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Face à une baisse de 25 % des effectifs scolaires en dix ans, la municipalité de Quetigny engage une profonde réorganisation de ses écoles. À la rentrée 2027, les élèves de l’école maternelle Nelson-Mandela et de l’école élémentaire des Cèdres seront transférés vers d’autres établissements. Une décision que la maire, Isabelle Pasteur, présente comme indispensable pour anticiper les évolutions démographiques, préserver les conditions d’enseignement et engager plusieurs millions d’euros de travaux. Derrière cette réforme, ce sont aussi les habitudes de nombreuses familles, l’avenir de deux bâtiments scolaires et l’organisation du service public de l’éducation qui sont en jeu.

Une décision importante pour l’avenir des écoles de Quetigny

C’est une transformation majeure du paysage scolaire qui se prépare à Quetigny. Après trois années de réflexion et d’études, la municipalité a fait le choix de revoir en profondeur l’organisation de ses établissements scolaires. À compter de la rentrée de septembre 2027, les enfants actuellement accueillis à l’école maternelle Nelson-Mandela et à l’école élémentaire des Cèdres doivent être répartis dans les trois groupes scolaires complets de la commune : les Aiguisons, les Huches François-Mitterrand et Fontaine-aux-Jardins.

Une décision qui ne sera pas sans conséquences pour les familles concernées et à laquelle la maire de Quetigny, Isabelle Pasteur, a souhaité donner une explication détaillée dans un dossier de 31 pages intitulé « Patrimoine et périmètres scolaires : préparer l’avenir », daté du 13 octobre 2026.

Dans son éditorial, l’élue reconnaît d’emblée le caractère sensible du sujet. Car une école ne se résume pas à un bâtiment ou à un nombre de classes. Elle est aussi un lieu de mémoire, d’attachement et de vie collective.

« L’école occupe une place particulière dans la vie de Quetigny. Elle est un lieu d’apprentissage, d’émancipation et d’égalité des chances, mais aussi un lieu de vie auquel chacune et chacun peut être profondément attaché », écrit Isabelle Pasteur.

La maire rappelle que plusieurs générations d’enfants, de parents et de grands-parents ont fréquenté ces établissements. Elle reconnaît également que cette réorganisation entraînera des changements concrets pour les élèves, les familles et les équipes éducatives, tout en s’engageant à accompagner cette transition.

Mais pour la municipalité, le maintien de l’organisation actuelle ne correspondrait plus aux réalités démographiques de la commune. « Notre responsabilité est dès lors de ne pas attendre que la situation nous impose des décisions dans l’urgence », affirme Isabelle Pasteur.

Une phrase qui résume la philosophie de cette réforme : anticiper la diminution des effectifs plutôt que de subir, dans les prochaines années, de nouvelles fermetures de classes.

Une baisse de 25 % des élèves en dix ans

Pour comprendre la décision municipale, il faut revenir aux chiffres. En dix ans, entre 2016 et 2026, les écoles maternelles et élémentaires de Quetigny ont perdu 219 élèves, soit une diminution de 25 % de leurs effectifs. Sur une période plus longue, la baisse apparaît encore plus importante : depuis 1990, la commune a perdu 828 élèves, ce qui représente une diminution de 56 % en 36 ans.

À la rentrée 2026, les écoles de la ville accueillent 645 élèves, en incluant les enfants de toute petite section et ceux des dispositifs ULIS.

La diminution concerne aussi bien les maternelles que les élémentaires. En dix ans, les premières ont perdu 98 élèves, soit environ 30 % de leurs effectifs. Les secondes ont enregistré une baisse de 121 élèves, correspondant à 22 %.

Et selon les projections municipales, le mouvement devrait se poursuivre. Pour la rentrée 2027, la commune anticipe une nouvelle diminution de 2,6 % des effectifs, soit environ 17 élèves supplémentaires en moins.

