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Dijon et son agglomération

Commerces dégradés à la suite des manifestations : Éliot Dupond livre ses conseils pour faire face aux dégâts

Par Fabien Bauduin 31 octobre 2026

Après les dégradations survenues ces derniers jours à Dijon et en Côte-d’Or, les commerçants touchés doivent faire face à de nombreuses démarches pour remettre leurs établissements en état. Entre sécurisation des locaux, déclarations aux assurances et travaux de réparation, les premières décisions peuvent être déterminantes. Dans un communiqué publié le 25 octobre 2026, Éliot Dupond, de l’entreprise de rénovation Serenobat, revient sur les précautions à prendre pour éviter que les difficultés ne s’accumulent.

Vitrines brisées, rideaux métalliques endommagés, marchandises détériorées… Pour les commerçants victimes de dégradations, les conséquences ne se limitent pas aux dégâts matériels. À la nécessité de réparer rapidement s’ajoutent les démarches administratives, les échanges avec les assureurs et parfois l’impossibilité de poursuivre normalement leur activité. Une situation d’autant plus délicate que certaines décisions prises dans l’urgence peuvent avoir des conséquences sur les délais d’indemnisation. Pour Éliot Dupond, qui travaille au sein de Serenobat, une entreprise nationale de rénovation intervenant notamment en Côte-d’Or, la priorité doit être donnée à la sécurisation des lieux avant même d’engager les démarches de réparation.

Lorsqu’une vitrine a été brisée ou qu’un rideau métallique a été forcé, il est d’abord nécessaire d’empêcher toute aggravation des dommages. La pose de panneaux provisoires ou de protections adaptées permet notamment de préserver le commerce des intempéries et de limiter les risques d’intrusion. Une attention particulière doit également être portée aux installations électriques et aux équipements mécaniques. Un rideau métallique endommagé peut présenter des défaillances invisibles, tandis qu’une enseigne ou des câbles détériorés peuvent nécessiter l’intervention d’un professionnel. Ces premières opérations, dont les factures doivent être conservées, peuvent être prises en compte dans le cadre du dossier d’assurance, selon les garanties souscrites.

Mais avant de nettoyer les locaux ou d’évacuer les équipements cassés, les commerçants ont également intérêt à constituer un dossier précis des dégâts constatés. Photographies de la façade, vidéos de l’intérieur, inventaire des marchandises abîmées et identification des équipements touchés permettent de documenter l’étendue du sinistre. Éliot Dupond insiste notamment sur l’importance de conserver les éléments détériorés jusqu’au passage éventuel de l’expert mandaté par l’assurance. Leur élimination prématurée pourrait compliquer l’évaluation des dommages. Le dépôt de plainte auprès de la police ou de la gendarmerie constitue également une démarche importante, le récépissé étant généralement demandé par les compagnies d’assurance en cas de vandalisme ou de vol.

La question des délais représente un autre enjeu majeur. En vertu de l’article L113-2 du Code des assurances, le délai de déclaration prévu au contrat ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés pour un sinistre classique et à deux jours ouvrés en cas de vol. Il est donc recommandé de prévenir son assureur dès la découverte des dommages, sans attendre de disposer de l’ensemble des devis ou d’un inventaire définitif. Les commerçants doivent également examiner attentivement les garanties de leur contrat multirisque professionnel. Certaines polices prévoient une couverture des dommages liés aux émeutes et mouvements populaires, ainsi qu’une garantie perte d’exploitation destinée à compenser, sous certaines conditions, les conséquences financières d’une interruption d’activité. Ces protections ne sont toutefois pas systématiques.

La possibilité d’une indemnisation par l’État constitue également une question pour les professionnels touchés. L’article L211-10 du Code de la sécurité intérieure prévoit en effet la responsabilité civile de l’État pour certains dommages causés par des crimes ou délits commis avec violence lors d’attroupements ou de rassemblements. Son application dépend cependant des circonstances précises dans lesquelles les dégradations ont été commises. Les assureurs peuvent, dans certaines situations, engager des recours contre l’État après avoir indemnisé leurs assurés. Pour les commerçants insuffisamment couverts, une démarche directe peut aussi être envisagée, même si elle nécessite généralement un accompagnement juridique.

