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Dijon et son agglomération

Manifestation des Gilets jaunes : vers une interdiction du rassemblement prévu samedi 24 octobre à Dijon ?

Par Fabien Bauduin 21 octobre 2026

Quelques jours après les violences et les dégradations survenues dans le centre-ville de Dijon, la tenue d’une nouvelle manifestation, prévue samedi 24 octobre 2026, apparaît incertaine. Deux points de rassemblement sont annoncés à 14 heures, l’un place de la Libération et l’autre place de la République. Alors qu’aucune déclaration n’aurait, pour le moment, été déposée en préfecture, les nouvelles consignes du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pourraient conduire les autorités à interdire tout ou partie de ces rassemblements.

La mobilisation sociale prévue samedi 24 octobre à Dijon pourra-t-elle se tenir ? La question se pose avec une acuité particulière après les incidents qui ont marqué la manifestation du 17 octobre. Ce jour-là, entre 4 000 et 5 000 personnes, selon la préfecture de la Côte-d’Or, avaient défilé dans les rues de la capitale bourguignonne pour dénoncer la vie chère et défendre les services publics.

Si la mobilisation s’était déroulée en grande partie dans le calme, il faut le souligner, des affrontements avaient toutefois éclaté entre certains individus et les forces de l’ordre, donnant lieu à des tirs de gaz lacrymogènes. Du mobilier urbain avait été dégradé et plusieurs vitrines brisées, notamment rue de la Liberté et dans d’autres rues du centre-ville. Trois personnes avaient été prises en charge par les secours.

Malgré les violences et les dégradations survenues le week-end dernier, de nouveaux appels à manifester circulent pour ce samedi 24 octobre à Dijon. Deux points de rassemblement sont annoncés, tous deux à 14 heures : l’un place de la Libération, au cœur du centre-ville, et l’autre place de la République. Cette double mobilisation pourrait compliquer la mise en place du dispositif de sécurité, dans un contexte déjà particulièrement tendu. D’autant qu’à ce stade, aucune déclaration préalable n’aurait été déposée auprès des services de la préfecture de la Côte-d’Or, comme cela aurait déjà été le cas lors de la manifestation du 17 octobre.

Le choix de la place de la Libération comme lieu de rassemblement devrait particulièrement retenir l’attention des autorités. Située au cœur du centre historique de Dijon, face à l’hôtel de ville et à proximité immédiate des principales artères commerçantes, cette place représente un secteur particulièrement sensible en cas de débordements. Après les violences et les dégradations survenues samedi dernier, la perspective d’une nouvelle mobilisation dans ce périmètre suscite, selon nos informations, de vives préoccupations au sein de la préfecture. Celles-ci portent notamment sur la sécurité des personnes, la protection des commerces et la préservation des bâtiments publics.

À ces interrogations locales s’ajoutent les annonces faites ce mardi 20 octobre à l’Assemblée nationale. Lors des questions au gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un dispositif de sécurité « massif » pour les manifestations prévues samedi 24 octobre. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué vouloir renforcer les moyens engagés et revoir les méthodes d’intervention des forces de l’ordre afin d’éviter la répétition des violences observées le week-end précédent.

Le gouvernement envisage notamment d’interdire les manifestations non déclarées susceptibles d’entraîner des troubles à l’ordre public. Laurent Nuñez a également adressé, dès lundi 19 octobre, des instructions aux préfets leur demandant de prendre les mesures nécessaires pour prévenir de nouveaux débordements, y compris par des interdictions de manifestations lorsque les risques le justifient.

Dans ce contexte, la situation dijonnaise pourrait faire l’objet d’un examen particulièrement attentif. L’absence éventuelle de déclaration, les deux points de rendez-vous annoncés et les incidents du 17 octobre constituent autant d’éléments susceptibles d’entrer dans l’appréciation des risques par la préfecture. Toutefois, l’absence de déclaration ne signifie pas, à elle seule, qu’un rassemblement est automatiquement interdit. Une telle décision doit notamment être justifiée par des risques de troubles à l’ordre public.

La maire de Dijon, Nathalie Koenders, avait déjà été interrogée lundi 19 octobre sur la possibilité de demander l’interdiction du rassemblement annoncé place de la Libération. Elle avait indiqué vouloir échanger rapidement avec la préfète de la Côte-d’Or afin de déterminer la décision la plus appropriée. Aucune position définitive n’avait alors été annoncée.

Reste désormais à savoir si ces échanges aboutiront à des mesures restrictives pour samedi. La préfecture pourrait décider d’encadrer les rassemblements, de restreindre l’accès à certains secteurs ou, si les conditions légales sont réunies, de prendre un arrêté d’interdiction.

Les prochains jours seront donc déterminants pour les manifestants, les commerçants et les habitants du centre-ville. Une chose est certaine : entre l’absence présumée de déclaration préalable, le choix de points de rassemblement particulièrement sensibles et les consignes de fermeté adressées aux préfets par le ministre de l’Intérieur, l’hypothèse d’une interdiction de la manifestation de samedi apparaît de plus en plus probable. Reste désormais à savoir si la préfecture de la Côte-d’Or prendra effectivement cette décision, dans un contexte où la sécurité publique devra être conciliée avec le respect du droit de manifester. Une décision très attendue. Affaire à suivre…