À l’occasion de l’inauguration de la 96e Foire internationale et gastronomique de Dijon, ce samedi 31 octobre 2026, Nadjoua Belhadef, présidente de Dijon Bourgogne Events, affiche son enthousiasme. Attachée à cet événement populaire qu’elle fréquente depuis ses 20 ans, l’élue dijonnaise défend une Foire accessible à tous, malgré les difficultés économiques. Dans cet entretien, elle revient sur les nouveautés de cette édition, son ambition de développer le tourisme d’affaires à Dijon et le vaste chantier de réhabilitation du Parc des expositions et des congrès, attendu à l’horizon 2030.
Ce samedi 31 octobre, le sourire est de mise pour Nadjoua Belhadef. La présidente de Dijon Bourgogne Events assiste au lancement de la 96e édition de la Foire internationale et gastronomique de Dijon, un rendez-vous qui occupe une place particulière dans son parcours personnel.
Au-delà des stands, des animations et des découvertes gastronomiques, elle voit dans cette manifestation un moment de convivialité indispensable dans une période marquée par les incertitudes économiques et sociales.
Mais la présidente ne se limite pas à l’organisation de ce grand rendez-vous populaire. Depuis sa prise de fonction à la tête de Dijon Bourgogne Events, le 1er juin 2026, elle affiche une ambition : renforcer l’attractivité de Dijon, attirer davantage de congrès et accompagner la transformation d’un équipement majeur de la capitale bourguignonne.
Entretien.
« La Foire, c’est un événement qui rassemble et qui fait du bien »
Madame la Présidente, quel est votre sentiment en ce jour d’inauguration de la 96e Foire internationale et gastronomique de Dijon ?
Nadjoua Belhadef : Je suis très heureuse, je vous le dis sincèrement, parce que la Foire a du sens pour moi. J’y viens depuis que j’ai 20 ans. Je suis encore un peu jeune, mais cela fait tout de même un petit moment !
C’est un événement populaire, festif, qui rassemble et qui fait du bien. Dans cette période un peu anxiogène, avec tous les troubles que nous traversons, je sais bien que nous n’allons pas régler les problèmes du monde en venant à la Foire. Mais cela peut représenter une petite pause, une bouffée d’oxygène.
On peut se retrouver, partager un moment agréable, découvrir des choses et, pendant quelques heures, oublier un peu les difficultés du quotidien. C’est aussi cela, la Foire de Dijon.
« Nous voulons que la Foire reste populaire et accessible à tous »
Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation importante pour les Français, comment permettre au plus grand nombre de profiter de cet événement ?
Nadjoua Belhadef : Nous avons essayé de maintenir notre politique tarifaire, avec une tarification sociale et plusieurs possibilités de gratuité. Nous avons également mis en place les Copains de la Foire, un dispositif qui permet de bénéficier d’une entrée à 5 euros au lieu de 7 euros.
Il existe aussi des dispositions particulières pour les personnes en situation de handicap. Notre objectif est de faire en sorte que cet événement reste populaire et accessible à tous.
Bien sûr, il y a des stands et nous espérons que les visiteurs consommeront. C’est important, car cela génère de l’activité économique pour les restaurateurs, les commerçants et les artisans, qui traversent eux aussi une période compliquée.
Mais je tiens à rappeler une chose : on peut tout à fait venir à la Foire, payer son entrée et passer toute la journée à se promener, à découvrir les exposants et à profiter des animations gratuites que nous proposons.
Aujourd’hui, par exemple, il y a un atelier de maquillage pour les enfants, et c’est gratuit. Nous voulons que chacun puisse vivre sa Foire, quels que soient ses moyens financiers.
J’invite vraiment tout le monde à venir, à se retrouver et à partager un bon moment.
Vous évoquez les difficultés économiques. La Foire peut-elle aussi être un moyen de recréer du lien social ?