Pour Isabelle Pasteur, il ne s’agit plus d’une fluctuation passagère, mais d’une tendance structurelle qui oblige à repenser le fonctionnement des écoles.

Cette baisse est directement liée à l’évolution démographique de Quetigny. En 2017, la commune comptait 9 557 habitants. En 2023, ils n’étaient plus que 8 971, soit une diminution d’environ 6 % en six ans.

Mais au-delà de la baisse globale de la population, c’est surtout sa composition qui change. Le nombre de jeunes de moins de 15 ans est passé de 1 700 à 1 398 entre 2017 et 2023. Dans le même temps, la population des 65 ans et plus a augmenté, passant de 1 593 à 2 151 personnes.

Quetigny connaît donc un vieillissement de sa population, avec une part moins importante d’enfants et de jeunes familles. Le nombre de naissances confirme cette évolution : 101 naissances avaient été enregistrées en 2014, contre seulement 75 en 2025, soit une diminution de 26 %.

Autre phénomène : les ménages deviennent plus petits. Leur taille moyenne est passée de 2,25 personnes en 2017 à 2,12 en 2023. Une évolution qui explique pourquoi la construction de logements supplémentaires ne se traduit pas nécessairement par une augmentation du nombre d’enfants scolarisés.

Près de 450 logements construits, mais une démographie toujours défavorable

La municipalité tient néanmoins à rappeler qu’elle n’est pas restée inactive face à cette situation. Dans son éditorial, Isabelle Pasteur souligne que près de 450 logements ont été construits au cours du précédent mandat municipal, avec l’objectif d’accueillir de nouveaux habitants et de renforcer l’attractivité de Quetigny.

La commune a également engagé la rénovation d’équipements publics et la création d’une grande crèche destinée à répondre aux besoins des jeunes familles.

Malgré ces investissements, la tendance démographique n’a pas été inversée.

Le phénomène dépasse d’ailleurs les frontières de la ville. En Côte-d’Or, les naissances sont passées de 5 378 en 2016 à 4 239 en 2025, soit une diminution de plus de 21 %. Le dossier municipal rappelle également que l’académie de Dijon a enregistré une baisse de 3 510 élèves dans le premier degré à la rentrée 2026.

Pour la maire, ces données imposent de prendre des décisions à long terme. « Nous faisons donc le choix d’anticiper plutôt que de subir », insiste-t-elle. L’objectif affiché est de maintenir une offre scolaire de qualité dans une commune où le nombre d’enfants continue de diminuer.

Pourquoi les écoles des Cèdres et Nelson-Mandela sont-elles concernées ?

La question est centrale : pourquoi transférer précisément les élèves de ces deux établissements plutôt que ceux d’autres écoles ? La mairie assure avoir croisé plusieurs critères : l’évolution des effectifs, les perspectives démographiques, la localisation des écoles, les déplacements des familles, l’état des bâtiments, leur capacité d’accueil et les possibilités de rénovation.

Les chiffres montrent effectivement que les deux établissements fonctionnent aujourd’hui avec des effectifs réduits. À la rentrée 2026, l’école élémentaire des Cèdres accueille 60 élèves répartis dans trois classes. En 2010, elle disposait encore de sept classes.

À l’école maternelle Nelson-Mandela, 41 enfants sont scolarisés dans deux classes, contre trois classes en 2010. Au total, les deux écoles ont perdu cinq classes au cours des trente dernières années.

Une diminution qui n’est pas sans conséquences sur leur fonctionnement.

Selon le dossier municipal, les écoles de petite taille doivent davantage recourir aux classes à plusieurs niveaux. Elles disposent également de moins de temps de décharge pour leurs directions, qui doivent partager leur activité entre enseignement et responsabilités administratives.

L’école des Cèdres apparaît particulièrement exposée à une nouvelle fermeture de classe. La municipalité prévoit seulement huit nouvelles entrées en CP à la rentrée 2027.

