Ce lundi 7 juillet, lors d’une conférence de presse organisée en amont du conseil municipal prévu le samedi 12 juillet 2025, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a annoncé la fin de la consultation citoyenne concernant l’avenir d’une bande de 1,14 hectare sur le site occupé des Lentillères. Cette parcelle sera urbanisée. Les occupants ont jusqu’au mois d’octobre pour proposer une solution légale pour le reste du site, sous peine d’expulsion.
C’est un virage décisif que vient de prendre la Ville de Dijon concernant le Quartier Libre des Lentillères. La maire a officiellement mis fin à l’hypothèse d’un référendum local sur le devenir de cette bande de terrain située à l’est du quartier autogéré. « Il n’y aura pas de référendum. La bande de 1,14 hectare sera urbanisée », a déclaré l’élue.
Ce secteur, situé le long du mail Guynemer, accueillera soixante logements sociaux, construits avec des matériaux durables, dans le prolongement du projet d’aménagement de l’écocité Jardin des Maraîchers. « C’est un site déjà artificialisé », a affirmé la maire, déterminée à faire progresser ce dossier.
À moins de neuf mois des élections municipales prévues en mars 2026, cette prise de position apparaît comme un acte fort. Nathalie Koenders aurait pu choisir d’éluder ce dossier sensible, régulièrement source de tensions politiques et sociales à Dijon. Au contraire, elle choisit d’assumer cette décision, quitte à froisser une partie de la gauche ou des écologistes.
Occupé illégalement depuis 15 ans par un collectif d’habitants et de jardiniers autogérés, le site des Lentillères fait l’objet d’un long bras de fer entre la municipalité et ses occupants. Initialement destiné à accueillir un vaste programme immobilier, le site avait fait l’objet d’un rétropédalage en 2019 : la mairie avait alors renoncé à urbaniser l’ensemble des 9 hectares, au profit d’un projet de « parc agriculturel », conciliant nature, agriculture et vie collective.
Mais la bande de 1,14 hectare restait un point de crispation. En 2024, l’ancien maire François Rebsamen avait promis un référendum local pour trancher la question. Un engagement que Nathalie Koenders a finalement choisi de ne pas suivre. « J’ai rencontré les représentants du Quartier Libre des Lentillères début avril. Je leur ai tendu la main. Je leur ai dit : trouvons un moyen de légaliser la zone et de l’ouvrir à la population », a-t-elle expliqué.
Une date butoir : octobre 2025
La maire a également fixé une échéance : les occupants disposent jusqu’au mois d’octobre pour proposer une solution légale – via des baux, une association ou toute autre forme juridique – pour les sept hectares restants. À défaut, la Ville entamera une procédure judiciaire d’expulsion.
« Je ne peux pas accepter une friche avec des branchements illégaux d’eau et d’électricité, payés par les autres. Ces terrains appartiennent à la Ville », a-t-elle insisté.
Tout en assurant avoir fait preuve de souplesse – notamment en proposant d’adapter le PLUi-HD (Plan local d’urbanisme intercommunal – Habitat et déplacements) pour permettre de régulariser certaines constructions existantes –, l’élue met en avant sa responsabilité en matière de sécurité.
« Je ne peux me résoudre à un nouveau drame », a-t-elle déclaré, faisant référence à l’incendie survenu en janvier dernier sur le site.
Entre la végétation foisonnante du terrain de BMX et l’urbanisme minéral de l’écocité voisine, les Lentillères restent aujourd’hui le symbole d’un urbanisme alternatif, désormais en sursis. La décision de la maire marque un tournant dans le destin de ce quartier singulier, autogéré depuis plus d’une décennie.