Ce vendredi 6 novembre 2026, à l’école maternelle Devosge, Nathalie Koenders, maire de Dijon, et Jérôme Jardry, directeur académique des services de l’Éducation nationale de la Côte-d’Or, ont signé une nouvelle charte de coopération entre les enseignants et les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM). Un engagement destiné à mieux reconnaître le rôle de ces professionnels, à renforcer leur complémentarité avec les équipes enseignantes et à améliorer l’accompagnement des enfants dès leurs premières années de scolarité.
C’est au sein de l’école maternelle Devosge, établissement qui a directement participé aux réflexions autour de cette nouvelle charte, que la Ville de Dijon et l’Éducation nationale ont officialisé leur engagement commun. Adopté à l’unanimité par le conseil municipal le 21 septembre dernier, ce texte concerne les 130 ATSEM qui interviennent quotidiennement dans les 38 écoles maternelles publiques dijonnaises. Vingt ans après une première charte signée en 2006, puis actualisée en 2015, cette nouvelle version entend tenir compte de l’évolution des métiers, des pratiques pédagogiques et des besoins des enfants. Elle est le résultat d’une concertation engagée au printemps 2025, associant les ATSEM, les directions d’école, les responsables périscolaires, les représentants de l’Éducation nationale et les services municipaux.
Avant d’aborder les enjeux de cette signature, Nathalie Koenders a tenu à exprimer son soutien à la directrice d’une école maternelle et à une enseignante victimes d’une violente agression à Nice la semaine précédente. « La violence n’a pas sa place dans notre République et encore moins au cœur de l’école publique », a déclaré la maire de Dijon, rappelant que les établissements scolaires doivent demeurer des lieux d’apprentissage, de protection et de construction de la citoyenneté. Pour l’élue, cette exigence prend une dimension particulière à l’école maternelle, qui représente la première rencontre des enfants avec l’école de la République. C’est à cet âge, a-t-elle souligné, que commencent à se construire la cohésion sociale, l’égalité des chances et la lutte contre les déterminismes.
À Dijon, la maire a rappelé que les écoles maternelles accueillent environ 3 300 enfants répartis dans 152 classes. Autant de lieux où se développent les premiers apprentissages, la socialisation et l’émancipation des plus jeunes. Mais cette mission ne pourrait être accomplie sans l’engagement de l’ensemble des personnels qui font vivre les établissements au quotidien. « Prendre soin de l’école républicaine, ça implique d’abord de prendre soin de celles et ceux qui la font vivre », a insisté Nathalie Koenders. Enseignants, ATSEM, agents d’entretien, animateurs, personnels de restauration ou équipes de direction participent, chacun dans son domaine de compétence, à cette mission éducative. La maire a également rappelé que les enfants et leurs familles nouent parfois des relations de confiance différentes selon les professionnels rencontrés, ce qui rend leur complémentarité indispensable.
Une reconnaissance particulière a été adressée aux ATSEM, au cœur de la signature de cette charte. Nathalie Koenders a notamment mis en avant une spécificité dijonnaise : la totalité du temps de travail des 130 agents est consacrée aux missions éducatives, contrairement à d’autres collectivités où ils peuvent également être chargés de tâches de nettoyage. Un choix municipal ancien que la maire entend maintenir. « Je pense que tous les enseignants diraient que sans vous, ce serait très compliqué », a-t-elle lancé à leur intention, avant d’ajouter : « Vous êtes des maillons essentiels de l’éducation et soyez-en infiniment remerciés. » Au-delà de cette reconnaissance, l’enjeu consiste à mieux définir les missions et les responsabilités de chacun, tout en favorisant un dialogue permanent entre les professionnels.
Cette nécessité de travailler ensemble a également été au centre de l’intervention de Jérôme Jardry, directeur académique des services de l’Éducation nationale. Celui-ci a salué « le collectif qui a pu être tissé dans les écoles » et le travail conduit conjointement par les enseignants et les ATSEM. Il a rappelé l’importance particulière de l’école maternelle dans le système éducatif français, alors que l’instruction est obligatoire dès l’âge de trois ans. Pour lui, ces premières années sont essentielles pour développer le langage, enrichir le vocabulaire, construire la pensée, favoriser la confiance en soi et préparer les apprentissages futurs. La coopération entre les différents professionnels permet précisément de multiplier les occasions d’apprentissage, en tenant compte du développement et des besoins de chaque enfant.
