Le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine, Le 1204, accueille une exposition passionnante dédiée à une discipline méconnue mais essentielle : l’archéologie du bâti. Intitulée « Ce que nous murmurent les murs », cette exposition itinérante conçue par l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) s’inscrit dans le cadre du partenariat culturel et scientifique signé en janvier 2024 entre la Ville de Dijon et l’Institut.
Visible jusqu’au 4 janvier 2026, elle invite le public à explorer autrement le patrimoine architectural de la ville, en apprenant à « écouter les murs » et à déchiffrer ce qu’ils révèlent de notre passé collectif.
Une inauguration placée sous le signe de la transmission
Lors de l’inauguration, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a salué « un projet qui fait dialoguer science, culture et mémoire urbaine ». Entourée de la première adjointe à la culture Christine Martin, de représentants de l’INRAP, de la Fondation du Patrimoine et de nombreux élus, elle a rappelé combien « les murs révèlent bien des secrets, pour peu que nous prenions la peine de tendre l’oreille pour écouter leurs murmures ».
La maire a souligné la continuité du travail entrepris par la Ville dans la valorisation de son patrimoine : « Après avoir exploré les portes, puis les sols, nous tournons désormais notre regard vers les murs — ces témoins silencieux qui gardent en eux notre histoire. »

Elle a également rappelé l’importance du partenariat avec l’INRAP, scellé depuis 2024, qui a permis de nombreuses découvertes archéologiques récentes, notamment à proximité du Parvis Saint-Jean ou encore lors des travaux de rénovation de la Maison aux trois visages, datée avec précision entre 1437 et 1438 grâce aux études menées.
Enfin, Nathalie Koenders a annoncé que le label “Ville d’art et d’histoire” serait renouvelé pour la période 2026–2036, confirmant ainsi l’engagement de Dijon en faveur de la connaissance et de la transmission patrimoniale.
L’archéologie du bâti : une science des murs
Prenant la parole à son tour, Laurent Vaxelaire, directeur de l’INRAP Bourgogne–Franche-Comté, a précisé les enjeux de cette exposition : « L’archéologie du bâti éclaire les phases de construction et les transformations successives des bâtiments, en complément des sources écrites. Elle révèle la vie même des édifices à travers leurs matériaux, leurs cicatrices, leurs adaptations. »
L’exposition Archaeocapsule, présentée au 1204, fait partie d’une série de dix modules itinérants conçus par l’INRAP, chacun abordant une thématique contemporaine à la lumière de l’archéologie — de la santé à l’alimentation, en passant ici par la construction.
À Dijon, cette Archaeocapsule est enrichie d’un focus local sur la tour de Bar, étudiée par les archéologues lors du chantier de rénovation du Musée des Beaux-Arts (2016–2019). Les analyses ont révélé un édifice complexe, sans cesse remanié au fil des siècles. Les vitrines présentent objets et fragments mis au jour — cornes, pièces de cuir, éléments de charpente — autant de témoins concrets de la vie et de la transformation du monument au XIVᵉ siècle.
Un prolongement sur le terrain : la chapelle Sainte-Croix de Jérusalem
L’exposition ne s’arrête pas aux murs du 1204. Les visiteurs sont invités à prolonger leur découverte in situ, avec l’exemple de la chapelle Sainte-Croix de Jérusalem, située sur l’ancien site hospitalier de Dijon. Édifiée au Moyen Âge, cette chapelle constitue le plus ancien témoignage bâti du lieu. Sa lecture architecturale, enrichie par les analyses archéologiques, permet de comprendre l’évolution du site et la continuité de son usage à travers les siècles.
Un partenariat exemplaire entre la Ville et l’INRAP
L’exposition témoigne du dynamisme du partenariat entre la Ville de Dijon et l’INRAP, qui multiplient les actions de valorisation et de médiation : conférences, ateliers pédagogiques, publications et visites commentées. Depuis son ouverture en 2022, Le 1204 a déjà accueilli près de 180 000 visiteurs, confirmant l’intérêt du public pour une approche vivante et accessible de l’histoire urbaine. « Préserver et transmettre notre patrimoine, c’est aussi le faire vivre, le partager et le rendre compréhensible à tous, y compris aux plus jeunes », a insisté la maire.
Infos utiles :
Une exposition temporaire de Dijon, Ville d’art et d’histoire et de l’INRAP, visible jusqu’au 04 janvier 2026.
- Durée : 1h environ
- Inscription obligatoire à partir du 07/10 à 9h en ligne
Localisation :
LE 1204 – CENTRE D’INTERPRETATION DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE – 12 Parvis de l’UNESCO – 21000 – Dijon









