ÉDITO – Ils se voyaient peut-être déjà repartir avec le coffre plein de produits de luxe. Mais à Dijon, trois gangsters ont surtout réussi un exploit : transformer un casse spectaculaire en une démonstration magistrale de stupidité.
Il fallait oser. Et visiblement, ce n’est pas le culot qui leur manquait. Dans la nuit de jeudi à vendredi, trois individus ont décidé de s’offrir une petite virée shopping chez Hermès, place Grangier, en plein centre-ville de Dijon.
Seul problème : à 4 h 30 du matin, la boutique était fermée.
Qu’à cela ne tienne ! Quand on n’a pas les clés, on prend une Renault Mégane et on défonce la vitrine. Subtilité, élégance, discrétion… On repassera !
Sur le papier, nos trois génies du crime avaient pourtant prévu leur affaire. Une voiture-bélier, des plaques vraisemblablement bidon, une BMW volée en Suisse pour transporter la marchandise. Du matériel, de la préparation, de l’organisation… Il ne manquait finalement qu’un détail : un cerveau capable d’envisager que la police puisse débarquer !
Car pendant que nos Arsène Lupin de supermarché s’affairaient à charger foulards et parfums, les policiers dijonnais, eux, n’ont pas traîné.
Et là, patatras ! Fin du braquage, fin du rêve, fin de la promenade en BMW. Direction la garde à vue, sans passer par la case départ et surtout sans toucher le jackpot.
Il faut quand même saluer la performance : mobiliser deux véhicules, dont un volé à l’étranger, fracasser une boutique de luxe en plein centre-ville et se faire cueillir avant même d’avoir pu prendre la fuite… C’est presque du talent. Mais du talent à l’envers !
On imagine la préparation, les discussions, les grandes idées et les « T’inquiète, j’ai tout prévu ! » lancés avec assurance. Manifestement, personne autour de la table n’a pensé à poser LA question : « Et si les flics arrivent tout de suite ? »
Une question pourtant assez utile quand on prévoit de réveiller tout un quartier avec une voiture lancée dans une vitrine !
Évidemment, pour le commerçant, ce n’est pas drôle. Une boutique saccagée, des dégâts considérables et une violence gratuite contre un commerce qui n’avait rien demandé.
Mais pour le reste, difficile de ne pas sourire devant un tel fiasco.
Les policiers, eux, méritent un sacré coup de chapeau. Réactivité, efficacité et trois suspects interpellés sur place. Voilà une intervention qui rappelle qu’à Dijon, les voyous peuvent parfois aller beaucoup moins vite que les forces de l’ordre, même avec une BMW !
Quant à nos trois champions présumés, rappelons qu’ils restent innocents tant qu’ils n’ont pas été condamnés. Mais si les faits sont confirmés, ils pourront toujours se consoler : ils voulaient faire parler d’eux, c’est réussi.
Ils visaient Hermès, ils ont décroché la garde à vue. Ils rêvaient de grand luxe, les voilà au commissariat de police de Dijon, dans des geôles où les odeurs ne sont pas toujours des plus agréables… Et même pas un foulard Hermès à se mettre sur le nez pour limiter les dégâts !
Et la morale de cette histoire tient en quelques mots : « Ils rêvaient de jouer dans la cour des grands voyous. Ils ont surtout démontré qu’entre avoir une grosse cylindrée et avoir quelque chose sous le capot, il existe une sacrée différence. La BMW avait des chevaux, la Mégane avait de l’élan… Pour les neurones, en revanche, le moteur semblait avoir sérieusement calé ! »
F. Bauduin