Sans réorganisation, l’établissement compterait 54 élèves répartis dans trois classes, soit une moyenne de 18 enfants par classe. Cette situation pourrait conduire l’Éducation nationale à supprimer un poste d’enseignant, faisant passer l’école à deux classes regroupant chacune trois niveaux.

La Ville insiste cependant sur une distinction importante : les décisions de fermeture ou d’ouverture de classes relèvent de l’Éducation nationale, et non de la municipalité. La commune est, pour sa part, responsable des bâtiments scolaires, de leur entretien et de leur fonctionnement matériel.

Des bâtiments sous-occupés et coûteux à entretenir

Aux enjeux démographiques et pédagogiques s’ajoute la question du patrimoine immobilier. À l’école des Cèdres, sept salles de classe sont disponibles, mais seulement trois sont utilisées. À Nelson-Mandela, deux classes occupent un bâtiment qui pourrait en accueillir trois. Cette sous-occupation représente un coût important pour la collectivité.

Selon les calculs présentés par la Ville, les dépenses de fonctionnement atteignent 3 940 euros par élève et par an aux Cèdres et 3 570 euros à Nelson-Mandela.

À titre de comparaison, elles s’élèvent à environ 2 500 euros par élève aux Huches François-Mitterrand et à Fontaine-aux-Jardins, et à 1 930 euros aux Aiguisons.

Ces montants intègrent notamment les dépenses d’énergie, le personnel périscolaire et de restauration, le ménage ainsi que l’entretien technique des bâtiments. Ils ne constituent donc pas le coût pédagogique total de la scolarité d’un élève.

Le dossier met également en avant le vieillissement des installations et les difficultés liées aux épisodes de fortes chaleurs.

Lors d’une période de canicule, une température de 34 °C a été relevée à l’étage de l’école des Cèdres, malgré la présence d’arbres, contre des températures maximales de 30 à 31 °C dans les autres écoles de la commune.

Pour Isabelle Pasteur, conserver l’ensemble des sites dans leur fonctionnement actuel limiterait la capacité financière de la collectivité à réaliser les travaux nécessaires dans les établissements qui accueilleront durablement les enfants.

Elle estime que le maintien de cinq sites scolaires avec des effectifs en diminution conduirait progressivement à des bâtiments sous-occupés et à des écoles fragilisées.

La maire défend ainsi une réorganisation qui doit permettre de concentrer les moyens humains, techniques et financiers sur trois groupes scolaires complets.

Où seront scolarisés les enfants à la rentrée 2027 ?

C’est évidemment la question qui préoccupe directement les familles. Le projet municipal prévoit une nouvelle répartition des secteurs scolaires, avec le transfert des enfants des Cèdres et de Nelson-Mandela vers les établissements existants.

Les élèves de l’école élémentaire des Cèdres rejoindront l’école élémentaire des Aiguisons. Pour les enfants de la maternelle Nelson-Mandela, la répartition se fera entre les Aiguisons et les Huches François-Mitterrand, en fonction de leur adresse de résidence.

Selon les projections présentées par la municipalité, 53 élèves des Cèdres rejoindraient les Aiguisons. Douze élèves de Nelson-Mandela seraient affectés à la maternelle des Aiguisons et 28 autres à celle des Huches François-Mitterrand.

Au total, ce sont donc 93 élèves qui figurent dans ces prévisions de transfert.

Pour les familles actuellement rattachées aux trois autres groupes scolaires, la mairie indique qu’aucune modification d’affectation n’est prévue. Les projections pour septembre 2027 font état de 101 enfants à la maternelle des Aiguisons et de 158 à l’élémentaire. Aux Huches François-Mitterrand, la maternelle accueillerait 70 élèves. Les effectifs des autres écoles sont présentés comme inchangés.

La commune assure disposer des capacités nécessaires pour absorber cette réorganisation.

Aux Aiguisons, la capacité annoncée après aménagement sera de 300 élèves, pour 274 attendus à la rentrée 2027, dispositif ULIS compris.

