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Interruptions répétées en conseil municipal, prises de parole limitées, absence de représentation de l’opposition dans certaines commissions et restrictions concernant l’accueil des habitants : Philippe Neyraud, conseiller municipal de Chenôve et représentant de la liste « Le Bon Sens – 100 % Chenôve », a décidé d’alerter la préfète de Côte-d’Or. Dans un courrier daté du 19 octobre 2026, il dénonce des difficultés persistantes qui, selon lui, nuisent au bon fonctionnement du débat démocratique local.

Le climat politique au sein du conseil municipal de Chenôve fait une nouvelle fois l’objet de critiques de la part de l’opposition. Philippe Neyraud, conseiller municipal et représentant de la liste « Le Bon Sens – 100 % Chenôve », vient de saisir officiellement la préfète de Côte-d’Or, Madame Démaret, pour attirer son attention sur les conditions dans lesquelles les élus minoritaires exercent leur mandat. Dans ce courrier, l’élu d’opposition décrit une situation qu’il considère comme préoccupante et qui, selon lui, s’inscrit dans la continuité de la précédente mandature.

Au-delà des désaccords politiques habituels entre majorité et opposition, Philippe Neyraud pose la question du respect des droits des conseillers municipaux et de la place accordée au pluralisme dans le fonctionnement de la collectivité. Pour lui, les difficultés rencontrées ne relèvent pas simplement de tensions ponctuelles entre élus aux sensibilités différentes. Elles toucheraient directement à la capacité de l’opposition à remplir sa mission de contrôle, d’expression et de représentation des habitants.

Des débats municipaux régulièrement perturbés, selon l’élu d’opposition

Le premier reproche formulé concerne le déroulement même des séances du conseil municipal. Philippe Neyraud affirme que les interventions des élus d’opposition sont régulièrement interrompues lorsqu’ils prennent la parole sur les délibérations soumises au vote. Ces interruptions répétées rendraient difficile la présentation d’un raisonnement complet et empêcheraient parfois les conseillers concernés de développer leurs arguments dans des conditions sereines.

Dans son courrier, l’élu évoque également des provocations qui contribueraient à dégrader le climat des échanges. Cette atmosphère, telle qu’il la décrit, éloignerait les débats de leur vocation première : examiner les décisions municipales, confronter les propositions et permettre aux différents représentants de la population de défendre leurs positions.

Car si les confrontations politiques font naturellement partie de la vie d’un conseil municipal, elles ne devraient pas, selon la démarche défendue par Philippe Neyraud, empêcher les élus minoritaires de faire entendre leur voix. Une opposition municipale ne dispose pas du pouvoir de décision de la majorité, mais elle doit pouvoir questionner les choix de celle-ci, demander des explications et porter à la connaissance du conseil les préoccupations des habitants qu’elle représente.

Un règlement intérieur dont l’application est contestée

Au cœur de cette démarche figure également le règlement intérieur du conseil municipal de Chenôve. Philippe Neyraud rappelle que celui-ci limite chaque élu à une seule intervention par délibération. Une disposition qu’il juge déjà particulièrement restrictive pour permettre des échanges approfondis sur des sujets parfois complexes, qu’il s’agisse des finances communales, des équipements publics ou des orientations politiques de la municipalité.

Mais sa critique ne s’arrête pas à cette limitation. Il affirme que, même lorsque d’autres élus de son groupe sollicitent la parole, leurs demandes resteraient parfois sans réponse. Une situation qui serait, d’après lui, contraire aux dispositions du règlement intérieur lui-même.

Cette distinction est importante. Philippe Neyraud ne remet pas en cause le principe selon lequel le maire assure la conduite et l’organisation des débats. Il demande en revanche que cette responsabilité s’exerce dans le respect des règles applicables à tous les conseillers municipaux, quelle que soit leur appartenance politique.

La question soulevée dépasse ainsi la simple gestion du temps de parole. Elle touche à la possibilité, pour une assemblée élue, de fonctionner comme un véritable espace de discussion et de confrontation démocratique. Lorsque les interventions sont trop contraintes ou que les demandes d’expression restent sans suite, c’est la qualité même du débat municipal qui peut être affectée.

Des commissions extérieures sans représentants de l’opposition

Autre point de désaccord : la composition de certaines commissions extérieures. Philippe Neyraud déplore que plusieurs d’entre elles soient, selon ses observations, constituées exclusivement de représentants de la majorité municipale, sans qu’aucune place soit accordée aux élus d’opposition.

Pour le conseiller municipal, cette situation interroge la manière dont le pluralisme politique est pris en considération au-delà des seules séances du conseil municipal. Les instances dans lesquelles siègent les représentants de la commune constituent également des lieux où se discutent des dossiers, où circulent des informations et où peuvent se préparer certaines décisions.

