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Dijon et son agglomération

Grève du 5 novembre : derrière la mobilisation, des revendications sur les salaires et les services publics

Par Fabien Bauduin 5 novembre 2026

Ce jeudi 5 novembre, les organisations syndicales entendent faire entendre leurs revendications à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation nationale. À Dijon, les manifestants sont attendus dès 14 heures, place de la Libération, pour un défilé dans les rues du centre-ville. Derrière cet appel à la grève, plusieurs préoccupations majeures : la revalorisation des salaires, la défense du pouvoir d’achat, l’avenir des services publics ou encore la justice fiscale. Dans un contexte de débats budgétaires et d’inquiétudes sociales, les syndicats réclament des mesures concrètes en faveur des salariés, des retraités et des agents publics. Tour d’horizon des principales revendications qui motivent cette mobilisation.

La colère sociale entend une nouvelle fois se faire entendre. Après plusieurs semaines marquées par des mobilisations dans différents secteurs, les organisations syndicales souhaitent franchir une nouvelle étape ce jeudi 5 novembre.

À Dijon, la CFDT, la CGT, FO, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la CFTC appellent salariés, fonctionnaires, retraités et jeunes à se retrouver dans les rues de la capitale bourguignonne.

Au-delà de la contestation du projet de budget pour 2027, cette journée doit permettre de rappeler une série de revendications économiques et sociales, que les syndicats estiment insuffisamment prises en compte par le gouvernement et les employeurs.

Des augmentations de salaire pour faire face au coût de la vie

C’est l’une des principales revendications de cette journée : permettre aux salariés de retrouver du pouvoir d’achat. Les organisations syndicales considèrent que les rémunérations ne suivent pas suffisamment l’évolution des dépenses quotidiennes. Alimentation, carburant, énergie ou logement : autant de postes qui continuent de peser sur le budget des ménages.

Elles demandent donc l’ouverture immédiate de négociations salariales dans les entreprises et les différentes branches professionnelles, afin d’obtenir des augmentations durables des rémunérations.

La revalorisation du salaire minimum figure également parmi les priorités. La CFDT réclame notamment une hausse de 100 euros nets du SMIC, accompagnée d’une amélioration des revenus les plus modestes.

Pour les syndicats, l’enjeu est aussi de garantir une véritable reconnaissance du travail, notamment dans les professions dont les rémunérations restent faibles malgré leur importance économique ou sociale.

L’égalité salariale entre les femmes et les hommes fait également partie des revendications communes. Les organisations demandent des mesures concrètes pour réduire les écarts de rémunération et améliorer les perspectives de carrière des femmes.

Fonction publique : des rémunérations et des carrières à revaloriser

Les agents publics occupent une place importante dans cette mobilisation. Enseignants, personnels hospitaliers, agents territoriaux ou encore fonctionnaires de l’État sont concernés par une revendication commune : l’augmentation de la valeur du point d’indice, qui sert au calcul du traitement indiciaire des fonctionnaires.

Les syndicats dénoncent une perte de pouvoir d’achat liée aux périodes de gel et aux revalorisations jugées insuffisantes. Ils réclament des mesures salariales générales, plutôt que des augmentations limitées à certaines catégories de personnels.

L’amélioration des carrières est également au programme. Les organisations souhaitent notamment rendre les évolutions professionnelles plus attractives et reconnaître davantage l’expérience et les qualifications des agents.

À Dijon, ces revendications trouvent aussi un écho local. La CGT des territoriaux de la ville, du CCAS et de Dijon Métropole réclame l’ouverture de négociations sur les rémunérations et les conditions de travail.

Le syndicat pointe notamment la surcharge de travail, les effectifs insuffisants dans certains services et le manque de reconnaissance des personnels. Il déplore également que les réponses apportées par les collectivités aux demandes salariales aient été reportées, notamment dans la perspective des élections professionnelles de décembre.

Retraites et prestations sociales : protéger les revenus les plus fragiles

Les retraités font également partie des publics appelés à participer à cette journée de mobilisation. Les organisations syndicales demandent une augmentation des pensions, aussi bien pour les retraites de base que pour les régimes complémentaires Agirc-Arrco, qui concernent les salariés du secteur privé.

L’objectif est de préserver le niveau de vie des retraités, notamment de ceux qui perçoivent de petites pensions et doivent faire face à des dépenses importantes de logement, d’énergie ou de santé.

Mais les revendications ne s’arrêtent pas aux retraites.

Les syndicats souhaitent également une revalorisation des prestations sociales, parmi lesquelles les aides personnalisées au logement (APL), le RSA, les allocations familiales et les bourses étudiantes.