Aux Huches François-Mitterrand, la capacité sera également de 300 places, alors que 198 élèves sont attendus.

Plus largement, la municipalité explique que son patrimoine scolaire actuel permet théoriquement d’accueillir 1 100 élèves, alors que la nouvelle organisation des trois groupes scolaires sera calibrée pour 775 élèves.

Pour les élus, cette adaptation doit permettre d’éviter de conserver des bâtiments inutilement surdimensionnés, tout en maintenant des espaces consacrés aux activités pédagogiques.

Des classes plus équilibrées et davantage de mixité sociale

Au-delà des considérations immobilières, la mairie met en avant plusieurs objectifs éducatifs. Le premier consiste à mieux équilibrer les effectifs entre les écoles pour limiter le risque de fermetures de classes à l’échelle communale.

La municipalité affirme vouloir préserver le nombre global de classes et ne pas augmenter le nombre d’enfants par classe.

Il s’agit toutefois d’un objectif, les décisions concernant les postes d’enseignants restant du ressort de l’Éducation nationale.

Autre argument : la possibilité de réunir les fratries dans un même groupe scolaire, comprenant à la fois une maternelle et une école élémentaire.

La réforme devrait ainsi éviter à certaines familles de déposer leurs enfants dans deux établissements différents. La mairie souhaite également favoriser une meilleure mixité sociale entre les écoles.

Le dossier fait état d’écarts dans la composition sociale des établissements élémentaires. La nouvelle sectorisation est présentée comme un moyen de mieux répartir les enfants de différents quartiers et de réduire ces disparités. Enfin, le regroupement doit permettre de renforcer les équipes éducatives et leurs projets.

Dans les écoles comptant deux ou trois classes, les directions bénéficient, selon le dossier, de douze jours de décharge d’enseignement par an. Dans des écoles de six à huit classes, ce temps passe à environ 36 jours annuels.

La municipalité estime qu’un temps de direction plus important peut faciliter le suivi des projets pédagogiques, les échanges entre enseignants et les partenariats éducatifs. Ces objectifs restent cependant à concrétiser dans le fonctionnement quotidien des futurs établissements.

Plusieurs millions d’euros de travaux aux Aiguisons

La nouvelle organisation scolaire s’accompagne d’un important programme d’investissement. Le groupe scolaire des Aiguisons sera l’un des principaux bénéficiaires de cette transformation, avec une enveloppe annoncée de 3,8 millions d’euros, comprenant les travaux, les études et les frais annexes. Une partie de ces investissements sera consacrée à la rénovation thermique des bâtiments, afin d’améliorer le confort des élèves et des personnels pendant l’hiver comme lors des épisodes de fortes chaleurs.

Le pavillon actuellement occupé par la Maison des Associations retrouvera son usage scolaire initial. Sa réaffectation doit permettre de créer trois nouvelles salles. Le restaurant scolaire fera lui aussi l’objet d’une rénovation, avec la mise en place d’un fonctionnement en self-service pour les élèves de l’élémentaire.

La Ville souhaite ainsi fluidifier les repas, réduire les nuisances sonores et mieux respecter le rythme de chaque enfant. Des améliorations sont également prévues dans la cour de récréation, tandis que les accès à l’établissement doivent être sécurisés.

Des espaces supplémentaires seront consacrés aux activités périscolaires.

Le calendrier prévoit une réalisation progressive des travaux entre 2027 et 2029, avec l’utilisation de locaux provisoires durant la phase de chantier. La municipalité annonce une réduction supplémentaire de 36 % de la consommation énergétique sur ce site, après une première phase de rénovation qui avait déjà permis une baisse de 45 %.

Aux Huches François-Mitterrand, une rénovation et un nouveau centre de loisirs

Le groupe scolaire des Huches François-Mitterrand constitue l’autre grand chantier de cette réorganisation. La programmation technique détaillée est encore à l’étude, mais les ambitions sont importantes. Le dossier évoque une enveloppe prévisionnelle comprise entre 5 et 10 millions d’euros pour ce site.