Une fois les premières démarches réalisées, la remise en état doit être préparée avec méthode. Les devis transmis à l’assureur doivent détailler précisément les interventions envisagées, qu’il s’agisse du remplacement des vitrages, de la réparation des serrures, de la motorisation d’un rideau métallique ou encore de la réfection d’une enseigne. Il est également important de distinguer les réparations nécessaires des éventuelles améliorations souhaitées par le commerçant. La pose d’un vitrage renforcé ou d’un dispositif de fermeture plus résistant peut ainsi générer un surcoût qui ne sera pas nécessairement pris en charge par l’assurance. En dehors des interventions urgentes de sécurisation, Éliot Dupond recommande par ailleurs d’attendre l’accord de l’assureur ou les conclusions de l’expertise avant d’engager les travaux définitifs.

L’objectif reste néanmoins de permettre aux commerces de retrouver leur activité dans les meilleurs délais. Une réouverture partielle peut parfois être envisagée lorsque les installations sont sécurisées, que les débris ont été évacués et que l’accueil du public ne présente plus de danger. Cette solution permet de maintenir le contact avec la clientèle tout en limitant les pertes économiques liées à une fermeture prolongée. Les travaux peuvent cependant se heurter à certaines contraintes réglementaires, particulièrement dans le centre historique de Dijon. Si le remplacement d’une vitrine à l’identique ne nécessite généralement pas de formalité particulière, la modification d’une devanture ou d’une enseigne peut imposer des autorisations d’urbanisme. Dans les secteurs protégés, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France peut également être requis. Les commerces installés dans des immeubles en copropriété doivent, selon la nature des interventions, tenir compte des règles applicables aux façades.

Au-delà des réparations matérielles, les dégradations représentent donc une épreuve administrative et financière pour les professionnels concernés. Entre la nécessité d’agir rapidement et celle de respecter les procédures d’indemnisation, la marge de manœuvre peut sembler réduite. Le message porté par Éliot Dupond dans son communiqué du 25 octobre est avant tout celui de l’anticipation : sécuriser les lieux, conserver les preuves, déclarer le sinistre et préparer soigneusement les travaux. Autant de précautions destinées à éviter qu’une vitrine brisée ou un rideau endommagé ne se transforme en plusieurs semaines de difficultés supplémentaires pour les commerçants dijonnais.


Communiqué du 25 octobre 2026 :

Vitrines brisées, rideaux tordus, marchandises abîmées : après les dégradations de ces derniers jours, des commerçants de Dijon et de Côte-d’Or se retrouvent face à un chantier qu’ils n’avaient pas prévu, en plein dans leur activité. Les démarches sont nombreuses et les délais courts.

Voici, du point de vue de ceux qui réparent, ce qui fait la différence entre un dossier qui avance et un dossier qui s’enlise.

Mettre en sécurité avant tout

La première urgence n’est ni l’assurance ni le devis : c’est de fermer le local et d’éviter que les dégâts ne s’aggravent. Une vitrine brisée laisse entrer la pluie, le froid et parfois de nouveaux visiteurs. Un panneau de bois vissé dans l’encadrement ou un film de protection posé par un vitrier suffit souvent pour quelques jours.

Il faut aussi penser à ce qui ne se voit pas. Un rideau métallique forcé peut avoir endommagé son moteur ou ses fixations ; mieux vaut ne pas le manœuvrer avant vérification. Si des câbles, une enseigne lumineuse ou un tableau électrique ont été touchés, l’électricité doit être coupée sur la zone et contrôlée par un professionnel avant toute remise sous tension.

Ces mesures de mise en sécurité ne sont pas seulement du bon sens : le contrat d’assurance demande en général à l’assuré de prendre les dispositions raisonnables pour limiter les dommages. Gardez les factures de ces interventions d’urgence, elles font partie du sinistre.

Constituer la preuve

Avant de ranger, de balayer ou de jeter quoi que ce soit, photographiez tout : la façade, les vitrages, les serrures, l’intérieur, les stocks abîmés, les équipements. Filmer en continu en parcourant le local est souvent plus parlant qu’une série de photos isolées. Notez l’heure à laquelle vous avez constaté les dégâts et les éventuels témoins.

Ne jetez pas les marchandises détériorées ni les équipements cassés avant que l’assureur ou son expert ne les ait vus ou ne vous ait autorisé à vous en débarrasser. C’est l’une des erreurs qui retardent le plus les indemnisations.

Le dépôt de plainte, au commissariat ou à la gendarmerie, est presque toujours demandé par l’assureur pour les actes de vandalisme et les vols. Le récépissé est à joindre au dossier.