La présence de représentants de sensibilités politiques différentes peut contribuer à enrichir les échanges et à garantir une meilleure connaissance des sujets traités. L’opposition estime donc avoir un rôle à jouer dans ces espaces, même si les modalités juridiques de représentation peuvent varier selon la nature des commissions et des organismes concernés.

En soulevant cette question auprès de la préfète, Philippe Neyraud souhaite précisément que les conditions de désignation et de participation des élus puissent être examinées au regard des règles applicables.

L’accueil des habitants dans le local de l’opposition également en question

Le courrier aborde un autre sujet, plus directement lié aux relations entre les conseillers municipaux et la population : l’utilisation du local mis à la disposition des élus d’opposition.

Philippe Neyraud dénonce l’interdiction qui leur serait faite d’y recevoir des administrés dans le cadre de leur mandat. Cette restriction lui apparaît d’autant plus problématique qu’un élu local n’exerce pas ses responsabilités uniquement lors des réunions officielles. Son rôle consiste également à écouter les habitants, recueillir leurs difficultés, prendre connaissance de leurs propositions et assurer un lien entre les citoyens et les institutions municipales.

La possibilité de recevoir des habitants dans un espace adapté peut donc constituer un moyen important d’exercer ce mandat de proximité. En contestant cette interdiction, Philippe Neyraud soulève une question concrète : comment permettre aux élus d’opposition d’assurer pleinement leur mission de représentation si les moyens matériels mis à leur disposition ne peuvent être utilisés pour rencontrer la population ?

Cette interrogation concerne plus largement la place donnée aux conseillers minoritaires dans la vie quotidienne de la commune. Si l’opposition n’exerce pas les responsabilités exécutives de la majorité, elle reste composée d’élus disposant d’un mandat démocratique et appelés, à ce titre, à conserver un contact régulier avec les habitants.

Une publication sur Facebook qui soulève la question de la neutralité institutionnelle

À ces différents griefs s’ajoute une observation concernant la communication de la mairie. Dans un ajout à son courrier, Philippe Neyraud signale la diffusion, sur la page Facebook officielle de la ville de Chenôve, d’une vidéo mettant en avant le maire.

Le conseiller municipal s’interroge sur le respect du principe de neutralité de la communication institutionnelle et fait référence à l’article L. 52-1 du Code électoral, qui encadre notamment certaines communications des collectivités en période préélectorale.

La question posée est celle de la frontière entre l’information municipale, destinée à renseigner les habitants sur l’action de leur commune, et une communication susceptible de valoriser politiquement un élu. La présence du maire dans une vidéo institutionnelle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à caractériser une irrégularité : le contenu, le contexte et la date de diffusion doivent notamment être pris en compte.

En portant ce point à la connaissance des services de l’État, Philippe Neyraud entend attirer leur attention sur une publication dont il estime qu’elle mérite un examen au regard des obligations applicables à la communication municipale.

Une demande d’intervention de l’État, mais aussi de dialogue

Face à l’ensemble de ces situations, Philippe Neyraud a choisi de s’adresser directement à la représentante de l’État dans le département. Son courrier ne se limite pas à dénoncer des pratiques qu’il considère comme préjudiciables à l’opposition. Il sollicite un examen des faits rapportés, notamment dans le cadre des compétences préfectorales en matière de contrôle de légalité.

L’élu demande également à être informé des suites susceptibles d’être données à sa démarche. Il souhaite surtout obtenir un rendez-vous avec la préfète afin de lui présenter plus précisément les difficultés rencontrées et de lui transmettre, si nécessaire, des éléments complémentaires.

Cette volonté de rencontre montre que Philippe Neyraud entend donner une dimension institutionnelle à ses préoccupations. Il ne s’agit pas, dans le courrier, de remettre en cause la légitimité de la majorité municipale ou le pouvoir du maire d’organiser les débats, mais de demander que les droits de chacun puissent être exercés dans des conditions conformes aux règles et au pluralisme démocratique.

Au-delà des tensions politiques, la question de la place de l’opposition

Cette saisine préfectorale met en lumière un enjeu qui dépasse les seules relations entre les différents groupes du conseil municipal de Chenôve. Dans une démocratie locale, la majorité dispose de la responsabilité de conduire les affaires communales, tandis que l’opposition doit pouvoir remplir son rôle de vigilance, de proposition et de contrôle des décisions publiques.

Ces deux fonctions sont différentes, mais elles participent toutes deux au fonctionnement de la vie démocratique. La confrontation des idées, parfois vive, ne peut pleinement jouer son rôle que lorsque chacun dispose de la possibilité de s’exprimer et d’exercer les prérogatives attachées à son mandat.

En s’adressant à la préfète, Philippe Neyraud souhaite ainsi obtenir des réponses sur ce qu’il considère comme des obstacles récurrents au travail des élus de son groupe. La portée de cette démarche dépendra notamment de l’examen des faits et des règles applicables à chacune des situations dénoncées.

