À l’occasion des rentrées solennelles des juridictions, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a dressé un bilan des renforts humains déployés dans les juridictions françaises, annonçant une montée en puissance inédite des effectifs d’ici 2026. Les 36 cours d’appel et les 164 tribunaux judiciaires bénéficient déjà de recrutements massifs, dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation de la Justice pour la période 2023-2027.
Cette loi prévoit le recrutement de 1 500 magistrats, 1 800 greffiers et 1 100 attachés de justice sur cinq ans. Des objectifs ambitieux rendus possibles par des hausses budgétaires qualifiées d’historiques par le ministère.
Des effectifs déjà largement renforcés
Au 1er décembre 2025, les juridictions ont déjà accueilli :
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489 magistrats supplémentaires, soit 60 % de l’objectif fixé d’ici 2027, en incluant ceux actuellement en formation. Ce taux devrait atteindre 80 % avec l’arrivée de la promotion 2026 de l’École nationale de la magistrature (ENM) ;
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571 greffiers supplémentaires, représentant plus de 50 % de l’objectif de recrutement, formation comprise ;
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1 100 attachés de justice recrutés, ce qui correspond à un doublement des effectifs en trois ans et à l’atteinte complète de l’objectif fixé par la loi ;
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2 000 agents contractuels recrutés depuis 2020 dans le cadre du développement de la justice de proximité.
Ces renforts ont fait l’objet de lettres d’objectifs stratégiques adressées le 15 octobre 2025 par le ministre à chaque chef de cour, afin de mieux piloter les moyens humains et d’améliorer les performances des juridictions.
Des écoles de formation à pleine capacité
L’effort se poursuit également en amont, avec un nombre record d’élèves en formation. L’ENM compte actuellement 1 202 auditeurs de justice en formation initiale, tandis que l’École nationale des greffes (ENG) forme 833 greffiers stagiaires.
Pour le ministère, ces chiffres traduisent une volonté de répondre durablement aux difficultés structurelles de la Justice française, souvent critiquée pour ses délais de traitement et la surcharge de travail des personnels.
Vers une amélioration du fonctionnement des juridictions
Ces recrutements doivent permettre d’améliorer la prise en charge des dossiers, de réduire les délais de jugement et de renforcer la justice de proximité. Le gouvernement mise sur ces renforts pour moderniser l’institution et restaurer la confiance des citoyens dans le service public de la Justice.
L’année 2026 s’annonce ainsi comme une étape clé dans la transformation des juridictions, avec l’arrivée progressive de nouvelles promotions et la consolidation des effectifs sur l’ensemble du territoire.
D. Bernard
