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Le Bien public et le Journal de Saône-et-Loire menacés par des suppressions de postes : une pétition lancée pour défendre la presse locale

Par Fabien Bauduin 2 novembre 2026

Une mobilisation citoyenne s’organise pour défendre l’avenir du Journal de Saône-et-Loire (JSL) et du Bien public. Face à un vaste projet de réorganisation porté par le groupe EBRA, propriété du Crédit Mutuel, les syndicats alertent sur les suppressions de postes et l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les rédactions. Une pétition en ligne appelle les habitants, les lecteurs et tous les défenseurs d’une information de proximité à se mobiliser.

Près de 400 postes menacés dans le groupe EBRA

Le groupe EBRA, qui possède neuf quotidiens régionaux dans l’est de la France, a annoncé un vaste plan de restructuration pouvant concerner jusqu’à 400 postes sur environ 3 200 salariés.

En Bourgogne, Le Journal de Saône-et-Loire et Le Bien public sont directement concernés, avec 19 suppressions de postes envisagées au sein de leur société commune, Est Bourgogne Médias.

Au cœur des inquiétudes : le recours accru à l’intelligence artificielle pour accomplir certaines missions jusqu’ici assurées par des professionnels de la presse.

Relecture, correction, réécriture, création de titres et mise en page pourraient être largement automatisées.

Pour les organisations syndicales, cette transformation risque d’entraîner une dégradation des conditions de travail, mais également de fragiliser la qualité de l’information proposée aux lecteurs.

Derrière les suppressions de postes, l’avenir de l’information locale

Chaque jour, des journalistes, secrétaires de rédaction, correspondants locaux et autres salariés travaillent pour raconter la vie de nos communes, suivre les décisions des élus, rendre compte des événements associatifs, sportifs, économiques et culturels.

Cette présence humaine constitue l’une des grandes richesses de la presse régionale. Mais que deviendra cette proximité si les effectifs diminuent et si certaines missions éditoriales sont confiées à des outils automatisés ?

Qui garantira la même vigilance dans la vérification des informations, le respect des particularités locales et la qualité des contenus publiés ?

L’intelligence artificielle peut représenter une évolution technologique utile. Mais pour les opposants au projet, elle ne doit pas devenir un moyen de remplacer le savoir-faire, l’expérience et le jugement des professionnels.

Le Crédit Mutuel interpellé sur ses responsabilités

Propriétaire du groupe EBRA, le Crédit Mutuel se retrouve au centre de cette mobilisation. La direction du groupe explique vouloir répondre à la baisse des ventes de la presse papier et accélérer sa transformation numérique. Elle assure que les départs seront volontaires et que les outils d’intelligence artificielle doivent faciliter le travail des journalistes, et non les remplacer. Elle prévoit également la création de nouveaux postes.

Ces arguments ne suffisent toutefois pas à rassurer les salariés mobilisés.

Le 9 octobre 2026, une grève a touché les neuf quotidiens du groupe, témoignant de l’ampleur des inquiétudes.

Pour les syndicats, l’enjeu dépasse désormais les seules questions d’emploi : c’est aussi le modèle de la presse quotidienne régionale et son rôle dans la vie démocratique locale qui sont en discussion.

Une pétition pour faire entendre la voix des lecteurs et des citoyens

Face à cette situation, le SNJ EBM a lancé, le 26 octobre 2026, une pétition sur Change.org intitulée : « JSL/BIEN PUBLIC : STOP AU PROJET D’IA ET DE SUPPRESSIONS DE POSTES DU CREDIT MUTUEL »

Les signataires demandent notamment :

Lecteurs, habitants, citoyens : votre signature peut compter !

Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire font partie du quotidien de milliers de Bourguignons. Depuis des générations, ces journaux accompagnent la vie de nos territoires, racontent leurs transformations et témoignent de leur histoire.

Défendre la presse locale, c’est aussi défendre le droit de chacun à une information de proximité, indépendante dans ses choix éditoriaux et vérifiée par des professionnels.

Que vous soyez lecteur régulier, ancien salarié, habitant de Côte-d’Or ou de Saône-et-Loire, ou simplement attaché à l’avenir du journalisme, vous pouvez faire entendre votre voix.

Signez et partagez la pétition pour soutenir les salariés du JSL et du Bien public et demander au Crédit Mutuel de reconsidérer son projet.

SIGNER LA PÉTITION : https://www.change.org/p/jsl-bien-public-stop-au-projet-d-ia-et-de-suppressions-de-postes-du-credit-mutuel

Une signature ne règle pas tout, mais chaque soutien contribue à donner davantage de visibilité à cette mobilisation. Parce que derrière chaque journal, il y a des femmes, des hommes, des métiers et un lien précieux avec nos territoires. Ne laissons pas cet avenir se décider sans les lecteurs.