Le directeur académique a également insisté sur le rôle de l’école maternelle dans la réduction des inégalités sociales. Les premières années de scolarisation permettent, selon lui, de consolider des acquis déterminants pour la suite du parcours éducatif. Il a évoqué l’existence, dans le département, d’une mission spécifiquement consacrée à l’école maternelle, dont il a salué le travail fondé notamment sur la recherche pédagogique. Après avoir observé les échanges entre adultes et enfants au cours d’une visite de classe, Jérôme Jardry a souligné l’intérêt de cette collaboration dans les activités portant sur le vocabulaire ou la motricité. Il a ainsi rappelé que les enseignants, les ATSEM et les parents disposent de « compétences qui sont distinctes et qui sont complémentaires », appelant à poursuivre cet engagement collectif au plus près des élèves.
Pour Nathalie Koenders, la signature de cette charte ne doit toutefois pas constituer une simple déclaration d’intention. Les engagements pris doivent évoluer avec la société, les pratiques professionnelles et les besoins des enfants. C’est précisément le sens du travail de concertation qui a permis d’actualiser le document, dont la mise en œuvre fera désormais l’objet d’un suivi annuel. La maire a également lié cette coopération humaine aux conditions matérielles dans lesquelles travaillent les équipes éducatives. Elle a confirmé la poursuite du plan Ambition éducative 2030, initié par François Rebsamen, qui prévoit un investissement de 75 millions d’euros sur dix ans pour rénover et moderniser le patrimoine scolaire dijonnais.
L’adaptation des bâtiments scolaires au changement climatique constitue l’un des enjeux majeurs de ce programme. Nathalie Koenders a notamment évoqué les difficultés rencontrées lors des épisodes de fortes chaleurs, dans des établissements historiquement conçus pour conserver la chaleur durant l’hiver. L’orientation des bâtiments et l’importance des surfaces vitrées peuvent aujourd’hui compliquer leur adaptation aux températures estivales. La Ville a donc engagé un travail de diagnostic afin d’identifier les écoles nécessitant des interventions prioritaires. Malgré un contexte budgétaire qu’elle juge contraint, notamment au regard des perspectives du projet de loi de finances pour 2027, la maire a assuré que l’éducation demeurerait une priorité municipale.
La protection de l’enfance a constitué un autre temps fort de son intervention. Revenant sur les faits de violences révélés dans le secteur périscolaire parisien, Nathalie Koenders a rappelé que l’école maternelle représente également un premier espace de prévention, de lutte contre les violences et d’éducation à l’égalité. Elle a affirmé que la sécurité physique et morale de chaque enfant constituait une « priorité absolue » pour la municipalité. Tout en reconnaissant que le risque zéro n’existe pas, elle a défendu la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et les garde-fous. Elle a aussi insisté sur l’importance de préserver la confiance envers les nombreux professionnels qui exercent leur métier avec sérieux, dans un secteur où les difficultés de recrutement et les craintes liées aux accusations peuvent, selon elle, décourager certaines vocations. La maire a, dans ce contexte, salué les initiatives parlementaires destinées à renforcer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et la protection des enfants.
Enfin, Nathalie Koenders a profité de cette rencontre pour annoncer une initiative à destination des familles dijonnaises. Après la distribution de fournitures scolaires aux élèves des écoles élémentaires à la rentrée, la Ville prévoit d’offrir, en fin d’année, un petit livre aux enfants des écoles maternelles. Cet ouvrage, destiné également à leurs parents, portera sur l’importance du sommeil chez les plus jeunes. La maire a souligné combien les habitudes de sommeil et la lecture d’histoires participent au développement des enfants, en rappelant la place essentielle des familles aux côtés de l’école. Elle a conclu son intervention en évoquant le proverbe selon lequel « il faut tout un village pour éduquer un enfant », une formule faisant écho aux propos tenus par Jérôme Jardry sur la nécessité d’une mobilisation collective.
Avec cette nouvelle charte, Dijon et l’Éducation nationale souhaitent ainsi inscrire dans la durée une coopération déjà ancienne. Au-delà de la répartition des missions entre ATSEM et enseignants, la démarche vise à reconnaître le travail souvent discret de ces professionnels, à améliorer leurs conditions d’exercice et à garantir aux enfants un environnement éducatif cohérent, bienveillant et sécurisant. Une ambition qui repose sur une conviction partagée par les deux signataires : la réussite scolaire commence dès la maternelle et se construit grâce à l’engagement de tous ceux qui accompagnent les enfants au quotidien.