La rénovation thermique concernera environ 2 950 mètres carrés de bâtiments. Des travaux sont également envisagés dans les espaces extérieurs, notamment les cours de récréation et les accès à l’établissement.

Mais le projet le plus structurant concerne la création d’un centre de loisirs spécifiquement destiné aux enfants âgés de 3 à 11 ans.

Actuellement, l’accueil de loisirs municipal doit partager certains espaces avec l’Éducation nationale, ce qui implique des réaménagements réguliers. La fréquentation de cet accueil est par ailleurs en augmentation.

La municipalité souhaite donc créer des locaux dédiés, mieux adaptés aux différentes activités et aux besoins des enfants. Une extension des bâtiments est prévue à cet effet.

Le programme doit également permettre d’améliorer les conditions de restauration scolaire et les espaces périscolaires.

La Ville prévoit, là encore, une réduction supplémentaire de 36 % des consommations énergétiques, alors que des améliorations techniques ont déjà permis, selon le dossier, une baisse de 51 %.

Les travaux principaux sont programmés entre 2029 et 2031.

Quant au groupe scolaire Fontaine-aux-Jardins, qui conserve ses effectifs et son périmètre, il doit également bénéficier d’aménagements. Son restaurant scolaire doit évoluer vers un self-service pour les élémentaires dès la rentrée 2027. Une rénovation thermique est par ailleurs annoncée au cours du mandat municipal.

Des trajets scolaires qui devront être repensés

Si les enjeux démographiques et immobiliers occupent une large place dans les explications municipales, la question des déplacements reste particulièrement importante pour les familles. Le changement d’école modifiera nécessairement les habitudes de certains parents et enfants, qu’il s’agisse des horaires du matin, des déplacements à pied ou à vélo, du stationnement ou de l’organisation des trajets domicile-école.

La mairie affirme avoir intégré les distances et les cheminements dans ses réflexions sur les nouveaux périmètres scolaires.

L’objectif annoncé est de maintenir des trajets aussi courts et sécurisés que possible, en privilégiant les mobilités douces. La Ville entend notamment étudier les traversées de chaussée, les pistes cyclables, les cheminements piétons et les conditions de dépose des enfants. Elle envisage aussi de transformer certaines rues situées à proximité immédiate des établissements en « rues aux enfants ».

Ces aménagements restent toutefois conditionnés aux études techniques et aux échanges avec les habitants. La nouvelle carte scolaire est présentée dans le dossier municipal, accompagnée d’une annexe détaillant les affectations rue par rue, parfois en fonction des numéros de voirie.

Cette précision est importante : le changement d’établissement dépendra, notamment pour les anciens élèves de Nelson-Mandela, de l’adresse exacte du domicile familial.

Une concertation sur les modalités d’une réforme déjà arrêtée dans son principe

La municipalité prévoit plusieurs phases de concertation pour accompagner les changements. Mais une distinction mérite d’être soulignée : le principe général de la réorganisation a déjà été arrêté par l’exécutif municipal. Les échanges annoncés porteront principalement sur sa mise en œuvre, les déplacements et les futurs aménagements.

Le projet a été présenté au directeur académique des services de l’Éducation nationale et doit encore être entériné par un vote du conseil municipal.

Trois ateliers destinés aux parents d’élèves sont programmés : le 19 novembre 2026 pour une première présentation et des échanges, le 3 décembre sur les trajets et les moyens de déplacement, puis le 17 décembre sur la sécurisation des parcours et le stationnement.

Un bilan de cette concertation est annoncé pour la fin du mois de janvier 2027.

D’autres échanges auront ensuite lieu concernant les travaux des Aiguisons et des Huches François-Mitterrand, avec une participation annoncée des élèves, des enseignants, des familles et des habitants concernés.

