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Bourgogne-Franche-Comté : l’industrie agroalimentaire recrute, mais peine encore à trouver des candidats

Par Fabien Bauduin 29 octobre 2026

Avec 2 550 projets de recrutement recensés en 2026, dont près de 42 % jugés difficiles, l’industrie agroalimentaire de Bourgogne-Franche-Comté fait face à d’importants défis en matière d’emploi. Du 2 au 6 novembre, la sixième Semaine nationale de l’emploi agroalimentaire entend rapprocher les entreprises des candidats. Plus d’une vingtaine d’événements sont annoncés dans la région, dont trois rencontres avec des recruteurs à Appoigny, Vesoul et Plombières-lès-Dijon, ainsi qu’un rendez-vous régional organisé chez Daunat, à Sevrey.

L’industrie agroalimentaire recrute en Bourgogne-Franche-Comté, mais les entreprises rencontrent encore des difficultés pour attirer de nouveaux salariés. C’est dans ce contexte que se déroulera, du lundi 2 au vendredi 6 novembre 2026, la sixième édition de la Semaine nationale de l’emploi agroalimentaire (SNEA). Coordonnée dans la région notamment par le pôle de compétitivité Vitagora et France Travail, cette mobilisation vise à faire découvrir les métiers du secteur et à faciliter les échanges entre les entreprises, les demandeurs d’emploi, les personnes en reconversion professionnelle et les jeunes en quête d’orientation.

L’enjeu est de taille pour une filière qui occupe une place importante dans l’économie régionale. Selon les dernières données de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), reprises par Vitagora, l’industrie agroalimentaire représente plus de 25 500 emplois salariés permanents en Bourgogne-Franche-Comté, auxquels s’ajoutent près de 2 600 intérimaires. Pour l’année 2026, l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre de France Travail recense 2 550 projets de recrutement dans le secteur, dont 41,6 % sont considérés comme difficiles à pourvoir par les employeurs.

Ces chiffres illustrent les tensions auxquelles sont confrontées certaines entreprises, malgré les perspectives professionnelles offertes par la filière. Les besoins concernent notamment des agents de conditionnement, des opérateurs de production, des techniciens de maintenance, des conducteurs de ligne ou encore des ouvriers polyvalents. Des métiers indispensables au fonctionnement des sites de production, mais dont la diversité et les possibilités d’évolution restent parfois méconnues du grand public.

Au-delà de la recherche de compétences, les industriels doivent également répondre à plusieurs difficultés, parmi lesquelles l’attractivité des métiers, l’accès à la formation et les problèmes de mobilité. L’éloignement de certains sites de production, notamment dans les territoires ruraux ou périurbains, peut représenter un obstacle pour les personnes qui ne disposent pas de moyens de transport adaptés. Autant de questions que les acteurs de l’emploi souhaitent aborder durant cette semaine de mobilisation.

Trois « brunch dating » pour rencontrer directement les recruteurs

Pour favoriser les contacts entre les candidats et les entreprises, Vitagora et France Travail ont notamment choisi d’organiser trois « brunch dating » dans la région. Le principe est de proposer des rencontres moins formelles qu’un entretien d’embauche traditionnel, autour des produits fabriqués par les entreprises participantes. L’occasion pour les candidats de découvrir les activités des industriels, d’échanger avec leurs représentants et de mieux comprendre les compétences recherchées.

Au total, douze entreprises régionales participeront à ces trois rendez-vous. Le premier se déroulera le mardi 3 novembre, de 10 heures à 13 heures, dans les locaux de Festins, à Appoigny, dans l’Yonne. Quatre entreprises seront présentes : Caves Bailly Lapierre, Festins de Bourgogne, SAS TPO – Terre de Pays d’Othe et Dynaplast.

Le lendemain, mercredi 4 novembre, une deuxième rencontre sera organisée de 10 heures à 13 heures à l’agence France Travail de Vesoul, en Haute-Saône. Les candidats pourront y rencontrer les représentants de la Fromagerie Milleret, de la Société Industrielle Fromagère, de la Société André Bazin et des Moulins Dormoy.

