Dans la vallée du Doubs, SNCF Réseau expérimente une nouvelle manière d’aménager les abords de ses voies ferrées. À Deluz, un terrain de 6 000 m² accueille désormais plusieurs installations destinées à favoriser la faune et la flore. Un projet inédit à l’échelle nationale, selon l’entreprise, qui entend concilier protection de l’environnement et sécurité ferroviaire.
Et si les abords des voies ferrées devenaient aussi des espaces favorables à la biodiversité ? C’est le pari engagé par SNCF Réseau à Deluz, dans le Doubs. L’entreprise y mène une expérimentation écologique visant à redonner une place à la nature sur des terrains habituellement consacrés aux besoins du réseau ferroviaire.
Lundi 2 novembre, élus, associations et partenaires ont été invités à découvrir ce site pilote installé dans la vallée du Doubs. L’objectif est de tester de nouveaux aménagements capables d’accueillir différentes espèces animales et végétales, tout en respectant les contraintes liées à la circulation et à l’entretien des trains.
Cinq aménagements pour accueillir la faune et la flore
Sur une surface de 6 000 m², SNCF Réseau a créé plusieurs espaces aux caractéristiques différentes. Une mare a notamment été aménagée pour accueillir les amphibiens, comme les grenouilles et les tritons, ainsi que les libellules.
Un ensemble d’arbres favorisant la présence de bois mort doit permettre à certaines espèces de trouver refuge. Un muret en pierre sèche et des gabions, structures constituées de pierres, ont également été installés pour offrir des abris aux reptiles et aux insectes.
Le dispositif comprend aussi une prairie fleurie destinée à favoriser les insectes pollinisateurs, notamment les abeilles.
Au total, cinq aménagements écologiques ont été réalisés. Deux zones témoins complètent l’installation afin de pouvoir comparer, au fil du temps, l’évolution des espaces aménagés avec celle des secteurs laissés sans intervention particulière.
Une expérimentation suivie par des spécialistes
Au-delà des installations, le projet doit permettre de mesurer les effets réels de ces aménagements sur l’environnement.
Pour cela, SNCF Réseau s’appuie notamment sur la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le Conservatoire botanique national de Franche-Comté, ainsi que des équipes universitaires et des spécialistes de la biodiversité.
Le suivi portera sur l’évolution de la végétation, la présence des espèces animales et le fonctionnement des différents habitats créés. Les besoins d’entretien seront également étudiés afin de déterminer si ces solutions peuvent être reproduites sur d’autres portions du réseau ferroviaire.
Car l’enjeu ne se limite pas à la protection des espèces. Il s’agit aussi de vérifier que ces aménagements restent compatibles avec les exigences de sécurité et de maintenance des infrastructures.
Un investissement de 50 000 euros
Initialement destiné à répondre à un besoin de sécurisation d’une emprise ferroviaire, le projet a progressivement pris une dimension environnementale.
SNCF Réseau a consacré 50 000 euros à cette opération, entièrement financée par l’entreprise.
Cette initiative s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’adaptation des infrastructures au changement climatique. La gestion de l’eau, le choix d’espèces végétales adaptées au territoire et la préservation des continuités écologiques font notamment partie des pistes étudiées.
En Bourgogne-Franche-Comté, SNCF Réseau assure l’entretien de 3 000 kilomètres de lignes ferroviaires et gère 2 370 hectares d’emprises et d’abords de voies. En 2026, l’entreprise indique consacrer 11,6 millions d’euros à l’entretien de ces espaces.
Un projet déjà récompensé au niveau national
L’expérimentation menée à Deluz a récemment reçu le prix IMBP 2026, consacré aux infrastructures, à la mobilité, à la biodiversité et aux paysages. Cette distinction, décernée par l’IDRRIM et le Cerema, vient saluer une démarche associant gestion des infrastructures ferroviaires et préservation de l’environnement.
Reste désormais à observer les résultats de cette expérimentation sur la durée. Les données recueillies permettront de déterminer si les aménagements testés à Deluz peuvent être déployés ailleurs en France.
Si les résultats sont concluants, cette expérience pourrait contribuer à faire évoluer la manière dont les abords des voies ferrées sont entretenus, en laissant davantage de place à la biodiversité.