et Jean-Jacques-Rousseau, ainsi que des abords des Halles Champeaux.

L’objectif affiché est de redonner davantage de place aux piétons, aux cyclistes et à la végétation, tout en préservant l’accessibilité du centre-ville et l’activité de ses commerces.

Plus de 100 contributions pour départager deux scénarios

Avant de trancher, la Ville de Dijon avait engagé au mois de juin 2026 une concertation auprès des habitants et des commerçants. Deux réunions publiques se sont tenues les 15 et 16 juin à la salle de Flore, au palais des Ducs, suivies d’une permanence le 24 juin à La Ferronnerie, rue Auguste-Comte.

Au total, plus de 100 contributions ont été recueillies. Les services municipaux les ont étudiées durant l’été pour adapter le projet aux attentes exprimées, mais aussi aux contraintes techniques et financières.

La principale interrogation portait sur l’avenir de la circulation automobile rue Jean-Jacques-Rousseau. Deux scénarios étaient proposés : l’un conservant la possibilité de traverser le secteur du nord vers le sud, l’autre visant à limiter ce trafic de transit en privilégiant la desserte locale.

C’est finalement le premier scénario qui a été retenu, conformément à la préférence exprimée dans la majorité des contributions.

La rue Jean-Jacques-Rousseau restera ouverte aux voitures

La rue Jean-Jacques-Rousseau conservera donc sa circulation automobile, mais celle-ci sera organisée en sens unique descendant, depuis le secteur de la place de la République.

Ce choix doit permettre de maintenir une traversée du centre-ville vers le secteur Saint-Michel, tout en réorganisant les déplacements.

La rue doit également bénéficier d’une transformation de son espace public. Lors de la présentation initiale, la municipalité avait notamment évoqué l’élargissement des trottoirs, des aménagements cyclables, dont un itinéraire à contresens, et de nouveaux espaces végétalisés.

L’enjeu est de rendre les déplacements plus sûrs et plus confortables pour les piétons et les cyclistes, dans une rue aujourd’hui largement occupée par la circulation et le stationnement.

La rue Auguste-Comte et les abords des Halles réservés aux piétons

L’autre grande évolution concerne la rue Auguste-Comte et les abords des Halles Champeaux, appelés à devenir piétons. Le projet présenté en juin prévoyait également d’intégrer le haut de la rue Lamonnoye et de travailler sur les continuités piétonnes avec plusieurs rues voisines, notamment les rues Verrerie et Chaudronnerie.

Dans les futurs espaces piétonnisés, les accès nécessaires aux riverains, aux services de secours et aux livraisons devraient être préservés grâce à des dispositifs de contrôle.

Cette transformation doit permettre de créer des espaces de promenade et de convivialité, tout en renforçant l’attractivité des commerces du quartier.

Le stationnement, un sujet sensible

La question du stationnement figure parmi les principales préoccupations soulevées pendant la concertation. Lors de la présentation du projet en juin, la municipalité avait indiqué qu’environ 320 places existaient dans le périmètre étudié. Entre 240 et 250 devaient être conservées à l’issue des aménagements, soit une diminution de l’ordre de 70 à 80 places.

Les suppressions concerneraient principalement les secteurs destinés à devenir piétons, notamment les abords des Halles Champeaux.

Dans les rues restant accessibles aux voitures, la Ville entend préserver autant que possible le stationnement, les emplacements réservés aux personnes à mobilité réduite et les espaces de livraison.

Ces changements devraient néanmoins modifier les habitudes de certains automobilistes et riverains, dans un secteur où la recherche de stationnement constitue déjà une difficulté pour une partie des habitants.

Davantage d’arbres et de végétation pour lutter contre la chaleur

Au-delà des déplacements, la municipalité souhaite profiter de cette requalification pour adapter le quartier aux effets du changement climatique.

De nouvelles plantations et des espaces végétalisés sont envisagés, en fonction des possibilités offertes par les réseaux souterrains. La désimperméabilisation de certains sols doit également favoriser l’infiltration des eaux de pluie et contribuer à réduire les îlots de chaleur.

La Ville souhaite associer les riverains et les commerçants à cette démarche, notamment à travers le dispositif « À Dijon, on sème », qui permet aux habitants de participer à la végétalisation de leur quartier.

Un chantier de plusieurs millions d’euros

Le coût de l’opération avait été évalué à environ 4 millions d’euros lors de sa présentation en juin 2026. À cette période, le démarrage des travaux était envisagé à la mi-2027. Ce calendrier reste prévisionnel et devra être confirmé à mesure que le projet avancera.

La municipalité avait également annoncé sa volonté d’accompagner les commerçants et les habitants pendant les travaux, avec le maintien des accès piétons et une prise en compte des contraintes liées aux livraisons ou aux garages privés.

Un nouveau visage pour le nord du centre-ville

Avec cette opération, Dijon poursuit la transformation de son cœur historique, entre piétonnisation, mobilités douces et adaptation au changement climatique.

Le choix de maintenir la circulation rue Jean-Jacques-Rousseau traduit aussi la volonté de concilier des attentes parfois différentes : celles des habitants souhaitant davantage de tranquillité, des commerçants soucieux de leur accessibilité et des automobilistes attachés à la possibilité de traverser le centre-ville.

Si les grandes orientations sont désormais arrêtées, leur traduction concrète et les conditions de réalisation du chantier resteront des points importants pour les riverains et les professionnels du secteur.