À la suite de l’officialisation de la candidature de Nathalie Koenders aux élections municipales de mars 2026, le mouvement citoyen Dijon Avenir appelle l’ensemble des candidats à s’engager dans une campagne marquée par des débats publics et des confrontations directes devant les habitants.
Dans un communiqué diffusé ce 14 janvier 2026, la liste Dijon Avenir estime que l’échéance électorale à venir constitue « un choix crucial à l’horizon d’une génération » pour la ville. Le mouvement appelle à dépasser les campagnes menées en parallèle, souvent ponctuées d’un seul débat en fin de campagne, afin d’instaurer une véritable dynamique de discussion publique autour des projets, des visions et des modèles de développement proposés aux Dijonnais.
Deux visions opposées du développement de la ville
Dijon Avenir oppose clairement deux trajectoires possibles pour la ville. D’un côté, la poursuite de la politique municipale actuelle, qu’il associe à un modèle économique jugé productiviste et générateur d’inégalités. De l’autre, un projet fondé sur la sobriété énergétique et matérielle, l’économie circulaire, la relocalisation des activités et la protection des populations les plus vulnérables face aux crises sociales et climatiques.
Pour le mouvement citoyen, le scrutin de mars 2026 dépasse donc la simple gestion municipale pour devenir un choix de société à long terme, engageant l’avenir de la ville « à l’horizon d’une génération ».
Appel aux médias, associations et syndicats
Afin de permettre aux électeurs de voter « en connaissance de cause », Dijon Avenir appelle les médias locaux, mais aussi les associations et les organisations syndicales, à organiser dans les prochains mois des débats thématiques réunissant les différents candidats. Le mouvement affirme que sa liste participera à toutes les confrontations proposées.
L’objectif affiché est de faire de la campagne un temps d’« éducation populaire », permettant de comparer concrètement les programmes et d’éclairer les différences idéologiques et stratégiques entre les listes en présence.
Des critiques directes à l’encontre de Nathalie Koenders
Le communiqué vise explicitement la maire sortante, Nathalie Koenders, récemment entrée en campagne. Dijon Avenir critique plusieurs de ses déclarations, notamment une interview accordée début février à France 3, dans laquelle la maire mettait en avant sa majorité large et affirmait que les habitants seraient lassés des « petits conflits politiciens avec les étiquettes ».
Pour Dijon Avenir, ce type de discours participe à une dépolitisation du débat municipal, en réduisant l’élection à une question de personnes ou de gestion, plutôt qu’à un affrontement de projets et de visions pour la ville. Le mouvement revendique au contraire une campagne explicitement politique, fondée sur la confrontation démocratique des choix collectifs.
Tensions autour d’une réunion budgétaire
Le communiqué revient également sur un épisode survenu lors d’une réunion publique consacrée au budget municipal, au cours de laquelle Nathalie Koenders aurait mis fin prématurément aux échanges après des interventions de membres de Dijon Avenir proposant des modifications du projet budgétaire. La maire aurait ensuite invité les « vrais habitants » à venir échanger avec elle en dehors de la réunion, une formule interprétée par le mouvement citoyen comme une remise en cause de sa légitimité à participer au débat public.
Dijon Avenir dénonce une attitude qu’il juge contraire à l’esprit du débat démocratique et affirme rassembler des citoyens engagés, indépendants des partis politiques, qui entendent justement « se mêler de politique » pour peser sur les choix municipaux.
Une campagne que Dijon Avenir veut politisée et participative
Le mouvement citoyen appelle à une campagne fondée sur le respect des contradicteurs, la multiplication des débats publics et la participation active des habitants aux choix politiques. Il réaffirme sa volonté de mener une campagne participative, centrée sur la confrontation des projets, et invite l’ensemble des candidats, à commencer par la maire sortante, à s’inscrire dans cette démarche.
À deux mois du scrutin, cette prise de position marque une première montée en tension dans la campagne dijonnaise, laissant présager un affrontement politique structuré autour de modèles de développement urbain et social profondément divergents.