Ils contestent les orientations budgétaires susceptibles de limiter l’évolution de ces aides, estimant que les économies publiques ne doivent pas se faire au détriment des ménages les plus modestes.

Santé, éducation et services publics : davantage de moyens demandés

Autre sujet central de cette journée : l’avenir des services publics. Les organisations syndicales réclament des investissements supplémentaires afin de garantir l’accès aux services essentiels sur l’ensemble du territoire.

Dans le secteur de la santé, elles demandent davantage de moyens humains et financiers pour les établissements hospitaliers, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail des soignants.

Le vieillissement de la population renforce également, selon elles, la nécessité de développer les dispositifs d’accompagnement des personnes âgées et les services médico-sociaux.

L’éducation constitue un autre point de mobilisation. Les syndicats souhaitent renforcer les moyens consacrés aux établissements scolaires, améliorer les conditions d’apprentissage et répondre aux difficultés rencontrées par les personnels.

En Côte-d’Or, Solidaires défend notamment une augmentation de 10 milliards d’euros des moyens consacrés à l’éducation à l’échelle nationale.

Plus largement, les organisations dénoncent une logique d’économies budgétaires qui risque, selon elles, de fragiliser les services publics et d’accroître les inégalités entre les territoires.

Justice fiscale : mettre davantage à contribution les plus hauts patrimoines

La question du financement des politiques publiques est également au cœur des revendications. Les syndicats défendent une fiscalité plus progressive, qui solliciterait davantage les patrimoines les plus importants, les héritages et les revenus issus des dividendes.

Ils estiment qu’une meilleure répartition de l’effort fiscal pourrait permettre de financer les besoins sociaux sans faire peser l’essentiel des contraintes budgétaires sur les salariés et les ménages modestes.

Autre point de contestation : les aides publiques accordées aux entreprises.

Les organisations syndicales avancent le chiffre de 211 milliards d’euros d’aides publiques et demandent que leur utilisation soit davantage évaluée et contrôlée.

L’idée est notamment de conditionner certaines aides à des engagements précis en matière d’emploi, d’investissement, de rémunération ou de transition écologique.

La question des profits des grandes entreprises est aussi soulevée. Solidaires revendique notamment une taxation des superprofits et une meilleure redistribution des richesses produites.

Emploi et industrie : éviter les suppressions de postes et préparer l’avenir

Les inquiétudes concernant l’emploi occupent également une place importante dans cette mobilisation nationale. Face aux fermetures de sites, aux plans de licenciement et aux délocalisations, les organisations syndicales réclament une politique industrielle plus ambitieuse.

Elles souhaitent encourager la relocalisation de certaines productions en France, préserver les emplois existants et soutenir la création d’activités industrielles durables.

Cette stratégie doit également intégrer les enjeux environnementaux.

Les syndicats demandent des investissements pour décarboner l’industrie, améliorer l’isolation des bâtiments, développer les transports collectifs moins polluants et adapter les territoires aux conséquences du réchauffement climatique.

Leur objectif est de concilier protection de l’emploi, développement économique et transition écologique, en veillant à ce que les transformations industrielles ne pénalisent pas les salariés.

La jeunesse également au centre des préoccupations

Cette journée de mobilisation intervient aussi dans un contexte de contestation lycéenne et étudiante. Les organisations syndicales apportent leur soutien aux jeunes mobilisés pour de meilleures conditions d’études et davantage d’égalité.

Le financement de l’éducation, les conditions matérielles de la vie étudiante, l’accès aux aides sociales ou encore les perspectives d’insertion professionnelle font partie des préoccupations mises en avant.

Pour les syndicats, les choix budgétaires actuels auront des conséquences directes sur les générations futures, ce qui justifie d’associer pleinement la jeunesse à cette mobilisation.

À Dijon, un rendez-vous à 14 heures place de la Libération

C’est autour de l’ensemble de ces revendications que les organisations syndicales espèrent rassembler ce jeudi. À Dijon, le départ de la manifestation est prévu à 14 heures, place de la Libération.

Une assemblée générale doit également se tenir à l’issue du cortège, place Wilson, afin de discuter des éventuelles suites à donner au mouvement.

Une autre manifestation est annoncée en Côte-d’Or, à Montbard, à 15 heures, place Gambetta.

Cette journée pourrait ainsi constituer un nouveau temps fort de la contestation sociale engagée depuis la rentrée.

Pour les organisations syndicales, il ne s’agit pas seulement de dénoncer les orientations du gouvernement, mais aussi d’obtenir des réponses concrètes sur les rémunérations, le financement des services publics et l’avenir de l’emploi.

Reste à savoir si la mobilisation de ce jeudi permettra d’engager de nouvelles négociations et de peser sur les discussions budgétaires des prochaines semaines.