Nadjoua Belhadef : Bien sûr. J’aimerais que le pouvoir d’achat des Français augmente et que chacun puisse profiter de tout. C’est peut-être un vœu pieux, mais je pense qu’il faut continuer à garder espoir.
Il faut continuer à se battre, à défendre les plus modestes et les plus faibles, à porter leur voix.
Et j’en profite pour adresser un message à tous les responsables politiques : il faut être responsables, ouvrir les yeux et vivre dans la vraie vie.
Nous devons rester attentifs à ce que vivent réellement les gens. Avec la Foire, à notre échelle, nous essayons de proposer quelque chose qui reste accessible et qui permette à chacun de passer un bon moment.
Plus de 400 exposants et 250 animations gratuites : une édition placée sous le signe de la fête
Sur le plan économique et événementiel, cette 96e édition affiche des chiffres importants. Que faut-il retenir ?
Nadjoua Belhadef : Nous avons plus de 400 exposants, notamment grâce à l’arrivée de marchés de créateurs et de nouveaux artisans.
Nous proposons également 250 animations gratuites pendant les douze jours de la Foire, avec cinq nocturnes et deux boums, dont celle d’Halloween organisée ce soir.
Au total, nous disposons de 24 000 mètres carrés d’exposition.
Et puis, cette année, nous mettons à l’honneur six destinations internationales gourmandes : le Japon, la Tunisie, l’Afrique subsaharienne, le Canada, l’Italie et le Vietnam.
C’est une belle diversité. La Foire doit permettre de découvrir des spécialités, des savoir-faire et des cultures différentes. C’est aussi ce qui fait sa richesse.
« J’adore être la VRP de ma ville »
Vous avez pris la présidence de Dijon Bourgogne Events il y a quelques mois. Comment vivez-vous cette nouvelle responsabilité ?
Nadjoua Belhadef : Cela se passe très bien. Moi, j’adore ça ! J’adore être la VRP de ma ville.
Cela peut paraître un peu bizarre de le dire comme ça, mais c’est la vérité. Je suis amoureuse de Dijon. Je trouve que c’est une ville magnifique, accueillante, diverse, et dans laquelle on vit bien.
J’aimerais pouvoir aller voir tout le monde et leur dire : venez à Dijon !
Vous savez, lorsque l’on organise un congrès, on a évidemment besoin de lieux pour se réunir, échanger et travailler. Mais des salles de réunion, on peut en trouver à peu près partout.
Ce qui fait la différence, c’est aussi ce que l’on peut faire en dehors des réunions. C’est la vie autour du congrès.
Et à Dijon, nous avons énormément d’atouts.
Nous avons un centre-ville piéton dans lequel il est agréable de se promener. Nous pouvons proposer des dégustations de vins. L’office de tourisme organise de nombreuses activités, comme la possibilité de fabriquer son propre pot de moutarde.
Nous avons aussi le château du Clos de Vougeot, les Jeudis Vin et tout un patrimoine gastronomique, culturel et touristique exceptionnel.
En réalité, nous avons tout ce qu’il faut pour accueillir des congrès venus de toute la France, mais aussi de l’international.
« Mon ambition est de doubler le nombre de congrès »
Justement, quelles ambitions vous fixez-vous pour développer l’activité de Dijon Bourgogne Events ?
Nadjoua Belhadef : Mon ambition est de doubler le nombre de congrès accueillis et de doubler le nombre de congrès organisés.
Je suis convaincue que nous avons tous les atouts pour atteindre cet objectif, mais il faut être proactif. Il faut aller chercher les événements, convaincre les organisateurs et leur montrer tout ce que Dijon peut offrir.
Et moi, j’aime bien aller chercher !
J’ai la chance d’avoir une super équipe au Palais des congrès. Ce sont des personnes motivées, qui ont envie d’avancer et qui partagent cette ambition de développer le business et l’activité économique sur notre territoire.
Nous allons donc travailler tous ensemble pour atteindre ces objectifs.