La commune a également ouvert un espace de participation sur son site internet, permettant de consulter le dossier, de suivre les ateliers et de transmettre des questions ou des observations.

Les contributions doivent être examinées par les services municipaux et les élus. Une réunion publique est par ailleurs programmée le mardi 3 novembre 2026, à 18 h 30, à l’espace Mendès-France de Quetigny, afin d’échanger sur la réforme avec la maire et les élus.

Comment accompagner les enfants dans leur nouvelle école ?

La mairie reconnaît que changer d’établissement représente une étape importante, particulièrement pour les plus jeunes. Pour préparer la rentrée de septembre 2027, un dispositif d’accompagnement est annoncé.

Les services municipaux des affaires scolaires et de l’enfance-jeunesse doivent accompagner les familles lors des démarches d’inscription, prévues en avril et mai 2027.

Cet accompagnement concernera également la restauration scolaire et les accueils périscolaires du matin et du soir.

En mai et juin 2027, des visites des futurs établissements seront organisées pour permettre aux enfants et à leurs parents de découvrir les locaux, les équipes et le fonctionnement des écoles.

Les enseignants, animateurs et agents municipaux seront associés à cette préparation. Le dossier indique par ailleurs que les horaires et les modalités d’inscription aux services périscolaires doivent rester inchangés.

Concernant les personnels, la municipalité précise qu’elle continuera d’assurer une présence d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, les ATSEM, à hauteur de 0,8 agent par classe, selon le ratio présenté dans le dossier.

Pour les enseignants, les éventuels changements d’affectation dépendront des décisions de l’Éducation nationale. La Ville dit vouloir porter une attention particulière aux situations individuelles, notamment aux familles rencontrant des difficultés liées aux nouveaux trajets ou à l’organisation de la fratrie.

Quel avenir pour les bâtiments des Cèdres et de Nelson-Mandela ?

L’autre grande interrogation concerne le devenir des deux écoles dont les élèves seront transférés. Sur ce point, Isabelle Pasteur tient à écarter l’idée d’un abandon des bâtiments. « Nous ne tournons pas la page des sites Nelson-Mandela et Cèdres : nous voulons leur donner une nouvelle vie », affirme la maire.

La municipalité prévoit de conserver la propriété des deux équipements et d’étudier de nouvelles affectations répondant aux besoins des habitants. Plusieurs pistes sont évoquées : l’installation de services publics ou municipaux, l’accueil d’associations, la création d’équipements collectifs ou le développement d’activités de proximité.

Aucun projet définitif n’est cependant présenté à ce stade.

La Ville souhaite associer les acteurs locaux et les associations à la réflexion sur l’avenir de ces deux sites. L’enjeu dépasse donc le seul fonctionnement scolaire. Il concerne aussi la place que ces bâtiments continueront d’occuper dans leurs quartiers et la possibilité de leur donner une nouvelle utilité publique. La transformation des locaux pourrait commencer progressivement à partir de 2027, selon l’avancement des projets retenus.

Une réforme pour faire des économies ?

La question financière traverse naturellement l’ensemble du dossier. Avec des locaux sous-occupés, des bâtiments vieillissants et des dépenses de fonctionnement différentes selon les établissements, la réorganisation doit permettre à la collectivité de mieux utiliser ses ressources. La mairie ne présente toutefois pas cette décision comme une simple opération budgétaire.

Elle met d’abord en avant la diminution durable des effectifs et la nécessité d’adapter les équipements scolaires à cette réalité.

Les économies attendues concernent notamment les dépenses énergétiques, la restauration scolaire, les services périscolaires, le ménage et l’entretien courant des bâtiments. Mais les montants précis des économies annuelles qui pourraient résulter de la nouvelle organisation ne sont pas détaillés dans le dossier.

À l’inverse, les investissements annoncés seront importants : 3,8 millions d’euros aux Aiguisons, une enveloppe prévisionnelle comprise entre 5 et 10 millions d’euros aux Huches François-Mitterrand, auxquels devront s’ajouter les interventions futures à Fontaine-aux-Jardins.

