Dijon Actualités
Dijon

Manifestation du 5 novembre à Dijon : des musiciens vont investir la place de la Libération pour soutenir la jeunesse mobilisée

Par Fabien Bauduin 4 novembre 2026

La musique s’invite dans la mobilisation sociale à Dijon. Ce jeudi 5 novembre 2026, à partir de 14 heures, des musiciens professionnels et amateurs, des étudiants de conservatoire et des choristes se retrouveront place de la Libération pour une prestation musicale engagée. Organisée dans le cadre de l’Appel du Nouveau Monde, cette initiative entend soutenir la jeunesse mobilisée contre la précarité, la violence institutionnelle et la répression, tout en dénonçant les difficultés rencontrées par le secteur culturel.

Les revendications sociales vont prendre une dimension musicale ce jeudi 5 novembre dans le centre-ville de Dijon. À 14 heures, un orchestre militant se réunira place de la Libération pour accompagner la mobilisation et faire entendre, à travers la musique, les préoccupations d’une partie de la jeunesse et des acteurs du monde culturel. Musiciens professionnels, amateurs, étudiants de conservatoire et choristes sont invités à participer à cette prestation en plein air, qui devrait également rassembler des lycéens, des étudiants, des syndicalistes et des habitants du quartier.

Cette initiative locale s’inscrit dans le prolongement de l’Appel du Nouveau Monde, lancé par l’Orchestre du Nouveau Monde, un collectif qui entend faire sortir la musique classique des salles de concert pour l’amener au cœur des mouvements sociaux. À Dijon, les participants souhaitent ainsi apporter leur soutien aux jeunes qui se mobilisent contre la précarité, mais également contre ce qu’ils dénoncent comme des formes de violence institutionnelle et de répression. La rencontre se veut à la fois un moment de rassemblement, de partage et d’expression collective des revendications.

Pour donner de la voix à cette mobilisation, les organisateurs ont prévu un répertoire mêlant chants engagés et musiques populaires. Les participants interpréteront notamment El Pueblo, du groupe chilien Quilapayún, ainsi que L’Internationale, deux chants associés aux luttes sociales. Des musiques issues de grandes productions cinématographiques viendront également enrichir le programme, avec des morceaux tirés des univers d’Avengers, de Hunger Games et de Star Wars. Une manière de réunir différentes générations et sensibilités autour d’un langage commun, celui de la musique.

Les professionnels de la musique veulent aussi faire entendre leurs revendications

Au-delà du soutien apporté aux jeunes mobilisés, les musiciens souhaitent également attirer l’attention sur les difficultés auxquelles leur propre secteur est confronté. Dans leur communiqué, ils expliquent que leur engagement dépasse les causes qu’ils défendent individuellement et qu’ils entendent aussi dénoncer la dégradation des conditions de fonctionnement et de financement de la culture.

Les organisateurs pointent notamment les coupes budgétaires à répétition dans le domaine culturel, évoquant une énième fracture pour le budget 2027. Ils s’inquiètent également de la diminution des financements accordés au secteur associatif, dont le rôle est particulièrement important dans l’enseignement artistique et le fonctionnement de nombreux ensembles musicaux locaux.

Selon eux, ces restrictions financières fragilisent les structures culturelles et risquent d’entraîner un appauvrissement de l’offre artistique. Les musiciens dénoncent ainsi le manque de moyens qui menace les activités culturelles et associatives, tout en souhaitant rappeler l’importance de leur place dans la société.

C’est dans cette perspective qu’ils ont décidé de rejoindre la mobilisation du 5 novembre, en s’inspirant notamment de l’action menée par l’Orchestre du Nouveau Monde lors du rassemblement du 17 octobre dernier. Leur objectif est de proposer un moment de lutte musicale collectif, ouvert à différents publics, dans un esprit pacifique.

Les participants souhaitent que cette rencontre permette de rendre visibles les revendications populaires qu’ils soutiennent et de montrer que la musique peut également devenir un moyen d’expression et de mobilisation citoyenne.

Un mouvement national qui entend faire sortir la musique des salles de concert

L’initiative dijonnaise fait écho à un mouvement national impulsé par l’Orchestre du Nouveau Monde. Après plusieurs interventions organisées à Paris, notamment sur le parvis de l’Hôtel de Ville et place de la République, le collectif souhaite encourager la création d’orchestres militants dans différentes villes françaises.

L’objectif est de permettre aux musiciens de se mobiliser directement sur les lieux de rassemblement, qu’il s’agisse des abords des lycées et des universités, des ronds-points ou des cortèges de manifestations. L’Orchestre du Nouveau Monde invite ainsi les professionnels comme les amateurs à s’organiser localement pour accompagner les mouvements sociaux à travers des prestations musicales collectives.

Pour faciliter cette dynamique, un kit de mobilisation et des outils de mise en réseau sont mis à disposition des personnes souhaitant organiser des initiatives similaires. Cette démarche vise à faire émerger des groupes de musiciens engagés sur l’ensemble du territoire, capables d’intervenir dans l’espace public et de contribuer aux mobilisations.

L’Orchestre du Nouveau Monde revendique ainsi une autre manière de faire vivre la musique classique, en la rendant accessible en dehors des lieux traditionnels de représentation et en l’associant directement aux préoccupations sociales contemporaines. À travers son appel national, le collectif souhaite faire de la musique « un acte de résistance, de solidarité et d’unification ».

À Dijon, le rassemblement de ce jeudi 5 novembre entend illustrer cette volonté. En investissant la place de la Libération avec leurs instruments et leurs voix, les musiciens espèrent à la fois soutenir la jeunesse mobilisée, défendre le secteur culturel et proposer une forme d’engagement collectif où les revendications sociales s’expriment aussi en musique. Le rendez-vous est fixé ce jeudi 5 novembre à 14 heures, place de la Libération à Dijon.