En Côte-d’Or, le troisième rendez-vous aura lieu le jeudi 5 novembre, de 9 heures à 12 heures, au lycée Félix Kir de Plombières-lès-Dijon. Quatre entreprises seront mobilisées : Mulot & Petitjean, Sabatier, Refresco et Tippagral. Cette rencontre permettra notamment aux personnes intéressées par les métiers de l’agroalimentaire d’échanger directement avec les recruteurs et de découvrir les opportunités professionnelles proposées par ces entreprises.

Ces rendez-vous constituent l’un des temps forts d’un programme régional plus large, comprenant également des visites de sites industriels, des présentations de métiers et des rencontres avec des professionnels. L’objectif est de montrer concrètement les réalités du travail dans l’agroalimentaire et de faire évoluer les représentations d’un secteur dont les activités ne se limitent pas aux seules chaînes de production.

Un rendez-vous régional chez Daunat, à Sevrey

Autre temps fort de cette semaine, une rencontre régionale sera organisée le mardi 3 novembre, de 9 h 30 à 12 h 30, sur le site de production de Daunat, à Sevrey, en Saône-et-Loire. L’entreprise accueillera à cette occasion des industriels, des représentants des collectivités territoriales ainsi que des acteurs de l’emploi et de la formation.

Organisé avec Vitagora et France Travail, ce rendez-vous doit permettre d’aborder plusieurs problématiques rencontrées par les entreprises agroalimentaires. Les échanges porteront notamment sur les besoins de recrutement, les compétences attendues, l’accès aux formations et les obstacles qui peuvent empêcher certains candidats de rejoindre les entreprises. La question de la mobilité fera également partie des sujets abordés, avec la volonté de réfléchir à des solutions adaptées aux réalités des territoires.

La matinée se poursuivra par une visite du site de production. Daunat accueillera également des lycéens afin de leur présenter son environnement industriel, les différents métiers exercés au sein de l’entreprise et les perspectives de carrière. Une manière de sensibiliser les jeunes aux possibilités professionnelles offertes par l’industrie agroalimentaire, alors que les questions d’orientation et de renouvellement des compétences constituent des enjeux importants pour le secteur.

Pour Oisin Morrin, président de Vitagora, cette mobilisation doit permettre d’aller au-delà des recrutements immédiats. « L’industrie agroalimentaire offre de réelles perspectives d’emploi et de carrière. Nous devons mieux faire connaître nos métiers et donner envie de rejoindre nos entreprises », souligne-t-il dans le communiqué du pôle de compétitivité.

Le responsable insiste également sur la nécessité de travailler collectivement sur les difficultés rencontrées par les candidats et les employeurs. « L’enjeu ne se limite pas aux compétences : il concerne aussi l’attractivité des métiers, la formation et les conditions d’accès à l’emploi, notamment la mobilité. Avec la SNEA, nous voulons rapprocher les entreprises des candidats et construire, avec nos partenaires, des réponses adaptées aux besoins des territoires. »

Mieux faire connaître les métiers pour répondre aux besoins de demain

Cette mobilisation régionale s’inscrit dans une initiative organisée à l’échelle nationale. En France, l’agroalimentaire constitue le premier secteur industriel en matière d’emploi, avec environ 530 000 salariés. Pour cette sixième édition de la Semaine nationale de l’emploi agroalimentaire, plusieurs centaines d’événements sont annoncés sur l’ensemble du territoire, tandis que France Travail fait état de près de 8 000 offres d’emploi disponibles au niveau national.

Au-delà des rencontres organisées durant ces cinq jours, les partenaires souhaitent renforcer les coopérations entre les entreprises, les organismes de formation, les structures d’accompagnement vers l’emploi et les collectivités. Il s’agit notamment de mieux faire connaître les parcours professionnels possibles dans la filière, de faciliter les reconversions et d’encourager les jeunes à envisager une carrière dans l’industrie agroalimentaire.

En Bourgogne-Franche-Comté, où les besoins de recrutement demeurent importants, cette semaine doit ainsi permettre de multiplier les contacts entre les industriels et les futurs salariés. Reste désormais à transformer ces rencontres en candidatures, puis en embauches durables, tout en apportant des réponses aux difficultés de formation, d’attractivité et de mobilité qui continuent de peser sur le secteur.