Face aux nouvelles mobilisations annoncées les jeudi 5 et samedi 7 novembre 2026, la préfecture de la Côte-d’Or a décidé de renforcer les mesures de sécurité sur le territoire de Dijon Métropole. Dans un arrêté signé ce mercredi 4 novembre, les autorités interdisent temporairement la vente, le transport et l’utilisation de certains artifices pyrotechniques, ainsi que la distribution et l’achat de carburant dans des récipients transportables. Ces restrictions entreront en vigueur jeudi 5 novembre à 8 heures et resteront applicables jusqu’au lundi 9 novembre à 8 heures.
Alors que de nouvelles manifestations sont annoncées à Dijon dans les prochains jours, la préfecture de la Côte-d’Or entend prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Un arrêté préfectoral, daté du mercredi 4 novembre 2026 et publié au recueil des actes administratifs, instaure plusieurs restrictions temporaires sur l’ensemble du territoire de Dijon Métropole. Ces mesures concernent principalement les artifices de divertissement, les articles pyrotechniques et la vente de carburant dans des contenants transportables.
Cette décision intervient dans un contexte de mobilisations sociales qui se succèdent depuis plusieurs semaines dans l’agglomération dijonnaise. Selon les éléments avancés par la préfecture, les précédents rassemblements ont été marqués par des tensions avec les forces de l’ordre, des tirs de mortiers d’artifice et plusieurs dégradations de biens publics et privés. Les autorités redoutent que les nouvelles journées de mobilisation ne donnent lieu à des incidents similaires.
Des restrictions en vigueur pendant quatre jours
L’arrêté préfectoral n° 1774 prévoit ainsi, du jeudi 5 novembre à 8 heures au lundi 9 novembre à 8 heures, l’interdiction de l’achat et de la vente de certains artifices de divertissement des catégories F2 et F3, ainsi que des articles pyrotechniques des catégories P1 et P2. Leur détention, leur transport et leur utilisation sont également interdits sur la voie publique ou en direction de l’espace public. Les restrictions concernant les artifices F2 et F3 portent précisément sur ceux figurant dans la liste fixée par l’arrêté ministériel du 17 décembre 2021.
Les restrictions concernent également les carburants. Pendant cette même période, la distribution, la vente à emporter et l’achat de carburant dans tout récipient transportable seront interdits sur le territoire métropolitain. La vente à la pompe de combustible domestique est également concernée. Des exceptions restent toutefois possibles en cas de nécessité dûment justifiée par le client, laquelle pourra être vérifiée, si besoin, avec le concours des services de police ou de gendarmerie.
Concernant les artifices pyrotechniques, des dérogations sont également prévues pour les personnes pouvant justifier de leur utilisation dans le cadre d’un spectacle pyrotechnique réglementaire ou, pour certaines catégories, d’un feu d’artifice préalablement déclaré ou autorisé par le maire de la commune.
La préfecture revient sur les violences des précédentes manifestations
Pour justifier ces mesures, les services de l’État dressent dans leur arrêté un bilan des précédentes mobilisations organisées à Dijon dans le cadre du mouvement contre la vie chère. Selon les chiffres mentionnés par la préfecture, trois rassemblements non déclarés ont notamment eu lieu place de la République au cours du mois d’octobre.
Le samedi 17 octobre, les autorités font état de plus de 6 000 participants. Une semaine plus tard, le samedi 24 octobre, 4 500 personnes se seraient rassemblées, avant une nouvelle mobilisation réunissant, toujours selon la préfecture, 3 500 manifestants le samedi 31 octobre.
Ces rassemblements auraient été accompagnés, selon les services de l’État, de plusieurs épisodes de violences urbaines. La préfecture revient particulièrement sur les événements du 17 octobre, au cours desquels environ un millier d’individus qualifiés d’hostiles auraient quitté les points de rassemblement pour se disperser dans plusieurs secteurs de la ville.
D’après l’arrêté, certains groupes auraient forcé des barrages de police afin de rejoindre les rues du centre-ville et le secteur de la gare de Dijon. Les forces de l’ordre auraient alors été visées par des jets de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice. Des dégradations sur du mobilier urbain et des vitrines de commerces sont également rapportées.
