Malgré les pluies de ces derniers jours, la sécheresse continue de sévir en Côte-d’Or. Dans un communiqué publié mercredi 21 octobre 2026, la préfecture annonce le passage en crise du dernier secteur qui échappait encore à ce niveau d’alerte. Alors que les cours d’eau affichent des niveaux exceptionnellement bas, les tensions sur les réseaux d’eau potable se multiplient dans le département. De nouvelles restrictions entrent en vigueur ce jeudi 22 octobre.
La situation hydrologique continue de se dégrader en Côte-d’Or. Les précipitations enregistrées ces derniers jours ont permis de stabiliser temporairement la situation, mais elles restent insuffisantes pour mettre fin à la sécheresse qui touche le département. Selon les derniers relevés effectués par les services de l’État, les réserves d’eau superficielles et souterraines demeurent à des niveaux préoccupants. De nombreux cours d’eau présentent des débits exceptionnellement faibles, certains tronçons étant même totalement asséchés.
Face à cette situation, la préfète de la Côte-d’Or a décidé de placer le sous-bassin versant de la Bèze-Albane en situation de crise. Il s’agissait du dernier secteur du département à ne pas avoir atteint ce niveau de gravité. Désormais, les 14 zones de gestion de la sécheresse de Côte-d’Or sont concernées par le niveau de crise. Un nouvel arrêté préfectoral, signé le 21 octobre, entre en application ce jeudi 22 octobre afin de renforcer les mesures de préservation de la ressource en eau.
Des tensions importantes sur l’alimentation en eau potable
Au-delà des conséquences environnementales, la sécheresse commence à peser directement sur l’approvisionnement en eau potable des habitants. Sur les 344 unités de distribution recensées dans le département, 64 présentent actuellement des tensions, dont six subissent déjà des conséquences concrètes sur leur fonctionnement.
Pour maintenir l’alimentation des populations, certains gestionnaires sont contraints de recourir au citernage, une opération consistant à acheter et acheminer de l’eau par camion-citerne pour l’injecter dans les réseaux de distribution. D’autres ont dû procéder ponctuellement à des coupures d’eau durant la nuit afin de préserver leurs réserves. Selon la préfecture, plus de 20 % des gestionnaires d’eau potable ont signalé des situations de tension réelles.
Les services de l’État appellent donc les habitants à redoubler de vigilance et à limiter leur consommation. L’objectif est de préserver les capacités d’approvisionnement dans les prochaines semaines, alors que les pluies récentes ne permettent pas encore d’envisager une amélioration durable. La préfecture insiste notamment sur la nécessité de réserver l’eau potable aux besoins essentiels, en particulier l’alimentation et l’hygiène.
Des restrictions renforcées pour les particuliers et les agriculteurs
Le classement de l’ensemble des secteurs en crise entraîne des interdictions destinées à préserver les usages prioritaires de l’eau. L’arrosage des pelouses, des massifs fleuris, des plantes en pot et des espaces verts est notamment interdit. Les prélèvements d’eau destinés à l’irrigation agricole sont également prohibés, sauf exceptions prévues par la réglementation.
Une adaptation concerne toutefois les jardins potagers. Compte tenu de la diminution de la durée d’ensoleillement à cette période de l’année, l’interdiction d’arrosage s’applique désormais entre 9 heures et 18 heures, contre 9 heures à 20 heures auparavant. Cette modification concerne les secteurs classés en crise et en alerte renforcée. Les restrictions d’arrosage et d’irrigation ne s’appliquent pas lorsque l’eau utilisée provient de réserves d’eau de pluie récupérée sur les toitures ou les surfaces imperméables.
L’abreuvement des animaux domestiques et d’élevage demeure, quant à lui, un usage prioritaire. Particuliers et éleveurs peuvent continuer à utiliser de l’eau à cette fin, quel que soit le niveau de gravité de la sécheresse, à condition de ne pas provoquer l’assèchement des cours d’eau. La préfecture appelle également à la solidarité et au civisme pour garantir le respect de ces besoins essentiels.
Des contrôles pour faire respecter les restrictions
Les propriétaires de moulins, de seuils, de biefs ou de plans d’eau sont également invités à faire preuve d’une vigilance particulière. Ils doivent veiller au maintien d’un débit minimum biologique dans les cours d’eau situés en aval de leurs installations. Cette quantité d’eau est indispensable à la survie de la faune et de la flore aquatiques, déjà fragilisées par le manque de précipitations.
Pour s’assurer du respect des restrictions, les services de l’État poursuivent leurs contrôles sur le terrain. Ces vérifications concernent aussi bien les particuliers que les collectivités, les agriculteurs et les entreprises. Les infractions constatées peuvent donner lieu à des verbalisations et à des poursuites conformément à la réglementation en vigueur.
Alors que la sécheresse se prolonge malgré l’arrivée de l’automne, la préfecture invite l’ensemble des habitants à poursuivre leurs efforts d’économie d’eau. Les restrictions applicables à chaque commune peuvent être consultées sur le site officiel VigiEau, qui permet également de connaître les gestes à adopter pour réduire sa consommation quotidienne.