Alors qu’une nouvelle mobilisation contre la vie chère est annoncée ce samedi 31 octobre 2026 à Dijon, la préfecture de la Côte-d’Or a décidé de reconduire plusieurs mesures de sécurité pour prévenir d’éventuels débordements. Après les incidents survenus lors des deux précédents rassemblements, les autorités ont notamment pris un arrêté interdisant les attroupements dans une partie du centre-ville jusqu’à la gare. Des restrictions concernant les artifices pyrotechniques et le transport de carburant sont également mises en place à l’échelle de la métropole dijonnaise.
La tension reste vive autour du mouvement « contre la vie chère » à Dijon. À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation annoncée pour ce samedi 31 octobre, la préfecture de la Côte-d’Or a présenté, vendredi 30 octobre, les mesures destinées à prévenir les troubles à l’ordre public. Les services de l’État entendent notamment protéger les personnes, les commerces et les bâtiments publics, après deux précédents rassemblements marqués par des dégradations et des interventions des forces de l’ordre.
Premier point soulevé par les autorités : aucune déclaration préalable de manifestation n’a été enregistrée en Côte-d’Or pour ce samedi 31 octobre, malgré les appels à se rassembler à Dijon. Cette absence de déclaration concerne aussi bien le mouvement contre la vie chère que le mouvement lycéen. Une situation que déplore la préfecture, qui estime ne pas pouvoir préparer les conditions habituelles de sécurité en concertation avec d’éventuels organisateurs.
Les services de l’État rappellent que, si la liberté de manifester constitue un droit fondamental, son exercice doit respecter un cadre légal permettant de concilier l’expression des revendications avec la sécurité des manifestants, des autres usagers de la voie publique et des biens publics ou privés. Toute manifestation sur la voie publique doit ainsi faire l’objet d’une déclaration au moins trois jours avant sa tenue, auprès de la préfecture en zone police ou de la mairie en zone gendarmerie. Cette démarche doit notamment préciser l’objet du rassemblement, sa date, ses horaires, son itinéraire et l’identité des organisateurs, afin d’anticiper les difficultés de circulation et d’organiser les dispositifs de sécurité.
En l’absence de cette formalité, la préfecture souligne que toute manifestation organisée ce samedi autour du mouvement contre la vie chère ou du mouvement lycéen sera considérée comme illégale. Les manifestations régulièrement déclarées pourront en revanche se dérouler, à condition de se tenir en dehors du périmètre d’interdiction défini par les autorités.
Un périmètre d’interdiction du centre-ville jusqu’à la gare
Cette décision intervient dans un contexte particulier. Les deux précédentes mobilisations, organisées les samedis 17 et 24 octobre à Dijon, n’avaient pas non plus fait l’objet de déclarations préalables. Selon le bilan communiqué par la préfecture, ces rassemblements ont donné lieu à plusieurs dégradations, touchant notamment des commerces et du mobilier urbain. Au total, 16 personnes ont été interpellées et trois personnes ont été blessées au cours de ces deux journées.
Les forces de l’ordre avaient également été amenées à utiliser des gaz lacrymogènes afin de disperser les personnes à l’origine des troubles, de faire respecter les périmètres de sécurité et d’éviter des confrontations directes. Ces incidents ont conduit les services de l’État à maintenir un dispositif préventif renforcé pour ce nouveau week-end de mobilisation.
Dans ce contexte, la préfète de la Côte-d’Or a pris un arrêté interdisant les attroupements et les rassemblements dans un périmètre couvrant une partie du centre-ville de Dijon jusqu’à la gare. Cette interdiction sera applicable le samedi 31 octobre, de 8 heures à minuit. Les forces de l’ordre seront mobilisées pour faire respecter cette mesure, sécuriser le secteur et assurer la protection des personnes, des commerces et des bâtiments publics. La préfecture prévient que les infractions constatées pourront entraîner des suites judiciaires.
Au-delà de ce périmètre, les autorités ont également décidé de renforcer les restrictions sur certains produits susceptibles d’être utilisés lors de débordements. Du vendredi 30 octobre à 8 heures au lundi 2 novembre à 8 heures, plusieurs interdictions s’appliquent sur l’ensemble du territoire de Dijon Métropole. Elles concernent l’achat, la vente, la détention, le transport et l’utilisation sur la voie publique ou en direction de l’espace public d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques. La distribution, la vente et l’achat de carburant dans tout récipient transportable sont également interdits pendant cette période. Ces dispositions sont fixées par arrêté préfectoral et leur non-respect constitue un délit.
