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Prix du gaz : une nouvelle hausse attendue en décembre après plusieurs mois d’augmentations, les factures des Français sous pression

Par Bernard .D 5 novembre 2026

Mauvaise nouvelle pour les millions de Français qui utilisent le gaz pour se chauffer, cuisiner ou produire de l’eau chaude. Après plusieurs augmentations successives depuis l’été, les prix pourraient connaître une nouvelle hausse importante dès le 1er décembre 2026. Selon les premières estimations, le prix du kilowattheure de gaz destiné au chauffage pourrait progresser d’environ 7 %. Une perspective préoccupante à l’approche de l’hiver, alors que les ménages subissent déjà une forte augmentation de leurs dépenses énergétiques.

La série noire pourrait se poursuivre pour les consommateurs de gaz. Alors que le prix repère de vente du gaz vient d’augmenter de 6,6 % au 1er novembre, une nouvelle revalorisation est attendue dès le mois prochain.

Selon les estimations publiées le 3 novembre par le spécialiste de l’énergie Hello Watt, le prix du kilowattheure utilisé pour le chauffage pourrait progresser de 7,1 % en décembre, passant de 0,1576 euro à environ 0,1688 euro TTC.

Pour les foyers utilisant le gaz uniquement pour la cuisson et l’eau chaude, l’augmentation envisagée atteindrait 5,9 %, avec un kilowattheure passant de 0,1903 à 0,2015 euro TTC.

Le prix repère moyen, tous profils confondus, pourrait ainsi atteindre environ 206,12 euros TTC par mégawattheure, contre 194,90 euros en novembre, soit une augmentation de 5,8 %.

Ces chiffres restent toutefois des prévisions. Au 5 novembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) n’a pas encore publié officiellement les prix repères applicables au 1er décembre. Les estimations devront donc être confirmées.

Si cette nouvelle hausse se concrétise, il s’agira de la quatrième augmentation mensuelle consécutive, après celles enregistrées en septembre, octobre et novembre.

Retour sur plusieurs mois d’augmentations successives

Pour comprendre l’ampleur de la situation, il faut revenir sur l’évolution des tarifs depuis le début de l’été. En juillet 2026, les consommateurs ont subi une augmentation de 7,4 % du prix repère du gaz, liée notamment à la progression des coûts d’approvisionnement et d’acheminement. Une hausse qui représentait environ 2,70 euros supplémentaires sur la facture moyenne du mois.

Le mois d’août a apporté un léger répit, avec une baisse de 0,8 %. Mais cette accalmie a été de courte durée.

Dès septembre, les prix sont repartis à la hausse avec une augmentation de 5,6 %, faisant passer le prix repère de 162,89 à 172,05 euros TTC par mégawattheure.

En octobre, une nouvelle hausse de 6,3 % a porté ce même prix à 182,88 euros TTC par mégawattheure.

Enfin, le 1er novembre, une augmentation supplémentaire de 6,6 % a été officiellement appliquée, portant la référence à 194,90 euros TTC par mégawattheure.

En seulement trois mois, entre septembre et novembre, le prix repère du gaz a ainsi augmenté de près de 20 %.

Sur une période plus longue, le constat est encore plus marqué. Entre janvier et novembre 2026, le prix repère moyen est passé de 136,88 euros à 194,90 euros TTC par mégawattheure, soit une progression d’environ 42,4 %.

L’enchaînement de ces revalorisations illustre la dégradation rapide de la situation énergétique, après une première partie d’année marquée par des prix plus modérés.

Pourquoi le gaz augmente-t-il autant ?

La principale explication réside dans la hausse des prix du gaz naturel sur les marchés internationaux. Depuis plusieurs mois, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient alimentent les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial. Les perturbations des échanges et les incertitudes concernant les livraisons de gaz contribuent à faire progresser les prix de gros.

L’Europe demeure particulièrement sensible à ces évolutions. Une partie de ses besoins est couverte par des importations de gaz naturel liquéfié, dont le prix dépend notamment de la concurrence entre acheteurs internationaux.

À cette situation s’ajoute l’arrivée de l’hiver. Lorsque les températures baissent, la consommation augmente fortement, notamment pour le chauffage des logements. Cette hausse saisonnière de la demande peut accentuer les tensions sur les prix.

Le mécanisme de fixation du prix repère explique également le décalage entre les marchés et les factures. La CRE s’appuie sur des références de prix de gros observées au cours des mois précédents pour calculer son indicateur.

