Coup de théâtre dans la campagne des élections municipales dijonnaises. Fadila Khattabi, tête de liste « Dijon au cœur », a annoncé ce lundi le retrait de sa candidature, invoquant un désaccord profond avec l’évolution des alliances politiques locales et réaffirmant son refus de toute compromission avec l’extrême droite.
Dans un communiqué adressé aux Dijonnaises et aux Dijonnais, l’ancienne ministre explique prendre cette décision « avec lucidité, responsabilité et fidélité à [ses] valeurs ». Engagée depuis plusieurs mois dans la construction d’un projet municipal, elle affirme que son retrait est motivé par le choix de certains partenaires centristes de rejoindre une candidature soutenue par le parti Reconquête.
« Ce choix n’est pas le mien. Il ne le sera jamais », écrit-elle, dénonçant « la banalisation gravissime de l’extrême droite et de ses idées ». Une ligne rouge qu’elle affirme n’avoir jamais franchie au cours de ses plus de vingt années d’engagement politique.
Un projet municipal déjà finalisé
Fadila Khattabi souligne que le programme de la liste « Dijon au cœur » était prêt et comportait plusieurs mesures destinées à améliorer concrètement le quotidien des habitants. Parmi les propositions figuraient notamment la gratuité des transports pour les jeunes et les étudiants, deux heures de stationnement gratuit pour soutenir le commerce de proximité, le renforcement de la police municipale, ainsi qu’une baisse de la fiscalité locale.
Le projet prévoyait également une transformation ambitieuse de la Cité internationale de la gastronomie, jugée aujourd’hui « désertée malgré un investissement colossal », afin d’en faire un pôle culturel et populaire attractif.
Une critique de la démocratie locale
Au-delà des enjeux programmatiques, la candidate mettait en avant la nécessité de redonner une place centrale aux citoyens dans les décisions municipales. Elle cite en exemple le projet de troisième ligne de tramway, pour lequel « plusieurs scénarii avaient été étudiés par les experts, mais un seul a été soumis aux habitants ».
« Nous voulions remettre les Dijonnaises et Dijonnais au cœur de la décision publique », insiste-t-elle, regrettant une gouvernance locale jugée trop verticale.
« Pas un renoncement, mais une exigence politique »
Si elle se retire de la course municipale, Fadila Khattabi affirme que cette décision « n’est pas un renoncement », mais une réponse à « l’exigence de la situation politique ». Elle annonce que « d’autres combats » l’attendent, sans préciser à ce stade la forme que prendra son engagement futur.
Elle conclut en remerciant ses soutiens et en rappelant ce qu’elle présente comme sa ligne de conduite politique constante : « Nos valeurs ne sont pas négociables. »