La préfecture rappelle les règles encadrant les manifestations
Dans son communiqué, la préfecture tient également à rappeler les principes qui doivent encadrer le déroulement d’une manifestation. Manifester consiste à se rassembler pour exprimer pacifiquement des désaccords, formuler des revendications ou faire entendre des demandes, notamment à travers des pancartes, des slogans et des prises de parole. Les autorités rappellent toutefois que la dissimulation du visage dans l’espace public est interdite par la loi.
Le maintien de l’ordre vise, selon les services de l’État, à préserver la sécurité et la tranquillité dans l’espace public tout en permettant le déroulement des manifestations légalement organisées. Policiers et gendarmes ont notamment pour mission de sécuriser les parcours, de protéger les personnes et les biens et de maintenir, ou de rétablir si nécessaire, l’ordre public. Lorsqu’une manifestation dispose d’organisateurs identifiés, les forces de l’ordre peuvent échanger avec eux afin d’anticiper les difficultés, de faciliter les déplacements du cortège et de garantir l’accès des services de secours en cas d’urgence.
La préfecture insiste également sur le caractère gradué et proportionné de l’intervention des forces de l’ordre, telle qu’elle doit s’exercer dans le cadre légal. Elle rappelle que l’usage de la force doit intervenir en dernier recours et cesser lorsque le calme est rétabli. Les gaz lacrymogènes peuvent notamment être utilisés pour disperser un attroupement hostile ou empêcher le franchissement d’un axe interdit, dans le but d’éviter les contacts directs et les confrontations physiques. Les services de l’État précisent que les interventions de la police et de la gendarmerie répondent à des troubles à l’ordre public ou à des violences.
Les autorités appellent par ailleurs les participants à faire preuve de prudence lorsqu’un rassemblement dégénère. En cas d’ordre de dispersion, les manifestants doivent respecter les instructions données par les forces de l’ordre. La préfecture rappelle que les sommations sont normalement effectuées au moyen d’un mégaphone et que le fait de continuer volontairement à participer à un attroupement après ces sommations est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Elle précise toutefois que les sommations ne sont pas nécessaires lorsque des violences ou des voies de fait sont directement exercées contre les représentants de la force publique.
Les personnes participant à une manifestation qui dégénère, ou se trouvant à proximité de tels événements, sont ainsi invitées à quitter rapidement les lieux et à s’en éloigner. La préfecture souligne également qu’un participant ne peut pas nécessairement voir ou entendre tout ce qui se déroule au sein d’un cortège. C’est notamment pour cette raison que les manifestations légalement organisées disposent souvent d’un service d’ordre chargé d’informer les participants et de faciliter les échanges avec les autorités. Un élément qui, selon les services de l’État, illustre l’importance d’une organisation préalable.
Les commerçants appelés à renforcer leur vigilance
Une attention particulière est enfin portée aux commerçants dijonnais, qui avaient déjà été concernés par les dégradations constatées lors des précédentes mobilisations. À l’approche de ce nouveau rassemblement, la préfecture les invite à anticiper les risques et à prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger leurs établissements, leurs salariés et leurs clients.
Les professionnels sont notamment encouragés à vérifier ou à mettre en place leurs équipements de sécurité, comme les alarmes, les rideaux de fer et les systèmes de vidéoprotection. Il leur est également conseillé de retirer, aux abords de leurs commerces, les objets susceptibles d’être utilisés pour provoquer des dégradations, déclencher des incendies ou blesser des personnes, notamment les poubelles et les cartons.
La préfecture recommande également aux commerçants de s’inscrire au dispositif gratuit « ALERTE COMMERCE », porté par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI). Ce service permet à la police et à la gendarmerie d’adresser des messages d’alerte par SMS aux professionnels inscrits, afin de les informer de l’évolution de la situation. En fonction des circonstances, ces messages peuvent notamment les inviter à fermer temporairement leurs établissements. Les professionnels qui ne bénéficient pas encore de ce dispositif sont invités à effectuer leur inscription gratuitement auprès de la CCI.
Avec ces différentes mesures, les services de l’État entendent éviter que les incidents des 17 et 24 octobre ne se reproduisent lors de cette nouvelle mobilisation contre la vie chère. La préfecture assure que la prévention des troubles et la protection des personnes et des biens resteront au cœur du dispositif déployé ce samedi 31 octobre à Dijon. Elle rappelle enfin qu’en cas d’urgence, les forces de l’ordre peuvent être jointes en composant le 17.
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