Après l’attaque du 23 octobre à Trappes et à La Verrière, qui a coûté la vie à un jeune homme de 26 ans et fait cinq blessés selon leur communiqué, Massar N’Diaye et Céline Maglica, conseillers départementaux du canton de Dijon 6, prennent la parole. Dans un texte publié lundi 26 octobre 2026, les deux élus dénoncent la banalisation des discours racistes et islamophobes dans le débat public et appellent les responsables politiques et les médias à prendre leurs responsabilités.
Les réactions se poursuivent après l’attaque survenue le 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Dans un communiqué de presse diffusé ce lundi 26 octobre, Massar N’Diaye et Céline Maglica, conseillers départementaux de la Côte-d’Or pour le canton de Dijon 6, expriment leur émotion et leur indignation face à ce qu’ils qualifient d’attentat raciste. Selon les éléments rapportés par les élus, cette attaque a entraîné la mort de Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, et fait cinq blessés, parmi lesquels une fillette de 12 ans.
Les deux représentants du groupe Côte d’Or Terres d’avenir adressent leurs pensées à la victime, à ses proches ainsi qu’aux personnes blessées et à leurs familles. Mais au-delà de cet hommage, ils souhaitent alerter sur les conséquences possibles de la diffusion et de la banalisation des discours de haine dans la société française.
« La haine peut devenir un projet meurtrier : les discours qui la nourrissent doivent être combattus », affirment-ils dans leur communiqué.
Une responsabilité politique et médiatique pointée du doigt
Dans leur prise de position, Massar N’Diaye et Céline Maglica mettent directement en cause les responsables politiques et les médias qui, selon eux, contribuent à banaliser les idées racistes et islamophobes. Les deux élus dénoncent notamment la place accordée à ces discours sur les antennes du groupe Bolloré, citant CNews et Europe 1, mais également sur les chaînes d’information en continu, dont BFMTV.
Leur critique vise principalement les choix éditoriaux qui, à leurs yeux, favorisent la diffusion de thématiques identitaires et présentent régulièrement l’immigration ou l’islam sous un angle anxiogène. Ils s’inquiètent également de la place donnée à la théorie complotiste et raciste du « grand remplacement », qu’ils refusent de voir traitée comme une simple opinion parmi d’autres dans le débat public.
Pour les conseillers départementaux, la répétition de ces discours contribue à installer un climat de suspicion à l’égard de millions de personnes, en raison de leurs origines ou de leur religion. Ils estiment que cette atmosphère peut encourager certains individus à considérer des populations entières comme des ennemis.
Les élus prennent toutefois soin de rappeler que l’enquête devra établir les motivations précises de l’auteur présumé de l’attaque. Ils considèrent néanmoins que cette nécessaire clarification judiciaire ne doit pas empêcher une réflexion plus large sur la responsabilité politique et morale des acteurs qui participent, selon eux, à la diffusion des discours de haine.
Un engagement ancré dans les quartiers dijonnais
Massar N’Diaye et Céline Maglica établissent également un lien entre leur prise de position et leur engagement quotidien auprès des habitants du canton de Dijon 6, notamment dans le quartier de la Fontaine d’Ouche.
Les deux élus rappellent leur travail d’accompagnement des jeunes dans leurs parcours scolaires, leurs recherches de stages et leur insertion professionnelle. Ils soulignent également leur présence auprès des habitants pour les aider dans leurs démarches et répondre aux difficultés rencontrées au quotidien.
Cette expérience de terrain nourrit leur refus de voir certains citoyens constamment renvoyés à leurs origines ou à leur appartenance religieuse. Ils défendent au contraire une conception de la citoyenneté fondée sur l’égalité et le sentiment d’appartenance à une même communauté nationale.
« Ils sont nos voisins, nos amis, l’avenir de notre pays », écrivent-ils au sujet des habitants qu’ils accompagnent, avant de dénoncer le fait que certains Français puissent être amenés à justifier leur appartenance à la nation en raison de leurs origines ou de leur religion.
Un appel à combattre toutes les formes de discrimination
Dans leur communiqué, les deux conseillers départementaux évoquent également la mémoire d’Aboubakar Cissé, tué dans une mosquée à La Grand-Combe, dans le Gard, en avril 2025. Un drame qu’ils associent à leur combat contre le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme et l’ensemble des discriminations.
Massar N’Diaye et Céline Maglica revendiquent une approche universaliste, qui consiste à reconnaître et à dénoncer chaque forme de haine tout en défendant l’ensemble des victimes de discriminations, quelles que soient leurs origines ou leurs croyances.
Évoquant leurs propres racines européennes et africaines, les élus affirment leur attachement à une France accueillante, solidaire et émancipatrice, dans laquelle chacun doit pouvoir trouver sa place grâce, notamment, à la justice sociale.
Leur communiqué se termine par un appel à la mobilisation collective contre le racisme et sa banalisation. Pour les deux élus côte-d’oriens, la fraternité républicaine ne peut se limiter à un principe affiché : elle doit se traduire par une opposition claire aux discours discriminatoires et à ceux qui les propagent.
« La fraternité exige le courage de nommer le racisme et de combattre ceux qui le propagent. Nous prenons toute notre part à ce combat », concluent Massar N’Diaye et Céline Maglica.