Nous sommes également soutenus par Dijon Métropole et par la Ville de Dijon, avec Nathalie Koenders.
Tout cela doit nous permettre d’aller plus loin. En tout cas, je compte bien m’y employer pleinement.
« La Foire représente à elle seule 20 millions d’euros de retombées économiques »
Au-delà de l’attractivité et du rayonnement de Dijon, quel poids représente cette activité pour l’économie locale ?
Nadjoua Belhadef : Il faut bien comprendre ce que représente le Palais des congrès pour notre territoire.
Une année d’activité, c’est environ 50 millions d’euros de retombées économiques. Et rien que la Foire gastronomique représente 20 millions d’euros sur ces 50 millions. C’est énorme !
Derrière ces chiffres, il y a des nuitées dans les hôtels, des repas dans les restaurants, de l’activité pour les commerces et pour de nombreuses entreprises locales.
C’est une économie qui profite directement au territoire. Cela crée une dynamique positive, une forme d’économie circulaire.
C’est aussi pour cela que je tiens autant à développer les congrès et les événements professionnels. Parce que derrière chaque manifestation, il y a des retombées concrètes pour Dijon et pour tous ceux qui y travaillent.
Réhabilitation du Parc des expositions : « L’objectif, c’est d’avoir un bel équipement en 2030 »
Vous allez également vivre un mandat marqué par un chantier majeur : la réhabilitation du Parc des expositions et des congrès. Où en est ce dossier ?
Nadjoua Belhadef : Je voudrais d’abord apporter une petite précision importante.
Je suis présidente de la société publique locale Dijon Bourgogne Events, qui est la structure chargée de l’exploitation du Palais des congrès et du Parc des expositions.
Mais le bâtiment appartient à la Ville de Dijon. C’est donc bien la Ville, et sa maire, Nathalie Koenders, qui portent ce projet de réhabilitation.
Pour moi, c’est d’ailleurs l’un des plus beaux projets de son programme municipal.
Aujourd’hui, la procédure est en cours. L’entreprise qui sera chargée du projet n’a pas encore été choisie. Cette sélection doit intervenir d’ici à la fin de l’année.
L’objectif est de disposer d’un bel équipement rénové à l’horizon 2030. Je l’espère vraiment.
Mais il y a aussi un point sur lequel nous avons beaucoup insisté dans le cahier des charges : c’est le maintien de l’activité pendant les travaux.
Il est essentiel de pouvoir continuer à accueillir des événements et à faire vivre ce lieu pendant cette période de transformation.
Et je peux vous le dire : il y aura bien une Foire gastronomique l’année prochaine à Dijon !
Une présidente déterminée à faire rayonner Dijon
À travers cet entretien, Nadjoua Belhadef dessine les deux grandes orientations de son mandat : préserver le caractère populaire et fédérateur de la Foire internationale et gastronomique de Dijon, tout en renforçant le poids économique du tourisme d’affaires.
D’un côté, une manifestation profondément ancrée dans les habitudes des Dijonnais, qu’elle souhaite maintenir accessible au plus grand nombre. De l’autre, un Palais des congrès appelé à se moderniser et à accueillir davantage de rendez-vous professionnels, nationaux et internationaux.
La présidente ne cache ni son attachement personnel à la capitale bourguignonne ni son envie de défendre ses atouts au-delà des frontières régionales.
Entre ambitions économiques, préoccupations sociales et transformation des infrastructures, elle entend faire de Dijon Bourgogne Events un acteur central du développement et du rayonnement du territoire.
En attendant les grands chantiers de demain, la priorité reste à la fête. Jusqu’au 11 novembre, la 96e Foire internationale et gastronomique de Dijon poursuit son programme de découvertes, de rencontres et de convivialité.
Une occasion, selon Nadjoua Belhadef, de rappeler que la Foire doit rester avant tout un rendez-vous ouvert à tous.