À quelques heures d’une nouvelle journée de mobilisation annoncée contre la vie chère, la préfecture de la Côte-d’Or a finalement communiqué ce vendredi 23 octobre, à 19h50, sur les mesures de sécurité prévues pour ce samedi 24 octobre. Dans un communiqué de trois pages, les services de l’État annoncent qu’aucune manifestation liée à ce mouvement n’a été déclarée et qu’un vaste périmètre du centre-ville de Dijon, comprenant notamment le secteur de la gare, sera interdit aux rassemblements. Un important dispositif policier sera également déployé.
Il aura donc fallu attendre 19h50, ce vendredi 23 octobre, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, pour que la préfecture de la Côte-d’Or rende publiques les dispositions prises pour ce samedi 24 octobre. Après les rassemblements du 17 octobre, les autorités entendent cette fois encadrer strictement les éventuels mouvements de protestation et prévenir tout trouble à l’ordre public, notamment dans les rues commerçantes de Dijon.
Dans son communiqué, la préfecture rappelle d’abord que la liberté de manifester constitue une liberté fondamentale protégée par la Constitution, mais qu’elle doit être conciliée avec la protection des personnes et des biens. Les services de l’État assurent ainsi poursuivre deux objectifs : garantir la sécurité des personnes et protéger les biens, « en particulier les commerces ».
Aucune manifestation déclarée contre la vie chère
La préfecture affirme qu’aucune déclaration préalable n’a été déposée pour une manifestation contre la vie chère ou dans le prolongement du mouvement lycéen ce samedi 24 octobre en Côte-d’Or. Une situation identique, selon les autorités, à celle du samedi 17 octobre.
Dans son communiqué, l’administration rappelle qu’une manifestation sur la voie publique doit faire l’objet d’une déclaration préalable au moins trois jours avant sa tenue, auprès de la préfecture en zone police ou de la mairie en zone gendarmerie. Cette démarche doit notamment préciser l’objet du rassemblement, son lieu, ses horaires, son itinéraire et l’identité de ses organisateurs.
Pour les services de l’État, l’absence de déclaration signifie qu’aucun parcours officiel ni aucun organisateur identifié ne permettent d’organiser les échanges nécessaires à la sécurisation d’un cortège. La préfecture considère donc que tout rassemblement relevant du mouvement contre la vie chère ou du mouvement lycéen serait illégal ce samedi.
Elle précise néanmoins que d’autres manifestations, régulièrement déclarées et sans lien avec ces mobilisations, pourront se tenir dans le département.
Un vaste périmètre interdit aux rassemblements dans le centre-ville
Au-delà de ce rappel réglementaire, la mesure la plus importante annoncée vendredi soir concerne directement le centre-ville de Dijon. La préfète de la Côte-d’Or a pris un arrêté interdisant les attroupements et rassemblements dans un large périmètre, dont les limites figurent sur une carte annexée au communiqué.
Cette zone englobe une grande partie de l’hypercentre dijonnais, notamment les secteurs de la place Darcy, de la rue de la Liberté, des rues commerçantes et de la place de la République. Elle s’étend également vers la gare de Dijon-Ville et plusieurs axes situés au sud du centre historique.
L’étendue du périmètre témoigne de la volonté des autorités de sécuriser plusieurs secteurs stratégiques de la ville. Les forces de l’ordre seront, selon le communiqué, « présentes en nombre » afin de faire respecter ces interdictions et de protéger particulièrement les commerces et les bâtiments publics.
La préfecture prévient également qu’un dispositif sera mis en place afin de permettre d’éventuelles suites judiciaires, sous le contrôle du juge, en cas de non-respect du périmètre fixé par l’arrêté.
Artifices, produits pyrotechniques et carburant également concernés
D’autres restrictions ont été décidées pour accompagner ce dispositif de sécurité. Depuis ce vendredi 23 octobre à 8 heures et jusqu’au lundi 26 octobre à 8 heures, l’achat, la vente, la détention, le transport et l’utilisation d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques sur la voie publique ou en direction de l’espace public sont interdits dans le cadre de l’arrêté préfectoral.
La distribution, la vente et l’achat de carburant dans des récipients transportables sont également interdits durant cette période. Les services de l’État rappellent que le non-respect de ces mesures est susceptible d’entraîner des poursuites pénales.
Ces dispositions s’inscrivent dans une stratégie de prévention destinée à éviter l’utilisation de produits inflammables ou de projectiles lors d’éventuels affrontements.
Les commerçants invités à se préparer
Une partie importante du communiqué est consacrée aux commerçants dijonnais, directement concernés par les risques de perturbations dans le centre-ville.
La préfecture rappelle l’existence du dispositif gratuit « ALERTE COMMERCE », porté par la Chambre de commerce et d’industrie. Ce système permet aux forces de l’ordre d’adresser des SMS aux commerçants inscrits afin de les informer en temps réel de l’évolution d’une situation et, si nécessaire, de leur recommander la fermeture de leur établissement.
Selon les services de l’État, deux SMS avaient ainsi été adressés à une partie des commerçants de Dijon le samedi 17 octobre. Tous les professionnels n’étant pas inscrits au dispositif, la préfecture les encourage vivement à effectuer cette démarche.
Les autorités recommandent également aux commerçants de retirer les objets susceptibles d’être utilisés comme projectiles ou pour allumer des incendies, notamment les poubelles, les cartons ou les équipements installés sur la voie publique. En cas de violences, la consigne est de privilégier la sécurité des salariés et des clients, sans chercher à intervenir à l’extérieur.
Un communiqué qui insiste également sur le maintien de l’ordre
Dans la seconde partie du document, la préfecture consacre plusieurs développements au rôle des policiers et des gendarmes lors des manifestations. Elle rappelle notamment les règles relatives à la dissimulation du visage, à la dispersion des attroupements et aux sommations adressées par les forces de l’ordre.
Elle souligne que le fait de continuer volontairement à participer à un attroupement après les sommations de dispersion est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Les services de l’État insistent par ailleurs sur le caractère, selon eux, progressif et proportionné du recours à la force. Ils présentent l’utilisation des gaz lacrymogènes comme un moyen de dispersion destiné à éviter les contacts physiques lors de situations dangereuses.
Le communiqué se termine sur une affirmation particulièrement catégorique concernant l’action des policiers et des gendarmes : « Si des gaz lacrymogènes sont lancés, c’est qu’il y a une raison. » Une position exprimée par la préfecture dans son document officiel, qui expose ainsi sa doctrine du maintien de l’ordre à la veille de la mobilisation.
Une nouvelle journée sous haute surveillance
Une semaine après les rassemblements du 17 octobre, la journée de ce samedi 24 octobre s’annonce donc sous étroite surveillance dans le centre-ville dijonnais. Avec l’interdiction des rassemblements dans un large périmètre, le renforcement annoncé des effectifs de police et de gendarmerie et les restrictions visant certains matériels, les autorités affichent leur détermination à prévenir d’éventuels débordements.
Reste désormais à savoir si des manifestants répondront malgré tout aux appels à mobilisation et, le cas échéant, comment se déroulera cette nouvelle journée de contestation.
Une chose est certaine : ce n’est qu’à 19h50 vendredi soir, à quelques heures du samedi 24 octobre, que la préfecture aura officiellement détaillé son dispositif de sécurité à destination du public, des manifestants et des commerçants dijonnais.