Lundi 19 janvier 2026. Une date que je n’avais pas prévue de célébrer. Pas d’anniversaire, pas de victoire sportive, pas de promotion… Juste une dent en pleine rébellion, décidée à prendre le contrôle de ma tête. Tout commence la veille au soir. Une petite douleur, presque timide. Le genre de douleur qui dit : « T’inquiète, je gère. » Mensonge.
Dans la nuit, elle passe en mode apocalypse. Une douleur capable de vous faire envisager des solutions extrêmes, comme écrire votre testament ou tester la solidité d’un mur avec votre front.
Puis vient ce moment de lucidité : « Non. Ne fais pas ça. Certains seraient trop contents. » Et là, révélation : parfois, la haine des imbéciles est un formidable moteur de survie. Merci à eux pour ce service public inattendu.
Au matin, direction le CHU de Dijon, cap sur le tout nouvel Institut universitaire de soins dentaires (IUSD). Objectif : négocier un cessez-le-feu avec ma mâchoire.
Arrivé sur place : du monde. Beaucoup de monde. La preuve scientifique que je ne suis pas le seul dont les dents ont décidé de saboter la semaine.
Et pourtant, malgré l’affluence, ça avance. Accueil souriant, organisation carrée, ambiance calme — ce qui est déjà une prouesse quand tout le monde souffre en silence. On m’annonce qu’il faudra revenir en début d’après-midi. Je réponds : « Aucun problème. » (Traduction : je suis à deux battements de cœur de supplier, mais je reste digne.)
Je repars donc avec ma douleur, fidèle comme un abonnement qu’on n’a jamais demandé, et j’attends 13h30.
À 13h30, retour à l’IUSD. Et là, tout s’enchaîne comme dans une série médicale bien écrite. Fauteuil — l’un des 39 de l’établissement — examen, radio express, verdict sans suspense : la racine doit partir.
Ma réponse est simple, claire, limpide : « Faites ce que vous voulez. Prenez même la chaise si ça peut aider.
Pendant environ 40 minutes, je découvre ce qu’est le vrai professionnalisme. On explique chaque geste, on rassure, on vérifie, on accompagne. À ce niveau-là, ce n’est plus juste du soin, c’est presque du soutien psychologique avec anesthésie. Et miracle : la douleur disparaît. Net. Propre. Comme si elle n’avait jamais existé… sauf dans mes souvenirs traumatiques.
Pour info, ce nouvel institut a été inauguré le 1er décembre 2025 par le CHU Dijon Bourgogne, avec l’Université de Bourgogne, après trois ans de travail. Objectif : améliorer l’accès aux soins dentaires tout en formant les futurs professionnels, dans un cadre moderne, au cœur même du CHU. Autrement dit : soigner aujourd’hui, former pour demain, et le faire bien.
Et franchement ?
Ça fonctionne.
On a testé.
On valide.
On applaudit, même avec la joue encore à moitié endormie.
Certains distribuent des étoiles aux restaurants. D’autres notent les hôtels. Moi, aujourd’hui, je lance une nouvelle distinction : Les Piqûres d’Or. Et l’IUSD repart avec 5 piqûres sur 5. Sans discussion. Sans prolongation. Victoire écrasante.
Merci aux soignants, merci aux étudiants, merci à toutes celles et ceux qui font tourner ce service. Merci de m’avoir évité de finir en tutoriel YouTube intitulé : « Comment s’arracher une dent avec des outils de bricolage. »
Alors non, je ne reviendrai pas pour le plaisir. Je vous apprécie beaucoup, mais je préfère quand même nos relations sans rage de dent. Mais si un jour vos molaires lancent un coup d’État, vous savez où appeler les forces spéciales.
Bref : à l’IUSD, ils ne font pas le café, ils ne donnent pas de carte de fidélité, mais ils font disparaître la douleur… et à ce niveau-là, franchement, c’est mieux qu’un happy hour.