Les accusations formulées dans ce courrier constituent, à ce stade, la position exprimée par Philippe Neyraud et nécessitent d’être confrontées aux explications de la municipalité.

Reste désormais à savoir quelles suites les services de l’État réserveront à cette interpellation et si celle-ci pourra contribuer à améliorer les conditions du débat au sein du conseil municipal de Chenôve. Derrière les désaccords politiques, c’est une question essentielle que soulève le conseiller municipal : celle de la capacité de tous les élus, majoritaires comme minoritaires, à exercer leur mandat dans le respect des règles démocratiques et des habitants qu’ils représentent.

Le Bon Sens – 100 % Chenôve rejoint l’association « Pluralisme et Démocratie »

Dans cette volonté de défendre pleinement les droits des élus d’opposition et de garantir le respect du pluralisme au sein des institutions locales, Philippe Neyraud annonce également que la liste « Le Bon Sens – 100 % Chenôve » vient d’adhérer à l’association « Pluralisme et Démocratie ». Une démarche qui marque une nouvelle étape dans l’engagement du groupe pour faire respecter les droits attachés au mandat des conseillers municipaux. À travers cette adhésion, les élus entendent renforcer leur action et leur capacité à défendre une démocratie locale dans laquelle chaque représentant, quelle que soit son appartenance politique, doit pouvoir exercer librement et pleinement ses responsabilités. Pour Philippe Neyraud, l’enjeu dépasse les simples divergences entre majorité et opposition : il s’agit de faire respecter les principes fondamentaux du débat démocratique et, à travers eux, les droits des habitants à être représentés et entendus.


Courrier envoyé par Philippe Neyraud, représentant de la liste « Le Bon Sens – 100 % Chenôve » :

Monsieur Philippe NEYRAUD
Conseiller municipal de Chenôve
Représentant de la liste « Le Bon Sens – 100% Chenôve »
— — —————-
21300 CHENÔVE

À Madame DÉMARET
Préfète de la Côte-d’Or,
53 rue de la Préfecture
21041 Dijon Cedex

Objet : Difficultés rencontrées dans l’exercice du mandat des élus d’opposition au conseil municipal de Chenôve

Madame la Préfète,

Le début de cette mandature municipale s’inscrit malheureusement dans la continuité de la précédente. Nous déplorons en effet des difficultés récurrentes dans l’exercice de notre mandat au sein du conseil municipal de Chenôve.

Lors de nos interventions relatives aux délibérations, nous sommes régulièrement interrompus, au point qu’il devient difficile de conserver le fil de nos propos et de mener un débat serein. Le climat des échanges se dégrade trop souvent, notamment sous l’effet de provocations qui nuisent à la qualité du débat démocratique.

Par ailleurs, le règlement intérieur limite chaque élu à une seule prise de parole par délibération. Cette disposition, déjà particulièrement restrictive, ne garantit pas pour autant la possibilité pour un autre élu du même groupe politique d’intervenir : à plusieurs reprises, les demandes de prise de parole formulées par des élus de notre groupe sont restées sans réponse (contrairement à ce que prévoit le règlement intérieur du conseil municipal).

D’autres difficultés concernent notamment la composition de certaines commissions extérieures, constituées exclusivement d’élus de la majorité, sans représentation de l’opposition ni respect effectif du pluralisme politique. De même l’interdiction de recevoir, dans notre local mis à disposition des élus d’opposition, des administrés dans le cadre de notre mandat est problématique.

Ces situations soulèvent des interrogations quant aux conditions dans lesquelles les élus d’opposition peuvent exercer pleinement leur mandat et participer au fonctionnement démocratique de la collectivité.

Notre démarche ne vise pas à contester le rôle du maire dans la conduite des débats, mais à garantir que ses prérogatives s’exercent dans le respect du règlement intérieur, des droits des élus et des principes du pluralisme démocratique.

En conséquence, nous sollicitons votre attention sur ces difficultés et vous demandons de bien vouloir examiner les éléments portés à votre connaissance dans le cadre de vos compétences, notamment au titre du contrôle de légalité, et de nous indiquer les suites susceptibles d’être données à cette démarche.

Nous souhaiterions également pouvoir vous rencontrer afin de vous exposer plus précisément les difficultés rencontrées et de porter à votre connaissance tout élément complémentaire permettant d’apprécier le contexte dans lequel nous exerçons notre mandat d’élus d’opposition.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Préfète, l’expression de notre haute considération.

Philippe NEYRAUD
Conseiller municipal de Chenôve


Adendda : Le site facebook de la mairie de Chenôve a publié une vidéo mettant en avant le maire de Chenôve. Or cette page doit respecter une neutralité. (Cf article 52-1).

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