La CGT des territoriaux de la ville de Dijon, du CCAS et de Dijon métropole a déposé un préavis de grève pour le jeudi 5 novembre 2026. Le syndicat dénonce une dégradation du pouvoir d’achat, des conditions de travail de plus en plus difficiles et l’absence de réponses immédiates des collectivités à ses revendications.
La colère monte chez les agents territoriaux dijonnais. Dans un communiqué publié ce mercredi 28 octobre, la CGT des territoriaux de la ville de Dijon, du Centre communal d’action sociale (CCAS) et de Dijon métropole annonce avoir déposé un préavis de grève pour le jeudi 5 novembre, de 0 heure à minuit. À travers cette mobilisation, l’organisation syndicale entend dénoncer la stagnation des rémunérations, la hausse du coût de la vie et la dégradation des conditions de travail des personnels des collectivités.
Le syndicat pointe notamment les conséquences du gel du point d’indice et des revalorisations salariales jugées insuffisantes, alors que les dépenses liées à l’énergie, aux carburants et aux déplacements continuent de peser sur le budget des agents. À ces difficultés financières s’ajoutent, selon la CGT, une surcharge de travail persistante, un manque de moyens humains, des situations de précarité et un déficit de reconnaissance. Autant de problèmes qui fragiliseraient les personnels, mais également le fonctionnement des services publics locaux.
Cette mobilisation intervient après plusieurs échanges avec les exécutifs locaux. Le 22 septembre dernier, la CGT avait adressé une lettre ouverte à Nathalie Koenders, maire de Dijon, et à François Rebsamen, président de Dijon métropole, pour réclamer des mesures rapides en faveur du pouvoir d’achat et de meilleures conditions de travail. Mais la réponse apportée le 15 octobre n’a pas satisfait l’organisation syndicale. Selon cette dernière, les collectivités renvoient les éventuelles évolutions du régime indemnitaire à l’issue des élections professionnelles de décembre 2026 et à une clarification des orientations nationales. Aucune négociation salariale immédiate n’aurait été proposée, tandis que la demande visant à étendre le télétravail jusqu’à trois jours par semaine a été écartée.
Pour la CGT, ces réponses ne sont pas à la hauteur de l’urgence sociale. Si les difficultés rencontrées par les agents sont reconnues, le syndicat regrette que les décisions concrètes soient repoussées de plusieurs mois. Il estime notamment que les élections professionnelles ne doivent pas constituer un préalable à l’ouverture de discussions sur les rémunérations et les conditions de travail. L’organisation considère également que les contraintes budgétaires et les décisions prises au niveau national ne doivent pas empêcher les collectivités d’agir dans leurs propres domaines de compétence.
Au cœur des revendications figure la revalorisation du régime indemnitaire, avec l’ouverture immédiate de négociations et la définition d’un calendrier précis. La CGT réclame également le maintien intégral du salaire en cas d’arrêt maladie, le dégel et l’augmentation du point d’indice à 6,50 euros, ainsi qu’une indexation des rémunérations sur l’inflation. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes fait aussi partie des demandes portées par le syndicat.
Les questions d’organisation du travail occupent également une place importante. La CGT souhaite des mesures pour réduire les frais de déplacement entre le domicile et le lieu de travail, un accès plus équitable au télétravail, ainsi qu’un plan de recrutement et de titularisation destiné à lutter contre la précarité et la surcharge de travail. Elle demande aussi un développement des prestations sociales, un accès à des solutions de restauration pour tous les personnels et la possibilité de recourir à des mouvements de grève d’une heure ou d’une demi-journée dans les services où cette faculté n’existe plus.
Le syndicat entend par ailleurs mettre en avant les enjeux de santé et de sécurité au travail, avec une meilleure prise en compte de la santé hormonale et un véritable plan d’adaptation aux crises climatiques et environnementales. À l’échelle nationale, il appelle à renforcer le financement de la fonction publique, à abroger la loi de transformation de la fonction publique et à poursuivre les négociations concernant les revendications de la jeunesse, notamment en matière de recrutement, d’investissement dans les bâtiments et de suppression de Parcoursup.
Avec cet appel à la grève du 5 novembre, la CGT souhaite désormais obtenir des engagements concrets des responsables locaux. Le syndicat rappelle que les agents territoriaux assurent quotidiennement des missions indispensables à la population et considère qu’ils doivent pouvoir exercer leur métier dans des conditions respectueuses de leur santé et de leur sécurité, tout en bénéficiant d’une rémunération leur permettant de vivre dignement. L’organisation appelle ainsi l’ensemble des personnels concernés à se mobiliser pour obtenir l’ouverture de négociations sans attendre les échéances de décembre.