Respecter les délais de déclaration

Le code des assurances fixe des délais minimaux que le contrat ne peut pas raccourcir : en cas de vol, la déclaration doit être faite dans les deux jours ouvrés ; pour les autres sinistres, le délai prévu par le contrat ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés (article L113-2 du code des assurances). Votre contrat peut prévoir plus long, mais il ne faut pas compter dessus : déclarez le plus vite possible, par écrit, en gardant une trace de l’envoi.

La déclaration n’a pas besoin d’être complète dès le premier jour. Elle peut être suivie d’un état des pertes plus détaillé, une fois l’inventaire fait. Ce qui compte, c’est de signaler le sinistre dans les temps.

Relisez aussi votre contrat multirisque professionnelle sur deux points souvent méconnus : la garantie « émeutes et mouvements populaires », qui couvre les dommages causés lors de rassemblements, et la garantie « perte d’exploitation », qui compense une partie du chiffre d’affaires perdu pendant la fermeture. Toutes les polices ne les incluent pas, et leurs conditions varient.

Ce que l’État peut avoir à indemniser

Le débat sur la prise en charge par l’État, porté ces jours-ci par des organisations de commerçants, repose sur un texte ancien : l’État est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis à force ouverte ou par violence par des attroupements ou rassemblements (article L211-10 du code de la sécurité intérieure).

Son application dépend des circonstances, et la procédure passe généralement par l’assureur, qui peut ensuite se retourner contre l’État. Un commerçant non assuré, ou mal assuré, peut engager lui-même une demande, mais c’est une démarche longue qui mérite l’appui d’un avocat ou de la chambre de commerce.

Obtenir des devis utilisables

L’expert de l’assurance aura besoin de devis de réparation. Un devis utilisable n’est pas un montant griffonné : il décrit précisément chaque élément à remplacer, le type de vitrage, les dimensions, la serrurerie, la motorisation du rideau, la reprise de peinture ou d’enseigne. Plus il est détaillé, moins il soulève de questions.

Deux conseils pratiques :

– Séparez la réparation de l’amélioration. Si vous profitez des travaux pour poser un vitrage plus résistant ou un rideau plus solide, demandez que la différence apparaisse sur une ligne distincte. L’assurance indemnise la remise en état ; l’amélioration reste à votre charge ou peut relever d’une aide spécifique.

– Attendez l’accord avant les gros travaux. En dehors de la mise en sécurité, ne lancez pas le remplacement définitif d’une vitrine ou d’un rideau avant que l’expert ne l’ait validé, sauf accord écrit de l’assureur. Sinon, vous risquez de devoir justifier une dépense déjà engagée.

Rouvrir, même partiellement

Une boutique fermée perd des clients qui prennent d’autres habitudes. Dès que la sécurité est assurée, une réouverture partielle, derrière un panneau provisoire et avec une simple affiche expliquant la situation, maintient le lien avec la clientèle.

Les assureurs y sont en général favorables, puisqu’elle réduit la perte d’exploitation. Encore faut-il que l’électricité ait été vérifiée, que les débris de verre aient été évacués et que les issues restent dégagées pour accueillir du public.

Penser aux autorisations

Remplacer une vitrine à l’identique ne demande en général aucune formalité. La changer pour un modèle différent, poser un coffre de rideau en façade ou modifier une enseigne peut en revanche imposer une déclaration préalable en mairie ; au cœur historique de Dijon, classé site patrimonial remarquable, le dossier ira en outre chez l’ABF (architecte des Bâtiments de France).

Pour une boutique située dans un immeuble en copropriété, il faudra peut-être aussi un vote des copropriétaires avant de toucher à la façade. Le service urbanisme de la ville répond à ces questions avant la commande ; c’est plus simple que de devoir démonter après coup.

L’essentiel en quelques lignes

Quand : Quoi 
Le jour même: Mise en sécurité, coupure électrique si besoin, photos et vidéo
Dans les 24 à 48 heures : Plainte, déclaration écrite à l’assureur
Les jours suivants : Inventaire des pertes, devis détaillés, relecture du contrat
Après l’expertise : Travaux définitifs, démarches d’urbanisme si la devanture change

Personne n’est préparé à voir son commerce saccagé. Mais les commerçants qui s’en sortent le plus vite sont ceux qui ont sécurisé, photographié et déclaré dans les premiers jours, avant de penser à la suite.

Eliot Dupond travaille chez Serenobat (https://www.serenobat.fr/nos-agences/agence-cote-…), entreprise nationale de rénovation qui intervient notamment en Côte-d’Or.