La municipalité fait ainsi le choix de regrouper ses moyens sur trois pôles scolaires, tout en maintenant dans le patrimoine communal les deux bâtiments qui n’accueilleront plus d’élèves. Reste à mesurer, dans la durée, les effets financiers réels de cette stratégie, au regard des travaux engagés, des économies de fonctionnement et des nouveaux usages qui seront donnés aux bâtiments libérés.

« Préserver la qualité de notre école publique »

Au fil de son éditorial, Isabelle Pasteur insiste sur la responsabilité des élus face à une évolution démographique qui ne peut plus, selon elle, être ignorée. Elle reconnaît que la réforme peut susciter de l’inquiétude, tant les établissements scolaires occupent une place importante dans le quotidien et les souvenirs des habitants.

Mais elle défend une décision destinée à éviter que la baisse des effectifs ne fragilise progressivement plusieurs écoles et ne conduise à des fermetures de classes successives.

« C’est un choix assumé afin de ne pas fragiliser demain l’ensemble de notre service public scolaire », écrit-elle.

La maire entend également inscrire cette transformation dans une ambition environnementale et éducative plus large, avec des bâtiments moins énergivores, des cours mieux aménagées, des équipements périscolaires renforcés et de nouvelles possibilités d’accueil pour les enfants.

« Notre objectif est d’avoir des écoles vivantes, accueillantes, adaptées aux enfants d’aujourd’hui, aux réalités du changement climatique et capables de répondre aux besoins de demain », souligne Isabelle Pasteur.

Pour autant, plusieurs éléments devront encore être précisés au cours des prochains mois : l’organisation concrète des nouveaux trajets, les dispositions transitoires pendant les chantiers, la répartition des équipes éducatives, le coût définitif de certains travaux et l’avenir des deux bâtiments scolaires libérés.

À ces interrogations s’ajoute une question essentielle pour les familles : comment s’assurer que cette réorganisation préservera effectivement les conditions d’apprentissage et le bien-être des enfants ? La municipalité avance ses arguments démographiques, pédagogiques, financiers et environnementaux. La concertation devra désormais permettre de confronter ces orientations aux réalités quotidiennes des parents et des personnels.

Une transformation qui s’étendra jusqu’en 2031

Le calendrier présenté par la Ville montre que cette réforme ne se limitera pas à la rentrée 2027. Si le transfert des élèves des Cèdres et de Nelson-Mandela doit constituer la première étape visible de la nouvelle organisation, les travaux se poursuivront pendant plusieurs années.

Le chantier des Aiguisons devrait s’achever pour la rentrée 2029. Celui des Huches François-Mitterrand, comprenant notamment la rénovation thermique et la création du centre de loisirs, est programmé entre 2029 et 2031.

En parallèle, la réflexion sur la reconversion des anciennes écoles des Cèdres et de Nelson-Mandela devra aboutir à de nouveaux projets. Pour Quetigny, il s’agit donc d’une transformation à la fois scolaire, immobilière et urbaine, dont les effets se feront sentir bien au-delà de septembre 2027.

Isabelle Pasteur résume cette orientation dans la conclusion de son éditorial : il s’agit de « préserver la qualité de notre école publique, investir dans son avenir et continuer à faire de Quetigny une ville où chaque enfant peut grandir et apprendre dans les meilleures conditions possibles ».

À un peu moins d’un an de la rentrée concernée, le cap municipal est désormais posé. Reste la phase la plus concrète : expliquer les changements aux familles, préparer les nouveaux établissements, sécuriser les déplacements et transformer les engagements annoncés en réalisations.

Car si la réforme répond, selon la Ville, à une diminution durable du nombre d’enfants, sa réussite se mesurera aussi à la manière dont élèves, parents et équipes éducatives vivront cette nouvelle organisation scolaire.

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