Ainsi, les augmentations observées sur les marchés pendant l’automne peuvent continuer à se répercuter sur les prix proposés aux particuliers durant l’hiver.

Quel impact sur les factures des ménages ?

Pour les consommateurs, les conséquences sont loin d’être négligeables. La CRE estime que la hausse appliquée en novembre représente environ 12 euros supplémentaires sur la facture moyenne du mois pour les ménages disposant d’une offre indexée sur son prix repère.

Pour décembre, les projections sont également préoccupantes. Selon Hello Watt, un foyer consommant 13 000 kilowattheures de gaz par an, principalement pour le chauffage, pourrait voir sa facture annuelle théorique passer d’environ 2 410 euros aux prix de novembre à 2 555 euros aux prix anticipés de décembre.

Cela représenterait 145 euros supplémentaires par an à consommation identique, si le niveau de prix estimé pour décembre était maintenu sur douze mois. Il ne s’agit donc pas d’une augmentation de 145 euros sur la seule facture de décembre.

Les conséquences pourraient être particulièrement sensibles pour les habitants de logements anciens ou mal isolés, dont les besoins en chauffage sont souvent importants.

Les familles modestes, les retraités disposant de revenus limités et les ménages vivant dans des maisons chauffées au gaz risquent également d’être davantage exposés à l’augmentation des dépenses.

Au-delà du chauffage, la hausse de l’énergie peut aussi se répercuter sur les coûts de fonctionnement des entreprises, et contribuer indirectement à la pression sur les prix de certains produits et services.

Tous les consommateurs seront-ils concernés ?

Il existe toutefois des différences importantes selon le contrat souscrit. Depuis la suppression des tarifs réglementés du gaz en juillet 2023, les fournisseurs commercialisent librement leurs offres. La CRE publie chaque mois un prix repère destiné à aider les consommateurs à comparer les tarifs.

Les ménages disposant d’une offre indexée sur cet indicateur sont directement exposés à ses variations.

En revanche, les particuliers ayant souscrit une offre à prix fixe sont généralement protégés contre les hausses de la part énergie pendant la durée prévue par leur contrat, sous réserve des clauses applicables, notamment concernant les taxes et certains coûts de réseau.

Selon la CRE, environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz bénéficiaient d’un contrat à prix fixe à la fin de l’année 2025. La situation n’est donc pas identique pour tous les foyers, même si la tendance générale reste à la hausse.

Un hiver 2026-2027 qui pourrait coûter cher

Les perspectives pour les prochains mois demeurent incertaines. Les projections publiées début novembre par plusieurs spécialistes de l’énergie laissent entrevoir un maintien de la pression sur les tarifs au début de l’année 2027. Selectra envisage notamment un prix du kilowattheure de gaz de chauffage proche de 0,175 euro TTC en janvier, avant une éventuelle détente au printemps.

Ces projections restent dépendantes de l’évolution des marchés, des conditions météorologiques et de la situation internationale.

Pour les ménages, les possibilités d’action consistent notamment à comparer les offres de fournisseurs, examiner les conditions des contrats à prix fixe, entretenir les installations de chauffage et limiter les déperditions de chaleur.

Le médiateur national de l’énergie met à disposition un comparateur public et indépendant permettant de vérifier les offres disponibles.

Le pouvoir d’achat des Français à nouveau fragilisé

Cette succession de hausses intervient dans un contexte où le budget des ménages est déjà soumis à de nombreuses contraintes. Pour certains foyers, le chauffage représente une dépense difficilement compressible, particulièrement pendant les périodes de grand froid.

La CRE estime que, si la situation reste globalement stable jusqu’à la fin de l’année, la facture annuelle moyenne de gaz en 2026 pourrait être supérieure d’environ 11 % à celle de 2025, soit près de 135 euros supplémentaires.

Cette estimation pourrait toutefois évoluer en fonction des tarifs de décembre et des prochains mouvements du marché.

Après les augmentations de septembre, octobre et novembre, la hausse envisagée pour décembre risque donc de prolonger la pression sur le pouvoir d’achat, précisément au moment où les besoins de chauffage deviennent les plus importants.

Pour les millions de Français concernés, la prochaine publication officielle des tarifs de la CRE sera particulièrement attendue. Elle permettra de déterminer si les prévisions se confirment et de mesurer l’ampleur de cette nouvelle augmentation.

Une chose est déjà certaine : avec un prix repère en forte progression depuis le début de l’année, la question du coût du chauffage s’impose comme l’un des enjeux majeurs de cet hiver 2026-2027.