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Après les incidents survenus samedi 24 octobre en marge de la manifestation contre la vie chère à Dijon, la députée de Côte-d’Or Catherine Hervieu dénonce les violences attribuées à des groupuscules d’ultradroite. Dans un communiqué publié ce mardi 27 octobre, la parlementaire s’interroge également sur l’intervention des forces de l’ordre et annonce avoir saisi le procureur de la République de Dijon au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale.

Les violences survenues samedi 24 octobre dans le centre-ville de Dijon continuent de susciter des réactions politiques. Dans un communiqué diffusé ce mardi 27 octobre, la députée de Côte-d’Or Catherine Hervieu dénonce les agissements de groupes d’ultradroite qui auraient pris à partie plusieurs manifestants à l’issue du rassemblement organisé contre la vie chère et en soutien aux revendications des jeunes. Présente dans le cortège, l’élue affirme avoir assisté à une mobilisation qui se déroulait dans le calme avant que des individus identifiés comme appartenant à des mouvances d’extrême droite ne provoquent des incidents.

Selon la parlementaire, les tensions se seraient notamment concentrées place de la République, peu après la dispersion des cortèges. Une vingtaine d’individus auraient alors pris à partie des personnes restées sur place. Catherine Hervieu évoque des vidéos montrant des jets de projectiles en direction de manifestants, ainsi que des témoignages faisant état d’insultes racistes et de saluts nazis. Des faits qu’elle juge particulièrement graves et qui, selon elle, ne doivent pas rester sans réponse judiciaire.

La députée alerte plus largement sur la présence de groupuscules identitaires qui, sous couvert de protéger les commerçants contre d’éventuels pillages, multiplieraient les provocations et les intimidations dans plusieurs villes françaises. Elle pointe notamment l’utilisation de brassards blancs, initialement portés par des parents et des personnes venues soutenir les lycéens lors des mobilisations, puis récupérés, selon elle, par ces groupes. Catherine Hervieu considère que cette manière de s’autoproclamer défenseurs des commerçants et de l’ordre entretient une confusion des rôles et interfère avec les missions normalement confiées aux forces de sécurité.

Les événements dijonnais ne seraient d’ailleurs pas isolés. Dans son communiqué, l’élue indique que des agissements violents attribués à des groupes d’ultradroite ont également été signalés samedi à Nice, Nancy, Tours, Montpellier, Caen, Lyon et Toulouse. Elle voit dans ces incidents l’expression d’une banalisation des discours xénophobes et autoritaires. La parlementaire établit également un lien avec la fusillade raciste de Trappes et de La Verrière, qu’elle considère comme une manifestation dramatique de ce climat de haine.

Au-delà des violences dénoncées, Catherine Hervieu s’interroge sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre à Dijon. Selon son communiqué, les policiers seraient intervenus place de la République pour mettre fin aux affrontements. Toutefois, les images diffusées sur les réseaux sociaux soulèvent, à ses yeux, des interrogations sur la fermeté de leur intervention. La députée compare notamment cette situation à celle de la semaine précédente, durant laquelle elle estime que des manifestants pacifiques avaient été confrontés à un dispositif policier particulièrement répressif.

« Comment expliquer cette différence apparente de traitement ? », interroge-t-elle. Catherine Hervieu appelle néanmoins à ne pas tirer de conclusions hâtives sur l’attitude des policiers. Elle souligne que les forces de l’ordre avaient reçu pour mission de protéger un périmètre déterminé et qu’une éventuelle absence d’intervention pourrait aussi s’expliquer par les consignes reçues. Elle insiste ainsi sur la nécessité de distinguer le respect d’une mission de maintien de l’ordre d’un éventuel soutien passif aux groupes d’ultradroite.

Pour la députée, des éclaircissements sont indispensables afin de comprendre précisément le déroulement des faits et les décisions prises sur le terrain. Elle demande aux autorités de faire toute la lumière sur les incidents, sur les consignes données aux forces de l’ordre et sur les suites réservées aux violences dénoncées. Elle appelle également à trouver un équilibre entre la protection des manifestations, la répression des actes violents et les moyens déployés pour assurer le maintien de l’ordre.

Mais la parlementaire ne s’en tient pas à une simple condamnation politique. Dans son communiqué, Catherine Hervieu annonce avoir saisi le procureur de la République de Dijon sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale. Ce signalement porte sur des faits susceptibles de constituer une apologie de crime contre l’humanité, des injures publiques à connotation raciste et des violences en réunion avec armes. Il appartient désormais à l’autorité judiciaire d’apprécier les éléments transmis et les suites éventuelles à leur donner.

L’élue insiste enfin sur la nécessité de garantir la sécurité des rassemblements et de lutter contre toutes les formes de violence politique, quelle qu’en soit l’origine. Elle estime que les manifestations pacifiques ne doivent pas devenir des lieux d’intimidation ou d’affrontement entre groupes militants.

« La République ne peut faire preuve d’une fermeté à géométrie variable », conclut Catherine Hervieu, qui demande aux pouvoirs publics d’agir sans complaisance face aux violences racistes et aux agissements de l’extrême droite.

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