Les autorités mentionnent par ailleurs plusieurs incendies survenus au cours de cette journée et dans la nuit suivante. Des détritus, des conteneurs à ordures et des véhicules auraient été incendiés à Dijon et à Chenôve, tandis qu’un bâtiment public aurait été touché par un incendie à Quetigny.
Selon la préfecture, de nouveaux incidents auraient également été constatés lors des mobilisations des 24 et 31 octobre, avec notamment des jets de projectiles en direction des forces de sécurité et des tirs de mortiers d’artifice.
Deux nouvelles journées de mobilisation sous surveillance
C’est dans ce contexte que les autorités anticipent les rassemblements annoncés pour les jeudi 5 et samedi 7 novembre. Un nouvel appel national à la mobilisation a été lancé pour le jeudi 5 novembre, et deux déclarations de manifestation ont été déposées auprès de la préfecture par plusieurs organisations syndicales.
Les services de l’État considèrent toutefois qu’il existe un risque que ces rassemblements soient rejoints par des personnes extérieures aux revendications initiales, susceptibles, selon eux, de provoquer des troubles à l’ordre public.
Une autre mobilisation est également annoncée pour le samedi 7 novembre. D’après la préfecture, des appels relayés sur les réseaux sociaux invitent les participants à se retrouver simultanément dans plusieurs lieux stratégiques de Dijon. Contrairement aux rassemblements prévus jeudi, aucune déclaration de manifestation n’avait été enregistrée pour cette journée au moment de la rédaction de l’arrêté.
Les autorités évoquent une possible convergence entre plusieurs mouvements contestataires, notamment des participants historiques du mouvement des Gilets jaunes, des groupes qualifiés de radicaux et des lycéens et étudiants actuellement mobilisés. La préfecture estime que cette nouvelle journée pourrait rassembler plusieurs milliers de personnes.
Éviter l’utilisation de mortiers et de carburant lors des rassemblements
L’objectif affiché de ces restrictions est d’empêcher l’utilisation détournée des artifices pyrotechniques et des carburants lors d’éventuels affrontements ou dégradations. Dans son arrêté, la préfecture souligne que certains articles pyrotechniques peuvent être utilisés comme projectiles contre les forces de l’ordre ou pour déclencher des incendies de mobilier urbain, de véhicules et de bâtiments.
Les services de l’État rappellent également les risques de blessures graves liés à l’utilisation de mortiers d’artifice, notamment les brûlures et les traumatismes auditifs. Ils estiment que l’utilisation inappropriée de ces dispositifs sur la voie publique peut provoquer des mouvements de panique et mobiliser inutilement les services de secours ou les forces de sécurité.
La limitation temporaire de la vente de carburant dans des récipients transportables répond à la même logique de prévention. Les autorités souhaitent éviter que ces produits puissent être utilisés pour provoquer des incendies ou porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens.
La préfecture rappelle enfin que les forces de sécurité intérieure demeurent fortement mobilisées dans le cadre du plan Vigipirate, maintenu au niveau « Vigilance renforcée », ce qui nécessite, selon elle, une attention particulière à la sécurité des rassemblements.
Des sanctions prévues en cas de non-respect
Les interdictions décidées par la préfecture s’appliqueront à l’ensemble des communes de Dijon Métropole, et non uniquement au centre-ville de Dijon ou aux secteurs dans lesquels les manifestations sont annoncées.
L’arrêté précise que toute infraction aux dispositions mises en place pourra faire l’objet de sanctions dans les conditions prévues par le Code pénal. Les forces de police et de gendarmerie sont chargées de veiller à l’application de ces mesures.
Signé le 4 novembre 2026 par Aurélie Contrecivile, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète Violaine Démaret, cet arrêté traduit la volonté des services de l’État d’anticiper les risques de violences à l’approche de deux nouvelles journées de mobilisation.
Ces restrictions prendront automatiquement fin le lundi 9 novembre à 8 heures, conformément aux dispositions de l’arrêté. D’ici là, les manifestations des 5 et 7 novembre feront l’objet d’une attention particulière de la part des autorités, dans un contexte social déjà marqué par plusieurs semaines de mobilisations dans l’agglomération dijonnaise.